Naomi, et maintenant ?

Ce que l’on sait de l’histoire de Naomi Musenga, morte après avoir été raillée par une opératrice du Samu

Agée de 22 ans et mère d’une fille, Naomi Musenga est morte quelques heures après avoir appelé le Samu, à Strasbourg. Lors de ce coup de téléphone, deux opératrices s’étaient moquées de la patiente. L’attitude des secours pendant cet appel, dont l’enregistrement a été rendu public, fait polémique.
Au lieu de l’aider, les secours se sont moqués d’elle. Le parquet de Strasbourg (Bas-Rhin) a ouvert, mercredi 9 mai, une enquête préliminaire du chef de “non-assistance à personne en péril”, au sujet de la prise en charge de Naomi Musenga. Cette mère de famille de 22 ans est morte peu après avoir été raillée par deux opératrices des secours de l’hôpital universitaire de Strasbourg (Bas-Rhin).
Les faits remontent au 29 décembre dernier, mais la polémique enfle depuis qu’a été rendu public, le 27 avril, l’enregistrement de l’appel de la jeune femme, sur le site du journal d’information local Heb’di. On y entend Naomi Musenga dire qu’elle “va très mal”.
Franceinfo fait le point sur la polémique.

Que s’est-il passé ?

Naomi Musenga, 22 ans, est seule chez elle, ce vendredi 29 décembre, à son domicile strasbourgeois. Il est 11 heures lorsque cette mère d’une fille âgée d’un an et demi est prise de douleurs intenses. “A bout de forces”, raconte Heb’di, elle compose sur son téléphone le 15, le numéro du Samu, le service des urgences médicales.

Au bout du fil, une opératrice transmet à l’une de ses collègues les premières informations dont elle dispose sur le cas de Naomi. “Elle m’a dit qu’elle ‘va mourir’, rapporte l’opératrice. Elle a 22 ans, elle a des douleurs au ventre, (…) elle a de la fièvre, et ‘elle va mourir’ “, poursuit-elle. “Ah, c’est sûr qu’elle va mourir un jour, c’est certain”, répond l’opératrice des secours, le ton moqueur. Après une minute trente de discussion entre les deux femmes, la deuxième opératrice prend en ligne Naomi. Le souffle court, elle tente difficilement d’expliquer sa situation, comme on l’entend dans cet enregistrement.

Voici la retranscription de l’échange, qui dure une minute vingt. C’est la famille de la jeune femme qui l’a obtenu, puis transmis à la presse.

– “Oui, allô !”
– Allô… Aidez-moi, madame…
– Oui, qu’est-ce qui se passe?
– Aidez-moi…
– Bon, si vous ne me dites pas ce qu’il se passe, je raccroche…
– Madame, j’ai très mal…
– Oui ben, vous appelez un médecin, hein, d’accord ? Voilà, vous appelez SOS Médecins.
– Je peux pas.
– Vous pouvez pas ? Ah non, vous pouvez appeler les pompiers, mais vous ne pouvez pas…
– Je vais mourir.
– Oui, vous allez mourir, certainement, un jour, comme tout le monde. Vous appelez SOS Médecins, c’est 03 88 75 75 75, d’accord ?
– S’il vous plaît, aidez-moi madame…
– Je peux pas vous aider, je ne sais pas ce que vous avez.
– J’ai très mal, j’ai très très mal.
– Et où ?
– J’ai très mal au ventre (…) et mal partout.
– Oui, ben, vous appelez SOS Médecins au 03 88 75 75 75, voilà, ça je ne peux pas le faire à votre place. 03 88 75 75 75. Qu’un médecin vous voie, ou sinon vous appelez votre médecin traitant, d’accord ?
– D’accord.
– Au revoir.”

Naomi Musenga raccroche, puis trouve la force d’appeler SOS Médecins. A partir de ce moment, tout se passe très vite. Devant l’état critique de la jeune femme, les praticiens déclenchent l’intervention du Samu de Strasbourg. Naomi est “consciente”, rapporte Heb’di, mais son état se “dégrade” lors de son transfert à l’hôpital. Elle passe un scanner, mais fait deux arrêts cardiaques, victime d’un infarctus, précisent Le Monde et Heb’di. Transférée en réanimation, elle meurt à 17h30, soit six heures et demie après son appel.

Une autopsie est pratiquée cinq jours plus tard. Naomi Musenga est morte des suites d’une “défaillance multiviscérale sur choc hémorragique”, selon le rapport consulté par Le Monde, qui précise qu’il s’agit de “l’arrêt de plusieurs organes”, dont la cause peut résulter de “facteurs variés”.

L’attitude des deux opératrices du Samu, qui n’ont pas su saisir l’urgence de la situation de Naomi, pose question. Dans l’attente des conclusions de l’enquête administrative, plusieurs médecins ont eu des mots très durs envers les deux femmes. “Ça n’est pas pardonnable, la manière qu’il y a eu de répondre à Naomi, et de ne pas comprendre sa détresse”, déplore Patrick Pelloux, médecin urgentiste, sur franceinfo.

