Alsace vs Grand Est : Valérie Debord … La kitsch lorraine

Valérie Debord, cette inconnue

Commençons par la protagoniste : Valérie Debord ! L’élue aujourd’hui de droite commence sa carrière au CELF, le Collectif des étudiants libéraux de France, proche de l’UDF. Elle sera présidente des Jeunes UDF.

Sa carrière toujours la mène à l’UMP en 2002. Elle est aussi membre du Siècle. Chevalier de la Légion d’Honneur (on n’a pas trouvé pourquoi), elle est vice-présidente du Grand-Est sous Philippe Richert et sous Jean Rottner.

Si certains la voient président du Grand Est lors d’une alternance entre alsaciens et lorrains, elle est surtout à ce jour président du Groupe Majoritaire. Un groupe qu’elle a tenté d’entrainer dans un communiqué contre le mouvement autonomiste Unser Land.

« La République est une et indivisible et nous dénonçons cette volonté de division et de partition marque de fabrique d’un parti politique qui s’est maintes fois écarté des valeurs humanistes que nous souhaitons incarner » mentionnait le texte évoqué dans les DNA.

A nous faire regretter Nadine Morano

« Interpellés par la tapageuse campagne d’affichage du parti autonomiste Unser Land, les élus du Groupe de la Majorité Régionale tiennent à exprimer leur indignation face à l’association visuelle de la Collectivité régionale du Grand Est à une opération promotionnelle aux visées clairement autonomiste » évoquait un autre extrait transmis à la rédaction.

Elle nous ferait presque regretter Nadine Morano qui, elle, était venue manifester contre l’ACAL, place de Bordeaux !

La kitsch lorraine

Grosso modo, on aura compris que la kitsch lorraine ne comprend rien à l’Alsace et qu’elle répondait là à une « commande » de la team Rottner. La famille Brandalise et Jean Rottner en tête ? Qui sait !

Tentée de faire signer son appel, elle se serait heurtée au refus de quelques élus alsaciens dont la liste fut naturellement transmise rapidement au cabinet.

Un ancien élu régional contacté par nos soins réagit de la sorte : « En appeler à une élu lorraine pour appeler à calmer les alsaciens, voilà qui dénote d’un haut degré de psychologie. A moins que, comme lors des affaires Kieffer et Mérabet, on ait voulu l’envoyer au massacre ».

Il faut dire que Valérie Debord rêve toujours d’être présidente ! Certes les alsaciens qui croient au Grand Est, les champenois et quelques mosellans ne le voient pas ainsi.

« Je commence à être très inquiet pour lui et sa capacité à gagner les régionales »

Certes aussi, le patron des Républicains du Bas-Rhin, le député Laurent Furst, a jeté un froid : « Je commence à être très inquiet pour lui et sa capacité à gagner les régionales. Son retournement de veste sur l’Alsace et sa position assez négative sur la collectivité alsacienne à statut particulier causeront un jour des dégâts collatéraux » pouvait-on lire dans les Chuchotements.

Une manière d’annoncer un risque de défaite !

Touche pas à mon logo

Dernière gaffe ! L’assignation d’Unser Land par la région Grand Est, dont le siège est situé à… Metz.

Un bel article signé Rue 89 Strasbourg : « Quelle drôle d’idée a piqué une poignée de chefs du Grand Est ? Alors que le rapport du préfet sur une possible évolution et fusion des deux départements alsaciens (Haut-Rhin et Bas-Rhin) est attendu pour « la fin du printemps », soit en théorie mercredi 20 juin à minuit, les esprits s’échauffent chez quelques dirigeants politiques. Ils viennent de donner une belle occasion au parti régionaliste alsacien Unser Land de se victimiser » écrivent nos confrères.

Assumer l’idée que le siège opérationnel de la région n’est plus en Alsace. Les régionalistes ne s’attendaient pas à un énième cadeau.

 

 

Les dessous de l’affaire Lilla Merabet : Heb’di s’est procuré le rapport du déontologue de la Région

C’est Le Canard Enchaîné qui a dévoilé l’affaire sous le titre de « Star-up familiale »… Selon nos confrères, Lilla Merabet, a d’abord omis de notifier à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) qu’elle détient 90 % des parts d’une holding nommée Oxymore Resolution, et, en second lieu, que SEMIA (un acteur dans la détection et l’accompagnement des projets d’entreprises innovantes en Alsace), a largement « aidé une start-up spécialisée dans les rayons X », dirigée par le compagnon de Lilla Merabet.

Problème : par le biais de la Région Grand Est, Lilla Merabet est présidente de SEMIA et la société de son compagnon a bénéficié d’un investissement de 600.000 euros financé par la région via une société de gestion régionale en capital-investissement où siège Lilla Merabet.

La ligne de défense de Lilla Merabet

Au “Canard”, elle a indiqué qu’elle « ignorait qu’il fallait mentionner », dans sa déclaration à la HATVP, les modifications en cours de mandat. Et, concernant son compagnon : « Je ne connais pas toutes les start-up que nous subventionnons ».
Hier, dans les DNA, la vice-présidente précise et donne des dates afin de « démontrer que l’enchaînement chronologique la met à l’abri du conflit d’intérêts qu’on a fait peser sur elle ».

Selon l’élue, le projet serait suivi par SEMIA depuis 2012, et « adopté » en mai 2014, alors qu’elle n’a été nommée au SEMIA que fin juin 2014. Idem pour l’investissement de 600.000 euros, des négociations auraient débuté en juillet 2014 pour être soldées en 2016.

Lilla Merabet précise qu’elle n’a été « nommée au comité d’orientation du fonds en février 2016, plus de deux mois après la signature, et a participé à sa première réunion en juillet ».  De plus, les « décisions d’investissement appartiennent au président de la société de gestion, Capital Grand Est, qui coiffe le fonds d’amorçage ». Capital Grand Est est une société privée de capital-risque : « Aucun élu ne participe aux décisions d’investissement ».

À la région, le FN, par la voie de Virginie Joron tire à vue, elle réclame à Jean Rottner: « de faire la lumière sur les manquements de votre majorité, je vous demande officiellement de bien vouloir me communiquer tous les éléments en votre possession ainsi que les recours juridiques que vous souhaitez lancer au nom de notre institution.».