Les propos qui sont tenus par l’opératrice du Samu ne sont “pas acceptables”, confirme François Braun, président de Samu-Urgences de France, sur franceinfo. Selon lui, l’opératrice n’avait pas à prendre seule la décision de rediriger Naomi vers SOS Médecins. “Ce qui est encore moins acceptable, poursuit-il, c’est que normalement tout appel est transmis à un médecin régulateur. C’est ce médecin qui prend les décisions après un interrogatoire médical et, dans ce cas, l’appel n’a pas été transmis au médecin. Ce n’est absolument pas la procédure. Ce n’est absolument pas ce que l’on apprend à nos opératrices. On ne demande pas aux gens de rappeler, on le fait nous-mêmes et on transmet l’appel éventuellement à un autre service.”

Je crois qu’il faut faire toute la lumière sur ce qu’il s’est passé parce que c’est vraiment trop grave.Patrick Pelloux à franceinfo

“Inutile de vous dire que je ne considère pas que ce soit un modèle de prise en charge, renchérit Frédéric Lapostolle, professeur de médecine d’urgence, sur RMC. (…) Ça manque d’empathie et d’intérêt porté au patient.”

Comment se défend l’hôpital ?

Depuis la publication de l’enregistrement, la polémique enfle. Sur Twitter, des soutiens de la famille réclament des “sanctions”. D’autres internautes, scandalisés, accusent l’hôpital de racisme. Les hôpitaux universitaires de Strasbourg, qui hébergent les services du Samu, n’ont pas souhaité en dire plus sur les circonstances de cet appel. “On a fait un communiqué de presse, une enquête est en cours. On ne dira rien de plus”, a répondu l’hôpital au Monde

Dans leur communiqué daté du 3 mai, ils annoncent ainsi avoir diligenté une “enquête administrative destinée à faire toute la lumière sur les faits relatés dans l’article” du journal alsacien. Ses résultats devraient être connus d’ici trois semaines

Mercredi après-midi, la direction des hôpitaux de Strasbourg a suspendu à titre conservatoire l’opératrice, a confirmé auprès de franceinfo Christophe Gautier, son directeur général. Ce dernier, sans évoquer ses échanges avec l’intéressée, explique que les éléments qu’il a pu recueillir lui semblent “de nature à constituer un manquement à la procédure”.

Que répond le gouvernement ?

Dans un communiqué commun, deux organisations de médecins urgentistes ont demandé mardi “un rendez-vous immédiat” avec la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, “pour trouver des solutions aux problèmes de régulation médicale afin qu’un tel drame ne se reproduise pas”. Le président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), Patrick Pelloux, réclame notamment plus de moyens pour les services de régulation. “On ne peut pas dire que c’est normal d’avoir le même nombre de personnes qui répond au téléphone au Samu quand on avait 10 millions d’appels et quand on en a 30 millions aujourd’hui, déplore-t-il. Ce n’est pas possible. Il faut moderniser le système avec pour objectif que chaque appel soit pris en charge.”

Cet incident doit nous faire réfléchir pour réformer le Samu, pour que cela ne se reproduise pas.Patrick Pellouxà franceinfo

“Une réunion à ce sujet se tiendra dans les jours qui viennent au ministère”, a déclaré la ministre de la Santé après avoir présenté ses condoléances sur Twitter. “Je suis profondément indignée par les circonstances du décès” de Naomi Musenga et “je tiens à assurer sa famille de mon entier soutien”, a-t-elle écrit. Elle annonce avoir demandé une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) “sur ces graves dysfonctionnements”, s’engageant à ce que la famille “obtienne toutes les informations”.

Affaire SAMU/Naomi : Les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg ouvrent une enquête administrative !

Affaire SAMU / Naomi

Les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg ouvrent une enquête administrative !

C’est par un communiqué de presse laconique, daté du 3 mai, que les responsables des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS)  ont réagi a notre article du 27 avril.

Nous avions dénoncé les méthodes de deux opératrices du SAMU qui le 29 décembre 2017 avait eu un comportement ironique et irresponsable quand Naomi les a appelés.

La jeune maman qui arrivait à peine à s’exprimer tant la douleur était importante. Les opératrices du SAMU se sont contenté de lui conseiller d’appeler SOS Médecin.

Naomi 22 ans décédera peu après son arrivée (tardive) aux urgences.

L’enregistrement de la conversation que nous nous sommes procuré est affligeant !