Le rapport du déontologue

Le rapport du déontologue  (cf. Avis Merabet) vient d’être transmis aux personnes concernées, il y a  quelques heures. Nous avons pu nous le procurer :

À la lecture, il est évident que Lilla Merabet a péché au niveau des déclarations à l’HATVP. Non seulement elle n’a pas déclaré sa participation a 90 % dans la société Oxymore Resolution , mais elle a également oublié de déclarer qu’elle « occupe, depuis le 10 novembre 2016, les fonctions, à temps partiel, de déléguée générale à la Fondation FORCE et perçoit à ce titre une rémunération de 35 000.00 euros (trente-cinq mille euros) annuels. » Il est ainsi précisé :

Par conséquent, Madame MERABET avait l’obligation de présenter une nouvelle déclaration d’intérêts auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique dans les deux mois suivant l’immatriculation de la S.A.S. OXYMORE RESOLUTION, soit au plus tard le 6 décembre 2016…”

Le référent-déontologue de la Région Grand Est recommande que :

Madame MERABET doit, sans délai, procéder à la modification de sa déclaration d’intérêts auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique.”

Avec ce qui semble être une simple tape sur les doigts en guise de punition, l’élue s’en tire à bon compte… Pour l’instant, en tout cas !

Concernant l’éventuel conflit d’intérêts, le référent-déontologue constate que les décisions d’aides à la société Fibermetrix sont antérieures aux mandats de l’élue. Il demande néanmoins :

Afin d’éviter toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés de nature à paraître influencer l’exercice indépendant et impartial de ses fonctions, recommande à Madame MERABET de quitter ses fonctions de Présidente de la SEMIA-INCUBATEUR RÉGIONAL.”

Pourquoi, si aucune erreur n’a été constatée ?

Toujours est-il que Till Sohier, porteur du projet FiberMetrix fait un excellent travail de recherche et de développement sur une nouvelle technologie pour la dosimétrie clinique en temps réel. Un travail qui mérite de faire la une des médias… sous un autre angle.

Le chercheur alsacien a obtenu des aides nationales comme le montre ce document de 2014  (cf. bpifrance), dans lequel on retrouve une certaine… Lilla Merabet.

Les murmures de la Région

Quant au président Rottner, parti en vacances à l’étranger, c’est lui qui a saisi le déontologue de la Région. Il vient de demander à sa vice-présidente de démissionner de la SEMIA… Pourquoi, puisque a priori les dates innocentent l’élue ?

Il se dit dans les couloirs de la Région Grand Est que Lilla Merabet dérange et que les informations arrivées au “Canard” viendraient d’en haut…

Affaire à suivre.

Jean-Luc Reitzer anticipe-t-il une prochaine condamnation ?

Sa dernière sortie devant les caméras de la chaîne LCP a fait le buzz. Le député du Sundgau a profité d’une audition devant la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) à l’Assemblée nationale pour faire son show. Le député alsacien a pesté contre les opérations de contrôles que subissent les élus pendant et après leur(s) mandat(s) : « Y’en a marre, on n’est pas des truands » et leur faible rémunération : « J’en vois pas mal parmi les petits nouveaux de l’Assemblée nationale qui avant gagnaient 10 ou 15 000 euros et maintenant se retrouvent avec 5 300 euros… Est-ce qu’un moyen de lutter contre les tentations diverses, il ne faudrait pas payer un peu mieux les députés et leur donner un vrai statut, pour leur assurer une meilleure réinsertion professionnelle ? »

Selon l’ancien maire d’Altkirch, la rémunération d’un député est trop faible

Cette rémunération se compose actuellement de l’indemnité mensuelle brute qui est de 7185,60 euros (5581,05 € d’indemnité de base fonction + 1437,12 €  d’indemnité de base fonction + 165,44 euros d’indemnité de résidence), soit un montant net de 5 362,92 euros par mois.

Rien de choquant au vue de la fonction, mais certains haut fonctionnaires territoriaux gagnent nettement plus.

Un député perçoit également une indemnité représentative des frais de mandat (IRFM) de 5 373 €, lui permettant de prendre en charge les dépenses liées à l’exercice de ses fonctions (sans justificatif). Depuis le 15 septembre 2017, la loi pour la confiance dans la vie politique a supprimé cette indemnité. Les députés sont désormais défrayés sur la base des frais réellement engagés… Ce qui provoque également le courroux du député alsacien : « On passe notre temps à collecter les factures, les notes de restaurant ! ». Le député Reitzer oublie sans doute que c’est ce que font tous les employés dans toutes les sociétés…

Les députés bénéficient également d’un accès gratuit à l’ensemble du réseau SNCF en 1ère classe, de la prise en charge de 80 vols par an entre Paris et sa circonscription, d’un bureau individuel au sein du Palais Bourbon, de la prise en charge de ses frais de communication (Internet, téléphone, courriers…).

Député depuis 1988, Jean-Luc Reitzer a touché 1,8 million d’euros d’indemnités et autant d’IRFM non justifiée. De nombreux députés ont profité de l’IRFM pour acheter des bureaux en province, il se sont alors facturé des loyers souvent par le biais d’une société civile immobilière (SCI). Deux mandats suffisent à rembourser le crédit et le bureau appartient au député. Sur ce dernier point, Anticor a saisi le procureur et des enquêtes sont en cours.

Comme certains de ses confrères, Jean-Luc Reitzer a également cumulé ses fonctions nationales avec des mandats locaux : conseiller général de 1979 à 2002 et maire d’Altkirch de 1983 a 2017. À la mairie, il s’est fait attribuer un beau véhicule de fonction et utilisait un fonctionnaire de la ville pour se faire promener pour des déplacements personnels… ce qui est, bien sûr, illégal.

En parlant d’illégalité, rappelons que Jean-Luc Reitzer est également accusé d’avoir employé son épouse et ses enfants, sans qu’il soit prouvé que tous aient vraiment travaillé. Fillon, Reitzer : même combat !

Est-ce pour se défendre à ce sujet que Jean-Luc Reitzer prétend, comme pour s’excuser, qu’il est “mal payé” ? Du style, “vous comprenez, monsieur le juge, avec ce que l’on gagne, on est obligé de bidouiller…”

Il abandonne le Sundgau et provoque une pétition contre lui !

En 2017, non-cumul des mandats oblige, Jean-Luc Reitzer abandonne sa ville (lui qui se dit si attaché à son territoire) pour garder un mandat de député bien plus avantageux et lui permettant des escapades parisiennes. On ne peut pas dire qu’il ait choisi l’Assemblée générale pour y bosser : selon le site nosdeputes, il fait partie des députés les moins travailleurs !

Son passage télévisé devant l’HATVP semble avoir choqué de nombreux Alsaciens, même chez ses fans dans le Sud de l’Alsace, ou les citoyens l’on toujours réélu les yeux fermés. Seuls quelques conseillers municipaux altkirchois le soutiennent encore et… les membres de l’association Sundgau Carpes Frites dont il est le président bénévole !

L’économiste-essayiste haut-rhinois, Jean-Luc Ginder, qui intervient sur BFM, dans les colonnes de Les Échos et dans celles de Heb’di,  lance « un cri en faveur de la justice, de la fraternité, pour un monde meilleur et pour que la France devienne un peu plus solidaire ». Il précise ainsi :

J’ai attendu en tant que Français de base que le député s’excuse de sa non-conscience, de sa non-responsabilité, de son arrogance, de son manque de bienveillance, de son manque d’humilité (…) Comment s’étonner que nous Français, consciemment ou non, que nous Français nous nous identifions et adoptons les postures entendues par ceux qui ont le pouvoir de parole. Alors qu’on devrait trouver un comportement exemplaire indiquant une ligne conductrice exemplaire et fondée sur de vraies valeurs humaines et une profonde sensibilité sociale et économique (… ) Et c’est comme si pour aller plus vite il prônait à ses fins déjà une culture parlementaire à plus de 5’300 euros ou sinon « corruption ».”

Sur les indemnités, Jean-Luc Ginder fait un rappel nécessaire :

Le député Jean-Luc Reitzer dans le cadre de son mandat représente 3’000’000 de petits Français pauvres disposants souvent de moins de 2 euros par jour (moins de 88 fois ses indemnités) et environ 8,9 millions de pauvres selon le seuil de pauvreté utilisé par l’Insee (moins de 769 euros par mois pour une personne seule). Près de 12 % des Français sont dans ce cas et vivent quotidiennement l’absence d’un repas. Pour mémoire encore 50% des Français gagnent moins de 1538 euros par mois pour une personne seule, 2061 euros par mois pour une famille monoparentale, pour rappel aussi 50% de nos compatriotes gagnent moins de 1820 euros par mois (…) Combien de petits élus conseillers municipaux sans indemnités, combien de membres d’associations, combien de français bienveillants donnent de leur personne sans limites luttent au quotidien sans contrepartie financière, sans corruption, juste pour un regard, un sourire, un bien commun.”

L’économiste dénonce la responsabilité du député et propose une pétition pour la démission de Jean-Luc Reitzer.

(photo en une @LCP)

Grand-Est : l’affaire Lilla Merabet embarrasse Jean Rottner

« Madame Je sais tout »

C’est ainsi que la surnomment un certain nombre de patrons et de fonctionnaires de la région. Lilla Merabet vient d’être mentionnée dans le célèbre volatile au sujet d’une « affaire », un manquement qui concernerait sa déclaration à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP).

(photo © www.grandest.fr/elus-regionaux)

Ancienne UDI, passée LREM au moment des présidentielles, l’élue n’est pas une inconnue. Elle se faisait déjà remarquer, lors de la manifestation « pro-Alsace » de Philippe Richert, en arborant une écharpe de député avant de devenir la vestale du Grand-Est.

Jamais égratignée, elle jouait de son profil pour percer en politique. Accessoirement, élue grâce au travail des militants LR aux régionales, elle n’hésita pas à se montrer heureuse de la victoire d’un député LREM dans la 3ème circonscription du Bas-Rhin.

Présente dans bien des cercles économiques, elle jugeait sur pièces des dossiers, des initiatives.

Elle savait tout ! Du financement au développement, de la stratégie au marketing ! Elle savait tout… Sauf remplir et mettre à jour sa déclaration à la HATVP.

600.000 € pour une start-up !

« Selon le Canard enchaîné daté du 30 mai, la vice-présidente de la Région Grand Est, Lilla Merabet, aurait omis de déclarer une participation dans une holding financière à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Toujours selon l’hebdomadaire, l’incubateur de start-up SEMIA, qu’elle préside, aurait participé au développement de l’entreprise Fibermetrix dirigée par son compagnon, société qui aurait bénéficié deux ans plus tard d’un investissement de 600.000 euros (et non 60.000 comme écrit initialement par erreur) financés par le conseil régional via Capital Grand Est, une structure de gestion régionale en capital-investissement où siège Lilla Merabet » a-t-on pu lire dans un article des Dernières Nouvelles d’Alsace.

Rue89Strasbourg prolonge :

Lilla Merabet a répondu au Canard qu’elle « ne connaît pas toutes les start-ups que nous subventionnons, » ce qui fait réagir l’hebdomadaire satirique qui se demande « Et son conjoint ne lui dit rien ? »”

Mais, si sa vie privée ne nous regarde pas, on notera que sa réponse « Je ne connais pas toutes les start-up que nous subventionnons » laisse à imaginer qu’il n’y a pas beaucoup de dialogue dans son couple, à moins qu’elle ne souffre d’inquiétants troubles de la mémoire  :

L’entreprise Fibermetrix n’a pas perçu une petite participation, mais bien 600.000 € par le fonds Capital Grand Est qui «  peut compter sur la confiance des actionnaires et souscripteurs des différents Fonds » dont la région Grand Est, « les banques régionales, CM-CIC, Caisse d’Epargne, Banque Populaire, Crédit Agricole, BNPP, mais aussi de grands industriels comme le Groupe EDF constituent les principaux investisseurs privés et leur présence est indispensable à l’équilibre réglementaire nécessaire entre investisseurs publics et privés” (Source http://www.capitalgrandest.eu/capital-grand-est/nos-partenaires/°)

Ethique et toc ?

Naturellement, Lilla Merabet siège dans cette structure en qualité de représentante de la région Grand Est, mais pas que :

Si le travail et la qualité des développements de Fibermetrix ne sont absolument pas en cause et mériteraient sans aucun doute d’être soutenus, on regrettera la légèreté et la maladresse d’une élue prompte à « donner des leçons ».

On attendra la décision sur le sujet de Jean Rottner qui entendra l’élue prochainement et qui ne peut être qu’embarrassé par ce dossier. Enfin, comme Le Canard Enchaîné, on s’étonnera de la mansuétude de la HATVP.

 

Après les saucisses de Strasbourg, l’exorcisme de Schiltigheim

Magie blanche pour élue verte

« Magie blanche pour élue verte », c’est ainsi que Jean-Marie Kutner intitule le troisième paragraphe d’un post sur Facebook :

Le monde est petit et le hasard d’une soirée m’a fait rencontrer une proche de Madame la Maire, qui me racontait, très sérieusement que celle-ci, présentait de mauvaises ondes dans le bureau mairial… et que sans doute ces mauvaises ondes seraient à l’origine des défaites successives des deux maires sortants… ce dont elle voudrait de prémunir.
Aussi aurait-elle, selon cette proche, fait procéder au désenvoutement du bureau, séance thérapeutique au cours de laquelle on aurait brulé de l’encens purificateur
Cette histoire me paraît assez invraisemblable, pourtant, cette personne avait l’air très sérieuse……
Par saint Bové et tous les archanges verts, jusqu’où se loge le mysticisme !!!!”