Dans le communiqué de presse, la Direction générale des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg indique avoir :

‘’pris connaissance, vendredi 27 avril, d’un article paru dans le journal Hebdi, relatif aux conditions de traitement d’un appel réceptionné au Service d’Aide Médicale Urgente (SAMU) 67.
Avant toute chose, les HUS s’associent à la peine de la famille et des proches de la patiente et leur présentent leurs sincères condoléances.
Les HUS diligentent dans la foulée une enquête administrative destinée à faire toute la lumière sur les faits relatés dans l’article.
Les HUS se tiennent naturellement à l’entière disposition des autorités judiciaires dans l’hypothèse de l’ouverture d’une enquête sur les faits rapportés.’’

 

LA famille de Naomi, a été reçu par les représentants des HUS, le 3 mai en soirée
Une plainte a été déposée auprès du procureur de Strasbourg.

Outre la réaction du SAMU, plusieurs questions se posent après la lecture du dossier médical.
Des erreurs de date sont constatées, et il est étonnant que l’autopsie n’ait été pratiquée que 4 jours après le décès sur un corps « en état de putréfaction avancée ».

Une fois de plus on s’étonne de la discrétion des médias ‘’ officiels ‘’ alsaciens.

 

Le weekend HEB’DI

L’hôpital qui demande la charité

« Ras-le-bol », « découragement », « perte de sens » : les mots du malaise de l’AP-HP (Hôpitaux de Paris) sont relayés dans tous les médias.

Parmi les 12.400 médecins et les 53 800 personnels des 39 établissements du « navire amiral » de la santé publique en France, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer un hôpital au bord du « désastre ». L’hôpital public, pour elles, c’est terminé.

Ils et elles sont des dizaines à baisser pavillon devant le désastre annoncé.

“Pour payer mes études, j’avais bossé à McDo. Toute la journée, on entendait : “On y va ! On y va !” J’ai retrouvé ça au bloc ces dernières années. On n’a plus le temps de discuter avec les patients angoissés avant une opération… », dit une infirmière.

Les personnels médicaux sont à bout, les soins de moins en moins remboursés, les patients meurent d’infections contractées à l’hôpital même, voire d’une attente prolongée aux urgences quand ce n’est pas d’une erreur de diagnostic.

Malgré l’ampleur du malaise dans le secteur de la santé (il n’y a pas que les hôpitaux) – au point que les français qui ne renoncent pas aux soins faute de moyens ont la trouille de se retrouver à l’hôpital – malgré un manque flagrant de moyens humains, technique et financiers, les pouvoirs publics font l’autruche. Pire : non seulement ils encouragent le “fonctionnaires-bashing”, mais ils aggravent délibérément la situation, puisque la ministre de la santé exige, pour 2018, un effort supplémentaire sous la forme d’une économie de 2 milliards !

On chercherait la révolution qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Hold up

Les garanties locatives qu’un locataire verse habituellement à son propriétaire au moment de la signature du bail pourraient bientôt être gérées par la Caisse des Dépôts ! C’est ce qu’on appelle une bombe.

Un rapport publié sous le précédent gouvernement propose de transférer à la Caisse des Dépôts (CDC) les milliards d’euros de garanties locatives versés par chaque locataire à son propriétaire à la signature du bail.

Le montant atteindrait les 5,7 milliards si on y ajoutait les garanties du parc social. Une manne considérable qui passerait donc du portefeuille des bailleurs et de leurs gestionnaires à celui de l’État. L’objectif de ce transfert serait de minimiser les litiges entre les propriétaires et les locataires. Il permettrait surtout de financer la transition énergétique et la politique du logement.

Cette réforme n’est pas officiellement à l’ordre du jour du gouvernement mais il s’agit bien d’une piste de réflexion.

Pas sûr que ça relance l’investissement locatif…

Le « savoir fer von elsass »

Il est gérant de pressing et manie l’humour aussi bien que le professeur Schmeerwurscht, sauf que sa dernière trouvaille (« Nous ne sommes pas au PANAMA mais nous blanchissons aussi ! ») n’a pas plu à l’ambassade du Panama.

Celle-ci s’est ainsi fendue d’un courrier glacial à l’encontre du propriétaire de la blanchisserie de Strasbourg :

« Cette publicité pour votre entreprise porte gravement et directement atteinte, sans aucune équivoque, aux droits, à l’image, à l’honneur et à la considération de l’état du PANAMA et à ses citoyens représentés en France par son Ambassadeur. En conséquence par la présence, nous vous mettons en demeure, sous huitaine à compter de la réception présente de supprimer l’intégralité du message publicitaire faisant référence à l’état du PANAMA sur l’ensemble de vos véhicules et plus généralement sur tous supports matériels et informatiques quels qu’ils soient de votre entreprise, et nous en justifier au moyen d’un constat d’Huissier dans le même délai»

Le sens de l’humour et du second-degré a du quant à lui s’égarer lors de l’envoi du courrier.

SNCF é-pépy-née

Le journal du dimanche prévient : la grève SNCF risque de faire tache d’huile (EDF, éboueurs, universités, etc…).

La palme de la diplomatie revient une fois encore à la ministre des transports qui a déclaré qu’elle ne comprenait pas cette grève. C’est pourtant pas faute de lui avoir expliqué ! Cette réforme annoncée vise avant tout à préparer la privatisation de la SNCF. Si on s’en tient à cette simple phrase, on pourrait se dire : pourquoi pas ? D’autres l’ont bien fait !

Eh bien justement, c’est là que le bât blesse. Les autres qui l’ont fait, notamment le Royaume-Uni et l’Allemagne, s’en mordent ce qui leur reste de doigts. Les prix ont augmenté et partout et même les trains allemands sont moins à l’heure que les trains français, c’est dire… Le fait de tout ramener, de manière quasi compulsive à l’unité comptable, à la performance, au rendement, revient à considérer l’humain comme une simple et funeste unité comptable, une variable d’ajustement de l’efficacité financière. Car il ne s’agit pas d’autre chose. Les salariés de tout poil, à commencer ceux de la grande distribution (ceux de Carrefour ont eu le courage de faire ce que les autres craignent de faire) se reconnaîtront dans les angoisses du rail.

Même si des réformes sont nécessaires, y compris dans le statut des cheminots, rien ne justifie le mépris de l’humain qui conduit (et permet) de privilégier l’actionnaire contre vents et marées, en le faisant bénéficier des gains sans jamais lui faire assumer les pertes (oui, bon, quand même à hauteur de sa mise), tout en ne faisant pas bénéficier le travailleur des gains mais en lui faisant payer les pertes par des baisses de salaires, des suppressions de primes, des diminution d’avantages (quand il y en a), des délocalisations, des licenciements.

Il n’est nul besoin d’être crypto-communiste pour dénoncer ce capitalisme-là.

Cachoteries !

Le journal Le Monde dévoile les dessous du prochain rachat de l’hebdomadaire Marianne par Heb’di.

Le patron du principal journal alsacien, Thierry Hans, a tenu à garder le secret le plus longtemps possible sur cette opération car, dit-il, “nous étions plusieurs sur le coup, notamment le groupe de presse anglais Faithfull”. En même temps, Thierry Hans a eu le soutien d’une personne dont il est très proche, elle-même très proche du Chef de l’Etat. Ça aide…

Vous trouverez tous les détails du rachat sur le site de Heb’di.

Placé déplacé

Cela fera la blague du week-end parce qu’on préfère en rire qu’en pleurer : Jean-Vincent Placé a été placé en garde à vue dans la nuit de mercredi à jeudi. Il est soupçonné, (et c’est franchement moins drôle), d’avoir importuné des femmes  et insulté des policiers avec des propos à caractère raciste.

Remarquez les subtiles pirouettes des journalistes pour éviter le doublon placé placé, cela donne des mini-mares assez grotesques : de l’économique « Jean-Michel Placé en garde à vue » d’Europe 1 au sensationnel « Arrestation de Jean-Vincent Placé : tu veux que je te mette un coup de boule » de Libé, nous, on assume et on titre : Jean-Vincent Placé placé en garde à vue pour comportement déplacé.

Laisser faire

Article intéressant dans Causette (le magazine des meufs qui tapent sur les keums, mais pas que…) qui nous dit que les femmes vont, enfin, se mettre à la drague à la manière des mecs.

Il serait temps ! Vous allez enfin comprendre ce que ça représente en termes de patience, d’impatience, de volonté, d’audace, de courage, d’énergie, de frustrations, de désespoir, de refoulement, de maladresses, de compétition, d’aveuglement, de toilette obligatoire, de chaussettes propres, d’angoisses, d’insomnies, d’interrogations! Le grattage de couilles en moins, certes.

Joyeuses Pâques

Franche Démence

J’ai envoyé mon petit neveu acheter une revue que je n’ose pas acheter moi-même : France Dimanche.

Je suis d’abord tombé sur l’horoscope très sérieux de Laëticia, la vraie, la gérontophile, réalisé par la voyante Déborah Barsky.

On peut y lire : “Laetitia est née sous le signe du Poisson. Elle a une Vénus en Bélier”, ce qui, à mon avis, doit faire assez mal, alors que “Johnny avait une Lune en Scorpion”, ce qui ne devait pas arranger ses affaires non plus.

“Que va-t-il se passer désormais pour Laëticia ?” Je vous le demande !

“L’année 2018 s’annonce très difficile.” Ça ne mange pas de pain, mais on veut en savoir un peu plus.

“Je ne la vois pas retrouver l’amour”. Bon, je l’appellerai un autre jour alors.

“Elle préfèrera être entourée d’amies femmes dans les mois à venir.” Moi aussi.

“Elle se lance dans une grosse (sic) bataille juridique.” Je me demande où elle est allée chercher ça.

“Va-t-elle perdre ou gagner ?” Faudrait demander à une voyante.