En plein débat sur la laïcité, le sujet se diffuse, prête à sourire, puis l’on s’interroge : Nisand, Kutner… La mairie de Schiltigheim pourrait-elle renfermer une « malédiction » ?

Mais pour cela, il faudrait un « fantôme » ! Et il n’y en a pas. Alfred Muller a fait son temps dans ces locaux et il file une retraite sereine. Les anciens DGS aussi maintenant.

Des jeteurs de sorts ?

S’il n’y a pas de fantômes, essayons l’idée d’un jeteur de sorts. Avec humour, on pourrait affirmer qu’il en est, du côté de Strasbourg, pour ne pas vouloir qu’une autre ville de la métropole rayonne. On en imagine bien quelques-uns (ou unes) avoir fait appel à une école des sorcières. Qui sait, il y en avait une du côté du Batsberg.

Entre Harry Potter et X-files, nous voilà donc à Schiltigheim avec l’information selon laquelle de l’encens aurait « purifié » le bureau.

Info ou Intox ?

Bizarrement, le post de l’ancien maire n’est que peu liké. Un autre sort ?

Autre ancien élu, Jean-Luc Muller, écrit à son tour :

A la mairie de Schiltigheim si le vaudou ne fonctionne pas il reste les gousses d’ail et cela ferait vivre nos producteurs locaux.”

De l’ail bio et en circuit court, espère-t-on aussi.

Du côté de Strasbourg, quelques voix gênées évoquent la mention par la maire d’un bureau « stressant », d’objets… On attend le communiqué officiel.

Des phénomènes politiques paranormaux

A Heb’di, nous vous en parlons de façon détendue. Il doit s’agit d’humour…

Sur mon bureau ce matin, j’ai néanmoins pris soin de poser un fer à cheval, du sel, une patte de lapin… On ne sait jamais, je suis souvent à Schiltigheim et j’ai souvent constaté des phénomènes politiques paranormaux, pas vous ?

La vérité est ailleurs, non ? N’est-il pas temps d’appeler l’exorciste de Strasbourg ? Mais non, pas les saucisses de Strasbourg !

Jeudi : Ne pas être dupe de l’euro sceptique

Patati et pathétique

Si l’on en croit Nicolas Domenach : “François Hollande le stupéfait et le bluffe presque. Voilà un ancien président de la République délégitimé, au point qu’il n’a pas pu se représenter, et qui du haut de son discrédit n’en dispense pas moins des leçons à la terre entière, et à son successeur en particulier. Plutôt que de se taire un bon bout de temps, plutôt que de se faire oublier – comme le lui recommandait tout le monde, y compris nombre de ses proches -, François Hollande a donc choisi de faire du bruit pour tenter de réhabiliter son bilan que personne, il est vrai, ne se précipitait pour défendre.”

Il est pathétique, certes, mais que dire de ces invraisemblables français qui font la queue sur le trottoir jusqu’au milieu de la nuit pour le voir et se faire dédicacer ce qu’il faut se résoudre à appeler livre ?

A pathétique, pathétiques et demi !

Mamma mia !

Dans Libé : “Comment l’Italie, au cœur de l’EU, s’est choisi un gouvernement eurosceptique ?”

Comment l’Italie, l’un des six pays à l’origine du projet européen et qui en a célébré les 60 ans en grandes pompes l’an dernier, est-elle devenue le premier d’entre eux à se doter d’un gouvernement populiste et eurosceptique ? Même si elle s’inscrit dans un mouvement plus large après le Brexit, l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis ou le succès de Viktor Orban en Hongrie, l’arrivée au pouvoir de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème) fait de l’Italie «une sorte de laboratoire du populisme», s’inquiétait récemment le quotidien La Repubblica. Les experts l’expliquent en premier lieu par un «désamour» envers l’Union européenne, coupable d’avoir imposé l’austérité comme seule réponse à la crise ou encore d’avoir tourné le dos quand l’Italie s’est retrouvée face au défi migratoire.”

Etc, etc…

Et blablabla et que j’invite des experts, et que j’invoque les esprits… Ce qui m’étonne, moi, c’est que la presse (pas seulement Libé) ose encore poser la question en jouant à la vierge effarouchée.

Que doit-il arriver pour que le sentiment (j’aurais pu écrire le ressentiment) des peuples européens (c’est un gros mot ?) soit pris en compte ? Qui les affreux peuples européens doivent-ils porter au pouvoir (vous aurez remarqué la subtilité consistant à ne pas dire “élire” mais “porter au pouvoir”) pour que ces messieurs-dames des salons dorés de la stratosphère politique veuillent bien ouvrir les yeux et les oreilles ?

Du coup…

Après des propos peu amènes tenus par le ministre français Bruno Lemaire consistant, en gros, à dire que les italiens étaient des demeurés qui avaient voté sans savoir ce qu’ils faisaient, Matteo Salvini a répliqué en disant “Que les Français s’occupent de la France et ne se mettent pas à casser les pieds des autres.”

Ben alors, Matteo, t’as pas compris que seuls les français votent “bien”?

Fin du monde

Vers une pénurie du vin rosé cet été en France ? C’est en tout cas ce que soulignent Les Echos, repris par Le Télégramme de Brest (c’est dire si c’est grave !) expliquant que “la petite récolte du millésime 2017 ne suffira pas à étancher toutes les soifs”.

Là, mes amis, ça sent vraiment la fin !

 

Pour un GCO écologique

Si la perturbation du vignoble est de nature à mobiliser les Alsaciens contre le réchauffement climatique, Alain Jund a raison d’insister sur les conséquences de ce phénomène.

Toutefois, la tribune du 17 décembre 2017 dans les DNA me laisse dubitatif, dans la mesure où il a centré son discours sur les transports individuels.

Je rappelle à ce stade que le transport routier représente 39% de émissions de GES (Gaz à Effet de Serre) les 61% restants sont dû au résidentiel tertiaire, à l’industrie et les déchets, et au secteur agricole.

Alain Jund, fait partie d’une majorité, certes de plus en plus « hétéroclite », qui n’a pas fait preuve d’initiative audacieuses pour mettre en œuvre une politique contre les gaspillages énergétiques sources de pollutions, au même titre que les transports.