“Cette affaire va perturber ses filles”. Meu non, penses-tu!

“Je la vois aussi en deuil, d’ici deux à trois ans, suite au décès de son père ou de sa grand-mère.” Ça m’étonnerait, ce sont des choses qui n’arrivent jamais.

“Pauline Ducruet (fille de Stéphanie de Monaco) victime d’un psychopathe”. Mais pas un Panzani, d’après nos reporters sur place.

“René-Charles (le fils de Céline Dion) prend la relève et marche dans les traces de sa maman !” Mince, la pauvre, elle est vraiment au plus mal si elle laisse des traces.

“Louis Sarkozy dit “oui” aux drogues”. Faut bien ça pour assumer un nom pareil.

Con carne

Il se fait appeler Pedrinho Matador, soit Pierrot le Tueur, il est Brésilien et est aujourd’hui accusé du meurtre d’au moins 70 personnes selon le magazine Rolling Stone. Pourtant Pedro Rodrigues Filho n’est pas un assassin comme les autres. S’il a ressenti le “besoin urgent de tuer” dès ses 13 ans après s’être battu avec un cousin plus âgé et qu’un an plus tard il a assouvi ce désir pervers, c’est toujours en le dirigeant vers des personnes qu’il considérait comme nuisibles à la société. Le premier d’entre eux était le maire adjoint d’Alfenas, dans le sud du Brésil, qui avait viré son père après l’avoir accusé (à tort selon Pedrinho Matador) de vol. A 18 ans, il avait déjà tué plus de 10 personnes.

Son père tua sa mère et fut envoyé en prison. Filho lui rendit visite et le tua, lui aussi. Apparemment, il aurait alors découpé un morceau du cœur de son géniteur avant de le mâcher puis de le recracher.

En 1973, on finit par le prendre et le mettre en prison. Une mauvaise nouvelle pour les personnes incarcérées avec lui, puisque depuis cet emprisonnement, Filho a trouvé le moyen de mettre fin à la vie de 47 codétenus.

Pour une fois qu’on a quelqu’un qui nettoie sa cellule !

Ballon

Cela fait plusieurs années qu’Adriana Karembeu tente d’être enceinte. À 46 ans, elle est enceinte et devrait accoucher en juillet.

Comme quoi, pas besoin d’un footballeur pour avoir un ballon. En tout cas, le petit aura au moins la satisfaction d’entendre ses petits copains et copines lui dire : “Dis donc, elle est trop bien ta grand-mère !”

SNCF é-pépy-née

Le journal du dimanche prévient : la grève SNCF risque de faire tache d’huile (EDF, éboueurs, universités, etc…).

La palme de la diplomatie revient une fois encore à la ministre des transports qui a déclaré qu’elle ne comprenait pas cette grève. C’est pourtant pas faute de lui avoir expliqué ! Cette réforme annoncée vise avant tout à préparer la privatisation de la SNCF. Si on s’en tient à cette simple phrase, on pourrait se dire : pourquoi pas ? D’autres l’ont bien fait !

Eh bien justement, c’est là que le bât blesse. Les autres qui l’ont fait, notamment le Royaume-Uni et l’Allemagne, s’en mordent ce qui leur reste de doigts. Les prix ont augmenté et partout et même les trains allemands sont moins à l’heure que les trains français, c’est dire… Le fait de tout ramener, de manière quasi compulsive à l’unité comptable, à la performance, au rendement, revient à considérer l’humain comme une simple et funeste unité comptable, une variable d’ajustement de l’efficacité financière. Car il ne s’agit pas d’autre chose. Les salariés de tout poil, à commencer ceux de la grande distribution (ceux de Carrefour ont eu le courage de faire ce que les autres craignent de faire) se reconnaîtront dans les angoisses du rail.

Même si des réformes sont nécessaires, y compris dans le statut des cheminots, rien ne justifie le mépris de l’humain qui conduit (et permet) de privilégier l’actionnaire contre vents et marées, en le faisant bénéficier des gains sans jamais lui faire assumer les pertes (oui, bon, quand même à hauteur de sa mise), tout en ne faisant pas bénéficier le travailleur des gains mais en lui faisant payer les pertes par des baisses de salaires, des suppressions de primes, des diminution d’avantages (quand il y en a), des délocalisations, des licenciements.

Il n’est nul besoin d’être crypto-communiste pour dénoncer ce capitalisme-là.

MARX A TABL’S

Sur le site de L’Huma, ils font tout un plat de Marx… Quoi de plus normal ? Sauf qu’il s’agit du cuistot, Thierry MARX, pas du boursicoteur donneur de leçons.

Cachoteries !

Le journal Le Monde dévoile les dessous du prochain rachat de l’hebdomadaire Marianne par Heb’di.

Le patron du principal journal alsacien, Thierry Hans, a tenu à garder le secret le plus longtemps possible sur cette opération car, dit-il, “nous étions plusieurs sur le coup, notamment le groupe de presse anglais Faithfull”. En même temps, Thierry Hans a eu le soutien d’une personne dont il est très proche, elle-même très proche du Chef de l’Etat. Ça aide…

Vous trouverez tous les détails du rachat sur le site de Heb’di.

Laisser faire

Article intéressant dans Causette (le magazine des meufs qui tapent sur les keums, mais pas que…) qui nous dit que les femmes vont, enfin, se mettre à la drague à la manière des mecs.

Il serait temps ! Vous allez enfin comprendre ce que ça représente en termes de patience, d’impatience, de volonté, d’audace, de courage, d’énergie, de frustrations, de désespoir, de refoulement, de maladresses, de compétition, d’aveuglement, de toilette obligatoire, de chaussettes propres, d’angoisses, d’insomnies, d’interrogations! Le grattage de couilles en moins, certes.

 

Vendredi, de rêves et d’espoir

Printemps social

Plus d’une centaine d’étudiants ont brièvement occupé le palais universitaire de Strasbourg, ce jeudi 22 mars à la suite de la manifestation dans le centre-ville. Ils ont été évacués par les forces de l’ordre vers 20h15.

On écrit depuis l’endroit d’où l’on vient. Voie de conséquence,  vous vous en doutez, ce n’est pas dans cette chronique que l’étudiante en sciences humaines que je suis viendra grincer des dents contre la mobilisation sociale d’hier en Alsace.

Et avant que les DNA ne vous parlent d’occupation illégale d’établissement scolaire, de débordements et de manifestants violents, je vous raconte l’histoire d’un palais universitaire occupé pour l’espace de quelques heures par une centaine de personnes. Qui ont des idées à revendre, des espoirs dans le baluchon et mai 68 en tête.

Mais aussi des revendications claires et pragmatiques : retrait des réformes étudiantes de Parcours Sup et de l’université, et soutien affiché pour la lutte des cheminots, des fonctionnaires et des retraités. Bref, des militants portant haut et fort le désir de se rassembler quand on s’acharne là-haut à diviser.

“On fait face à une série de mesures extrêmement graves sur le statut des étudiants, l’accès à l’université et l’ensemble du système qui va avec, témoigne un militant de Solidaires étudiants, qui n’a pas souhaité donner son nom, quelques minutes avant l’évacuation par la police, aujourd’hui, on pense qu’un tel blocage est une manière de peser dans le rapport de force pour faire valoir nos revendications face à un gouvernement qui de toute façon n’est prêt à rien entendre […] Le palais universitaire, c’est symbolique, c’est un endroit qui en Mai 68 a été fondateur et on espère que le mouvement étudiant de Strasbourg pourra faire revivre une tradition de lutte autour de ce lieu”.

Cela n’a pas fait long feu, puisque les CRS sont arrivés avec la grâce et la délicatesse qui leur sied :

Mais l’affaire reste à suivre, avec la vague printanière qui arrive !

Pour des jours moins sanglants

Ils font la une du Times : les figures de proue du mouvement anti-armes, rescapés de la fusillade de Parkland le 14 mars dernier posent pour le prochain numéro d’avril. Ils s’appellent David Hogg, Alex Wind, Cameron Kasky, Jaclyn Corin et Emma González, et ont initié une mobilisation historique pour une meilleure régulation du marché des armes aux Etats-Unis.

Du haut de leur 17, 18 ans, ils tiennent tête aux hommes politiques pro-armes et à la National Rifle Association, ce puissant lobby américain. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne manquent pas d’imagination pour marquer les consciences.

Ainsi, 7 000 paires de chaussures avaient été alignées le 14 mars sur la pelouse du siège du Congrès. Elles symbolisaient chaque enfant tué dans une fusillade au sein d’un établissement scolaire, depuis la tuerie de Sandy Hook, en 2012.

Le vide pour symboliser l’absence, donc, et l’effet rendu est saisissant. Bref, aux Etats Unis aussi, la jeunesse en a encore dans le bide !

Mort dans l’œuf

Pschiiiit. Il n’aura pas fait long feu le « journal de tous les français ». Deux mois après son lancement, le magazine Ebdo dépose le bilan. Peut-être que l’enquête mal ficelée sur la plainte pour viol contre le ministre Nicolas Hulot lui a mis du plomb dans l’aile ?

En attendant, Heb’di , lui, est toujours dans les kiosques !

Malicieusement vôtre,
Rosalie

Le weekend HEB’DI

Sky, my pharmacy !

Le Parlement britannique vient de publier un rapport sur les pratiques médicales de la Sky. (C’est du vélo)

Après l’affaire de dopage ayant touché Christopher Froome, contrôlé positif au bronchodilatateur salbutamol en décembre dernier, c’est le Parlement britannique qui a publié un rapport sur les pratiques médicales de l’équipe anglaise. Il a été effectué par la commission culture, médias et sport (DCMS) de la Chambre des communes et se base sur les témoignages de différents membres de la Sky, de la Fédération britannique (British Cycling) et de l’Agence antidopage britannique (UKAD).