On peut constater que :

  1. Le patrimoine immobilier des 33 communes, dont Strasbourg, n’a toujours pas bénéficié d’un plan ambitieux d’économie d’énergie avec la rénovation et l’isolation des bâtiments publics. Holtzheim (3600 habitants sur 450 000 que compte l’Eurométropole) est le seul exemple cité par Alain Jund d’une commune ayant pris des initiatives.
  2. Les réseaux de chauffage qui alimentent l’Esplanade, l’Elsau et Hautepierre, ne font pas l’objet d’une attention particulière de la part des élus avec un plan de rénovation accéléré permettant de réduire la dispersion des calories dans la nature, on continuera donc à réchauffer les trottoirs et les rues de Strasbourg, alors, qu’à Metz, la rénovation a été engagée depuis quelque temps déjà.
  3. Au niveau des logements HLM, en général, les bailleurs sociaux se contentent du strict minimum avec l’isolation des murs et la fermeture des balcons comme à Hautepierre. Souvent, peu de chose a été engagé pour améliorer la production et la distribution d’eau chaude sanitaire et de chauffage à moindre coût. Des aménagements dans les quartiers pour permettre le développement de l’usage de véhicule électrique ne sont toujours pas programmés.
  4. Les cantines scolaires, autre sujet d’importance, ne disposent toujours pas d’une cuisine centrale, comme ailleurs dans les grandes agglomérations, ce qui permettrait d’’imprimer certaines orientations en matière d’approvisionnement par les circuits courts, et de distribution par des véhicules non polluants. Mais les élus préfèrent poursuivre cahin-caha avec une entreprise privée qui n’a pas d’objectifs écologiques à servir.

Des discours politiques contradictoires sur l’emploi et les transports

Les déplacements individuels pointés par Alain Jund, sont l’objet d’un discours contradictoire, je rappelle qu’aujourd’hui, pour avoir un emploi, les deux impératifs sont : avoir une bonne qualification professionnelle et avoir son permis de conduire. La disponibilité des salariés demandée par les employeurs dans le cadre d’horaires individualisés rend obligatoire le recours au véhicule automobile comme moyen de transport. Lors des élections, certains candidats avaient fait du financement du permis de conduire par la collectivité, un moyen de lutter contre chômage.

Par ailleurs, posséder un véhicule en ville coûte de plus en plus cher du fait des politiques menées en matière d’urbanisme avec l’abandon des parkings dans les immeubles collectifs, un certain nombre de citadins préfères s’installer à la campagne en dehors de toute pollution (croient-ils) avec un garage et jardin. C’est le rêve vendu par tous les promoteurs immobiliers. La multiplication des lotissements, soutenue par certains élus, témoigne de l’incohérence des politiques.

Pensant fuir la pollution due à la circulation, ces populations voient dans la construction du GCO le déplacement de cette pollution vers leur nouveau lieu d’habitation. Ils oublient qu’un nombre important d’entre eux vient travailler sur l’agglomération Strasbourgeoise et contribue tous les matins et les soirs à la saturation de l’A35.

Le GCO apparait donc comme une menace polluante sur l’Ouest du département et les habitants concernés ne souhaitent pas partager les émissions de SO2 et de PM2.5 avec les strasbourgeois.

Une pollution subie par les Strasbourgeois uniquement

C’est là que je voudrais aborder le problème du GCO qui mobilise Alain Jund, dans le cadre du collectif « GCO non merci » il milite contre ce projet autoroutier à péage. Si en partie je suis d’accord sur certains aspects négatifs de cette réalisation, je ne peux pas souscrire au fait que le “statut-Co” entrainerait le maintien de la concentration polluante le long de l’A35 en exposant les populations Strasbourgeoises à des risques sanitaires largement démontrés.

L’opposition au GCO rassemble des mouvements aussi divers que variés et souvent opposés sur des sujets essentiels, comme l’agriculture intensive défendue par la FDSEA et combattue à juste titre par Alsace Nature. Il y a aussi la CGT qui milite dans ce mouvement, on ne sait d’ailleurs ni quand, ni par qui, ni sur quelles bases cette décision a été adoptée au sein de notre organisation.

Dans un premier temps le GCO ne résoudra pas à Strasbourg les problèmes de pollutions liés aux transports, qu’ils soient d’ordre personnel collectif ou dus aux transports des marchandises et de transit. Le GCO est pourtant nécessaire pour restructurer la circulation dans le département, autour et dans l’Eurométropole. Le GCO n’absorbera que 10 à 15% du trafic sur l’A35 dans un premier temps. Il restera au mieux encore entre 120 et 160000 véhicules/jours qui emprunteront cette voie rapide. Le déclassement en voie urbaine ne sera pas possible.

Il faudra réaliser des liaison Est/Ouest au sein de l’Eurométropole et l’idée d’un tunnel routier vers le port du Rhin et Kehl n’est pas à rejeter.

Le développement de transports collectifs Est/Ouest sera également indispensable pour réduire l’impact des transports individuels.

Pour tenir compte de certains impératifs écologiques comme la circulation de la faune je propose la construction du GCO sur piliers, le dessous de cette autoroute pourrait servir de réserve biologique pour toute une faune en manque d’espace notamment les oiseaux.

Cette autoroute pourrait également servir de collecteur d’eau de pluies, en effet sur les 26 km il est possible de recueillir 312 000M3 d’eau à déduire des 493 000 M3 prélevés dans les cours d’eau et sur la nappe phréatique pour l’arrosage des terres agricoles environnantes.

Pour une nouvelle politique de déplacements :

Cela constituerait une amélioration notable de la vie des métropolitains Strasbourgeois.

 

Marcel WOLFF

(illustration © www.gcoconsultation.com)

Schiltigheim et stratégie : tous radicaux ?

Manipulation et fake news…

Heb’di : Hermès, vous connaissez bien la vie politique strasbourgeoise. Au second tour des élections municipales de Schiltigheim, des tracts s’en sont pris aux parcours politiques de membre ou proches de la liste Ball. Un avis ?

Hermès : Entre nous, c’est surtout bien joué de la part de la gauche et de son extrême d’avoir appuyé là-dessus pour « mobiliser » ses troupes.

Mais dans les faits, c’est une belle manipulation et un pragmatisme qui tenterait à prouver qu’il reste un peu d’idéologie à gauche.

C’est d’ailleurs aussi une manipulation y compris d’ailleurs de la part du futur ex-Maire Jean-Marie Kutner qui a pilonné les réseaux sociaux depuis son bureau.

Heb’di : Comment cela ?

Hermès : Jean-Marie Kutner et vous l’avez bien étudié, ne peut croire un instant que Christian Ball est de la droite dure.