Le rapport dénonce l’usage, par la formation cycliste, de médicaments visant à améliorer la performance des coureurs et d’avoir contourné le système, en utilisant ces médicaments dans un seul but sportif et non pas médical. Le Parlement britannique s’est intéressé à des pratiques médicales douteuses qui font l’objet de véritables critiques envers l’équipe, notamment sur l’utilisation d’un puissant corticoïde (N’oublions pas qu’il faut être asthmatique pour faire du vélo au niveau professionnel…) Il a déclaré : “Nous pensons que ce puissant corticoïde a été utilisé pour préparer Bradley Wiggins, et possiblement certains de ses équipiers, pour le Tour de France. Le but n’était pas de traiter un problème médical mais d’améliorer son rapport poids/puissance avant la course.

Bref, la routine, quoi. Vivement le prochain Tour de France pour qu’on puisse découvrir de nouveaux traitements contre l’asthme !

Pas le Shoa.

40.000 personnes ont trois mois pour choisir entre les geôles israéliennes, le retour sur les routes et le Rwanda, qui s’est engagé à accueillir 10.000 exilés.

Parce qu’ils sont arrivés illégalement sur le territoire israélien, ils devront décider entre reprendre la route de l’exil ou être emprisonnés. Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou est bien décidé à ne pas laisser les 38.000 migrants (chiffres du ministère de l’Intérieur) majoritairement originaires d’Érythrée et du Soudan, que les autorités considèrent être des “demandeurs d’asile fictifs”, s’installer en Israël.

Chacun en pense ce qu’il veut, mais je trouve qu’on n’en a pas beaucoup parlé. Pas du tout d’ailleurs.

C’est quoi, déjà, un métier ?

Voici une nouvelle des plus positives, comme on aimerait en lire plus souvent :

« Selon une enquête de la CCI d’Alsace réalisée en janvier dernier auprès d’un millier de chefs d’entreprises, 60% d’entre eux se disent satisfaits  (…) il y a eu près de 13.000 créations d’entreprises en Alsace en 2017, soit une hausse de 4,5%, et 8,3% dans le Bas-Rhin (…) De son côté, l’ADIRA (…) a vécu une année record avec un milliard d’euros d’investissement. »

Mais -il y a bien un “mais”- une ombre au tableau persiste dans notre belle entité du grand est de notre beau pays : les travailleurs ne sont pas formés ! Les chiffres parlent d’eux-mêmes : « 88% des entreprises industrielles ont du mal à recruter et 83% dans le tertiaire pour tous types de postes. Les dirigeants ne trouvent pas ce qu’ils recherchent ». La faute au système de formation “à la française” qui fabrique des jeunes non qualifiés notamment pour les métiers techniques et manuels. Sans compter le manque d’engouement de certains demandeurs d’emplois pour les postes en CDI ainsi que la pression frontalière (avec des salaires plus attrayants en Allemagne et en Suisse).

Après, on se demande ce qui freine la croissance…

Faut pas pousser

Au moins 4000 retraités ont battu le pavé des rues strasbourgeoises hier après-midi, pour protester contre l’augmentation de la CSG.  Mais l’irruption de Florian Philippot, ex-numéro 2 du Front National, fondateur du parti d’extrême droite Les Patriotes, qui a tenté de s’y insérer subrepticement, n’est pas passé inaperçue.

Il avait certainement égaré sa carte de syndiqué quelque part, ce brave Florian tout de trench vêtu et protégé par ses gardes du corps.

Le weekend HEB’DI

Pipol au menton

Igor Bogdanov comparaîtra le 6 mars prochain pour “violation de domicile” et “dégradation légère de biens privés”. Le 21 novembre dernier, l’ex-animateur télé s’était introduit par effraction chez son ancienne compagne, Julie Jardon.

Il a forcé le passage [de la maison, hein… ndlr] et est rentré chez moi. Tout de suite, je lui ai dit que j’étais en ligne avec mon compagnon. Mais il m’a arraché le téléphone, a insulté Nicolas puis a raccroché. Mon compagnon a aussitôt appelé la police qui est intervenue. À leur arrivée, Igor leur a déclaré qu’il ne sortirait de chez moi que par la force. J’ai alors décidé de porter plainte. Igor a été placé en garde à vue. Contrairement à ce qu’il prétend, il a bel et bien été menotté.”

La raison de ce geste ? La personnalité d’Igor Bogdanov selon Julie Jardon :« Igor est quelqu’un d’assez obsessionnel. Il est jaloux et possessif. »

Indépendamment du fait qu’il pourrait être l’arrière grand-père de son ex, le bel Igor illustre aussi, à sa manière, une génération qui passe directement de la maternelle à la maison de retraite et qui aura été incapable de s’assumer. Ceux qui voulaient “mourir avant d’être vieux” sont… vieux. Dites-leur, car ils ne le savent pas.