D’abord parce qu’ils ont fait campagne ensemble en 2014. S’il avait senti cela, le centriste qu’il est n’aurait pas fait d’alliance. A moins d’être vulgairement arriviste, non ? 

Ensuite, parce que Fillon a été reçu par Jean-Marie Kutner, lui-même. On en oublierait le « tandem Diligent – Hoerlé », investi en temps et heures.

Enfin, Copé, c’est celui qui fut appelé pour pousser Ball à faire alliance avec Kutner, alors que ce dernier ne voulait pas. Je suis étonné du silence de Christian Ball sur cette partie de l’histoire.

Et puis, coller l’étiquette Wauquiez à Ball relève de la « fake news », Christian Ball fut l’un des seuls soutiens de Florence Portelli en Alsace.

Néanmoins et pour gagner, la gauche n’avait, elle, qu’une opportunité de faire le plein des voix d’extrême gauche, créer la peur d’une droite forte, voire extrême. Elle a « bien » joué. On appelait cela du « pragmatisme révolutionnaire ».

Heb’di : Et c’est du vent ?

Hermès : Oui, même si personne ne sait ce qu’on fait les anciens électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen. Toute porte à croire que 70 % d’entre eux se sont abstenus, comme les autres. Quant à la liste Ball, elle s’est construite en dehors de partis, me semble-t-il. Le vrai souci de cette élection n’est pas le score des uns ou des autres, mais le rejet de celle-ci. Pire, l’indifférence.

Heb’di : On a évoqué aussi la présence de 3 candidats désormais élus communistes du PCF dont Antoine Splet. Des élus communistes au pays de Tambov ? Puis le passé de Stéphane Bourhis ou de Jean-Luc Muller autour de Christian Ball.

Hermès : Tout cela démontre à la fois la bêtise ambiante et la faiblesse du débat politique. Si l’on regardait où des hommes et femmes politiques alsaciens ont passé leur jeunesse, on serait étonné. Certains étaient royalistes, d’autres PSU, d’autres à la LCR ou la JCR.

Si l’on remonte dans le temps, cela pourrait même être encore plus radical, y compris pour des figures alsaciennes. Je n’irais pas jusqu’à la Francisque d’un ancien président supposé socialiste. Ni le militantisme PC ou la tentation rocardienne de Jacques Chirac.

Même Roland Ries était PSU, par exemple. Mais le PSU ne parle qu’à des vieux comme moi.

En 1968, vous n’avez pas connu cela, le PSU soutient les étudiants. En 1972, il sera à la gauche de la gauche, avant de devenir plus tard un soutien de l’ex-communiste Juquin. Là encore, des noms qui ne parlent plus aux militants d’aujourd’hui.

Plus récemment des élus impliqués comme Éric Schultz sont passés à l’extrême gauche. C’est la vie et c’est leur parcours. Jean-Philippe Vetter, kellerien sert bien désormais les intérêts d’un député fondateur de la Droite Forte.

Cela ne sert pas le débat politique ni la démocratie de jouer à l’inspecteur des RG et de tenir des fiches de police.

Antoine Splet n’est pas responsable des crimes du communisme. L’ancien responsable du  MJCF Bas-Rhin et des UEC poursuit habilement sa route.

Stéphane Bourhis doit être membre de l’UMP ou des LR depuis une dizaine d’années. Son passé « radical » remonte à une vingtaine d’années.

Un vieux militant de gauche m’a montré, récemment, au Stern, la photo de Jean-Luc Muller et Stéphane Bourhis, leurs parcours aux côté de Christian Ball est original.

Jean-Luc Muller vient de la gauche radicale. «  J’ai été candidat de la LCR en 2007 aux élections législatives dans la 3èmecirconscription, tête de liste départementale Front de Gauche en 2010 pour les élections régionales et candidat Front de Gauche aux élections cantonales de 2011 sur Schiltigheim » rappelait-il en 2014.

Sur les uns ou les autres, les obsessions en disent long sur l’imprégnation « complotiste ». Là où il faudrait aller sur des vrais débats.

Heb’di : On a aussi justement l’impression que le débat, en France, se fait à rebours.

Hermès : C’est un vrai travers français. Comme si on en était encore dans l’après guerre.

Lorsque l’on a eu la chance de croiser des personnes qui ont connu les deux guerres, on se doit de respecter leur Histoire, l’Histoire. Le supposé anti-fascisme d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celui des résistants, en Italie, en Allemagne.

Idem pour le Communisme. En Alsace, on sait qu’il a tué des Malgrés-Nous et que les figures romantiques de cette idéologie ont parfois écrits leur saga d’une couleur rouge sang.

C’est aussi une solution de facilité. On diabolise l’autre, cela évite le débat, la confrontation, le vrai engagement.

En cela notre époque est triste. Il n’y a plus de débat … sauf lors des Présidentielles, façon « Show ».

Costa Gavras disait que faire de la politique devait être un « art de vivre », aujourd’hui elle n’est souvent que bashing ou guerre d’ego. Cela me rappelle Frank Zappa qui disait que la politique était la division divertissement du complexe militaro-industriel.

D’une certaines façons, il avait raison. On consomme mais on ne pense plus ou pas assez.

 

(Propos recueillis par Heb’di)

 

Mercredi : Emmanuel Macron est pour le Grand Est !

Alsace : pas de séparation au sein du Grand Est pour Macron

Voilà d’entrée de jeu ce que nous apprennent les DNA en citant le Chef de l’Etat :

Il est évident que, pour ce qui est de la région Grand Est et du sujet alsacien, ce n’est pas simplement dans ce cadre-là que la question se pose, elle est plus large, plus politique. Qu’il y ait une réflexion pour qu’existe une identité alsacienne qui s’inscrive dans la région Grand Est, oui. Qu’il y ait une séparation au sein de la région Grand Est, non.

On peut tout à fait imaginer que les deux départements concernés fusionnent pour créer un grand département d’Alsace au sein de la région Grand Est, et que ce département, ensuite, puisse passer des conventions pour obtenir au sein de cette région des compétences dont il apparaît à la région et aux départements que ce serait plus pertinent.

C’est ce chemin, me semble-t-il, qu’il faut prendre, et non celui d’une désagrégation régionale qui n’irait pas, à mes yeux, dans la bonne direction.”

Que nos politiques fusionnent déjà les départements, obtiennent des compétences sérieuses, le « temps » utilisé par le Chef de l’Etat laisse à penser que rien ne sera impossible.

A condition que les Alsaciens se manifestent et en parle à leurs élus LREM.

La vice-présidence, ce sera sans Danielle

Les propos de Danielle Dambach dans la presse sont finalement assez révélateurs :

Danielle Dambach, la future maire de Schiltigheim, a rencontré le président de l’Eurométropole Robert Herrmann. Elle lui a fait une annonce surprenante : elle ne demande pas de vice-présidence au sein de la majorité. Et ne convoite donc pas le poste laissé vacant par le maire sortant Jean-Marie Kutner.« Nous ne voulons pas de vice-présidence pour Schiltigheim mais les coudées franches et beaucoup de facilités sur les dossiers », expliquent Danielle Dambach et Patrick Maciejewski.« Il aurait fallu qu’Alain Jund démissionne ou que l’un d’entre nous entre dans la coalition d’Yves Bur ».”

L’élue n’a rien demandé parce que sans doute on ne lui a rien proposé. Sans doute aussi parce qu’elle ne voulait pas faire perdre une Vice-Présidence à son camarade EELV, Alain Jund.

On fait le pari que les élus de sa liste à l’Eurométropole vont vite retrouver leurs partis d’origine. La liste, certes citoyenne, était bien une liste de gauche plurielle composé d’encartés et d’ancien encartés.

Les premières manœuvres seront donc politiciennes.

Ball, encore

Apprenant que des matchs de Hand, Foot et Basket Ball se déroulent ce week-end à Schiltigheim, Jean-Marie Kutner entend dénoncer sur Facebook, la mainmise de son ex-adjoint sur le sport. (Ndlr : on déconne.)

Disparition

« Eric Bellargent a fait une chute mortelle hier matin en changeant une ampoule dans le musée qu’il dirigeait. Il portait le plus petit musée de Mulhouse à bout de bras depuis 2003 » nous apprend L’Alsace.

Un directeur qui change lui-même une ampoule ! Cela se passe en Alsace ! C’est surtout tout l’esprit d’un homme humble qui se battait au quotidien pour « son » musée et son attractivité.

Le destin est parfois cruel.

 

 

Jean-Marie Kutner : Entre la peste et le choléra…

La peste et le choléra, une expression de Jean-Marie

« La peste et le choléra ». L’expression n’est pas nouvelle. Elle servit à Jean-Marie Le Pen pour refuser de trancher entre droite et gauche et à une partie de l’extrême gauche pour ne pas choisir entre Chirac et Le Pen en son temps.

Mais Jean-Marie Kutner ne s’arrête pas là ! Le voilà de « découvrir » que Christian Ball incarnerait la « droite dure ».

Lorsqu’il le choisit comme premier adjoint cela ne le dérangea pas. Tout comme lorsqu’il fit appeler Jean-François Copé par un ancien député pour convaincre le même Ball de faire alliance avec lui.

La droite est dure lorsqu’elle ne sert pas les intérêts de Jean-Marie Kutner

On n’osera imaginer des troubles de la mémoire, mais il convient de rappeler que la haine soudaine du futur ex-maire de Schiltigheim est… troublante.

Le 19 février 2008, c’est bien Jean-Marie Kutner que venait soutenir François Fillon :

François Fillon est venu conforter Jean-Marie Kutner, ancien adjoint de Muller, qui part avec l’étiquette Gauche moderne, celle des alliés d'”ouverture” de l’UMP, dans la foulée du ministre Jean-Marie Bockel, maire (ex-PS) de Mulhouse.

Soutien plus que bienvenu : Schiltigheim sera un test pour cette “gauche sarkozyste”. Jean-Marie Kutner n’aura pas la tâche aisée. Il doit faire son chemin entre la liste d’un autre ancien adjoint, Raphaël Nisand (PS), celle qu’alignent quand même des militants UMP en délicatesse avec leur parti, mais soutenus ouvertement par une bonne partie de la droite alsacienne, et la liste écologiste de la conseillère générale Andrée Munchenbach, qui avait cristallisé l’opposition à Alfred Muller il y a sept ans…”

La gauche Sarkozyste

Ne courait-il pas un temps après les soutiens sarkozystes ? N’a-t-il pas déjà déjeuné avec le Président lui-même, en 2007 ?  « Hier midi, Jean-Marie Kutner (adjoint à Schiltigheim) était convié à déjeuner par Nicolas Sarkozy à l’Elysée, avec d’autres têtes de liste soutenues par l’UMP dans le cadre de la politique d’ouverture chère au président » écrivaient les DNA, le 22 novembre 2007.

Adoubé par Nicolas

« Jean-Marie Kutner, adoubé par Nicolas Sarkozy et investi par l’UMP nationale, a remis la photo du président sur son site internet aussitôt après la parution du chuchotement (DNA du 18 février) qui signalait sa disparition » annonça encore le quotidien au mois de février 2008.

Il continuera encore.

En mai 2012, le même Jean-Marie Kutner cosigne un vibrant appel à voter pour Nicolas Sarkozy :

Les bouleversements géopolitiques et géo-économiques que nous vivons, qui signent la fin du cycle né aux lendemains de la seconde guerre mondiale, ne rendent pourtant pas caduque tout ce que nous avons contribué à mûrement façonner. C’est notre devoir d’Européens convaincus quoique vigilants de montrer en quoi l’Europe est la réponse, pas la cause à nos maux.

La Gauche Moderne y contribuera avec conviction et détermination pour faire gagner, le dimanche 6 mai, Nicolas Sarkozy, et par-là même pour faire gagner une France forte, dans une Europe qu’il faudra par la suite également consolider !”

Soutien aux Primaires

Jean-Marie Kutner aime si peu la droite qu’il se sent pourtant obligé de soutenir l’un des candidats aux primaires : Alain Juppé. Voilà qui permet à des militants de gauche comme de droite de s’étonner d’un revirement.

Christian Ball préfère aller voir les Schilikois et convaincre des électeurs. Danielle Dambach semblait « surprise », hier soir. A la question de Rue89Strasbourg : « Est-ce que cela peut être un soutien embarrassant », elle répondait : « Ça peut l’être ! »

Va-t-elle oser le refuser ? L’alliance des anciennes adjointes de Raphaël Nisand avec Jean-Marie Kutner pourrait réveiller de mauvais souvenirs.

Christian Ball, le sourire sympathique, expliquait que ce sont ces comportements qui lui ont imposé, quitte à tout perdre, de « rendre la parole aux Schilikois »…

 

(La salle du conseil à Schiltigheim, photo©http://www.ville-schiltigheim.fr/)

 

 

Schiltigheim : la chute de la Maison Kutner

La dynamique Christian Ball

La première surprise de cette élection est le score de Christian Ball. Avec près de 36 % des voix, son alliance avec Ahmed Fares, Andrée Munchenbach, Anne Meunier et Elric Ferandel (LREM) relève un premier défi.

Autour d’un programme « Schiliko-Schilikois », le tête de file de « Schilick pour Tous » fait le score, autant dans les quartiers d’habitude réservé à la droite que dans les quartiers populaires, notamment « Les Ecrivains ».

La tendance s’est dessinée dès le 1er tour, quand les réunions et rendez-vous du candidat ont rassemblé près de 1000 personnes. Les dernières opérations de sa campagne, un nettoyage d’une ville « sale » et l’annonce de la suppression des horodateurs ont encore élargi sa base.

Porté par une réelle dynamique de victoire, il devrait encore rassembler et convaincre les électeurs et les abstentionnistes pour gagner au second tour. Il en a la volonté… Suffira-t-elle ?

La claque Kutner

Les regards des adjoints sur les tableaux de résultats, les coups de fils pour vérifier les chiffres, la panique des nouveaux candidats perçus hier soir à la mairie de Schiltigheim, tout cela soulignait une vérité cruelle : le rejet de Jean-Marie Kutner.

Injuste pour les fans, logique pour les adversaires, celui qui ne peut plus être maire finit la soirée sous les 20 %. Une claque camouflée sous des éléments de langage de type « mobiliser les abstentionnistes ».

Certains s’interrogent à voix basse sur les intentions de second tour, sur leur propre vote.

A l’heure où nous écrivons l’article, nous ne savons pas si le chef de l’orchestre du Titanic va continuer le concert ou pas.

L’Alliance EELV-PS-PCF

En 2ème position, à plus de 15 % de Christian Ball, Danielle Dambach pense que son heure est arrivée. Aussitôt annoncée l’alliance avec le PS et le PCF, elle en appelle à l’union des forces du progrès. “La” Danielle Dambach retrouve ses accents de gauche.

Les discussions et manœuvres des partis ont repris. Après l’alliance Dambach-Nisand, voici donc venu le temps de l’alliance Dambach-Jampoc. Les deux adjointes de l’époque Nisand savent travailler ensemble. Arriveront-elles à rassembler les Schilickois ? Là est la question.

Ce matin, dans mon PMU préféré, certains électeurs ou supposés tels rejetaient les « magouilles » que constituent les alliances des ennemis du 1er tour.

L’un d’entre eux allait plus loin : « Dambach, Jampoc… et demain Nisand ». L’ombre de l’ancien maire passa sur la discussion. Un autre se demandait si, des verts à l’extrême gauche, on n’allait pas avoir des Zad à Schiltigheim.

Réponse dans les urnes.

Un groupe « Alsace » à la région Grand Est ?

Un groupe « Alsace » ! Entendez-bien, un groupe d’élus LR et centristes au Conseil Régional Grand Est envisagerait de créer un groupe dissident au sein de la majorité régionale. Son nom « Alsace », symboliserait la révolte de ces élus contre le sort réservé à l’Alsace au sein du « machin »…

Les élus alsaciens se révolteront-ils ?

Machin ! Le mot gaullien prend ici tout son sens puisque c’est une belle façon de définir l’ensemble administratif dans lequel l’Alsace a été « fusionnée » de force. L’initiative du groupe n’est pas nouvelle.

Logiquement même, le groupe aurait pu sortir du bois plus tôt si l’affaire Vanessa Wagner n’avait explosé sur fond de création d’un autre groupe interne à la majorité.

Il aura fallu attendre un post de Jacques Schleef sur son mur Facebook :

« Lors de la conférence de presse de Frédéric Bierry et de Brigitte Klinkert l’annonce par Lotz Calderoli Martine de la constitution imminente d’un groupe “ALSACE” au Conseil Régional Grand Est est un événement important pour les semaines et mois à venir ! Sans être parlementaire, elle a exprimé la position de certains conseillers régionaux ( Georges SchulerAndré ReichardtJustin Vogel et Huguette Zeller) prêts à constituer un « groupe autonome » au sein du Conseil régional du Grand est. Si elle se concrétisait, une telle initiative (que Jean Rottner ne manquerait pas de qualifier de « « rébellion »…), aurait plusieurs avantages : – elle montrerait un nouvel aspect de la crise alsacienne, avec un risque de « scission » de la majorité LR/UDI selon des clivages territoriaux – elle pourrait incarner une volonté « régionaliste » à forte capacité médiatique, si le groupe prenait le nom « Alsace » – elle donnerait à ses membres des moyens administratifs importants, ce qui faciliterait leur action de communication vers l’opinion (y compris outre-Vosges, pour expliquer la démarche alsacienne) – elle accorderait aux « frondeurs » une légitimité et une crédibilité incontestables, dans le contexte de la future « vivisection » du Grand Est que pourrait annoncer le préfet Marx (si effectivement l’Etat transfère à une « Alsace reconstituée » des compétences réelles et non symboliques).

La cigogne apporte les bébés – mais elle doit aussi se servir de son bec !

P.S. (‘cela veut dire post scriptum !) : Il va de soi que la présidence doit aller à une femme ! »

Les premiers lecteurs découvraient une Martine Caldéroli engagée pour l’Alsace.

A la lecture du nom d’Huguette Zeller, certains se réjouissaient. « Adrien Zeller aurait été dans ce groupe » soulignait un élu. Soulignant qu’il manquait des noms.

La pression Rottner

La circulation de l’information irrita la présidence et celui ou celle qui se voit déjà président-e. La danse alsacienne du « un pas en avant, deux pas en arrière » commença. On attendait la réaction des « Richert’s Girls »,  mais ce furent d’autres élus qui se firent entendre dans les couloirs.

D’abord ceux qui ne seraient rien sans le Grand Est et leur choix par l’équipe Richert.

Valérie déborde

Ensuite, de l’autre côté des Vosges : il faut dire que l’on somma Valérie Debord de « cheffer » en temps que patronne des Républicains. L’éventuelle présidente d’après promet de gérer la situation…

Y voit-elle un complot alsacien ? Maçonnique, comme on l’a entendu, par d’autres et sur un autre conflit récent ? Heb’di ne sait pas.

Les téléphones ont vibré dans la journée d’hier, pour faire pression sur les uns ou tenter d’impressionner les autres. Si l’outing du groupe n’est pas apparu comme habile, il n’en reste pas moins qu’on attend désormais les élus alsaciens sur le sujet « Alsace ».

L’ombre d’Adrien Zeller plane chez quelques élus. Lui qui voulait, dès 1978, faire de la « politique autrement » avait su, pour défendre ses idées et l’Alsace, créer un groupe avec peu d’élus et oser.

Barbara DesVilles

(Maison de la Région, site Strasbourg Wacken, photo @ www.grandest.fr)