Air Finance

(affiche”Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?”, 1980©Paramount)

FR3 Toulouse nous apprend que la direction d’Air France a pris la décision de délocaliser une partie de son service informatique en… Inde !

 

Pour mémoire, les membres de la direction d’Air France se sont pris 360.000 euros de bonus (60% de hausse) et Air France emploie 700 personnes dans la région de Toulouse. Pour la première fois depuis 30 ans, tous les syndicats (SNGAF, Alter, FO, CGT, SNPNC, UNSA, SUD, SNPL, SNGAF et SPAF) se sont mis d’accord pour une action commune, ce qui garantit l’annulation d’au moins la moitié des vols !

Les seuls à ne pas râler, ou, disons-le carrément, à applaudir, sont les hedge funds (fonds de retraite) et intérêts étrangers – les seuls qui bénéficient des résultats records de la compagnie.

Ah, la France, ses fleurons industriels et leurs patrons, fines fleurs de la culture universaliste, et bla bla bla…

 83 %

Le chiffre clé est une addition … On retient que 83 % des sondés sont pour une renaissance de l’Alsace.

C’est le pourcentage des Alsaciens, d’après le sondage, qui sont « tout à fait favorables » (54%) ou « plutôt favorables » (29%) « à ce que l’Alsace renaisse et retrouve un statut de collectivité territoriale ». Rajoutons-y 2% d’abstention.”

Les DNA présentent les faits proprement et cela change de l’époque où l’on accusait de tous les maux les opposants à la grande région. Si vous croisez un journaliste, rappelez-lui tout cela.

Rue 89 n’aime pas le sondage

Mouton noir ou rebelle, Rue 89 Strasbourg s’amuse à démolir le sondage : « Rions un peu avec l’Ifop et son sondage sur la « renaissance de l’Alsace » »titre un premier article, s’attaquant à chaque détail du sondage.

Pour un peu, on aurait dit qu’ils avaient accepté une mission de la région Grand Est pour fournir des « éléments de langage » ! Voici qu’écrit Pierre France :

Bingo ! Et ça ne gêne pas l’Ifop de poser la question de la « renaissance de l’Alsace » aux personnes sondées, comme si elle avait disparu sous nos pieds. Il faut dire que les mêmes personnes avaient été bien préparées par une question précédente, qui leur demandait « leur sentiment face à la disparition de la Région Alsace. » Alors comme ça l’Alsace disparaît et personne ne nous prévient ? ”

Un second article intitulé « Refaire une Région Alsace ? Et maintenant une demande de référendum à Macron » prolonge l’attaque. La publication d’une photo d’une manifestation avec Philippe Richert, nous a bien fait sourire cependant.

Allez, camarades, à quand un Rue 6768 Alsace ?

Le droit d’asile déserte

Une trentaine de députés de la majorité présidentielle n’ont pas voulu se plier à la consigne du gouvernement : voter sans amender un texte portant sur le traitement des immigrés “dublinés”. Emmenés par Martine Wonner, élue LREM du Bas-Rhin, ils ont déposé, jeudi dernier, quatre amendements après le durcissement du texte au Sénat. Cette députée, il y a peu novice en politique et ancienne chef du pôle médical du Samu social de Paris, n’a pas réussi à faire adopter ces amendements.”

Ici, nous ne sommes pas tout à fait sûrs qu’elle soit en état…

J’avais échangé avec Richard Ferrand [président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, NDLR] avant d’envoyer un mail pour solliciter l’ensemble des députés. Il a validé cette démarche en me disant : « En plus, c’est un sujet que tu connais bien, vas-y ! »”

Ah ça, on n’en doute pas !

Blague à part, force est de reconnaître qu’il y a eu du travail sur ce dossier et qu’elle l’appréhende avec l’humanité qui s’impose. Interview à lire in extenso sur le site du JDD.

L’État de droit dans ses bottes

Tôt ce matin, les gendarmes ont commencé à évacuer la ZAD de Bure (dans la Meuse) où des opposant se sont installés pour lutter contre le projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires. 500 gendarmes en tout sont mobilisés pour l’évacuation du site de 221 ha. Ainsi, ils appliquent une décision de justice prise en avril dernier par le Tribunal de Grande Instance de Bar-le-Duc qui avait été saisi en référé par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).

« Dans un Etat de droit, les oppositions doivent s’exprimer de manière légale », a écrit sur Twitter le secrétaire d’Etat. De son côté, le chef de file des députés LREM Richard Ferrand a déclaré sur Europe 1 qu’il était « bien normal que l’évacuation ait lieu » pour ne pas voir perdurer « une période de non droit » comme cela a pu être le cas ailleurs en France.”

Suivez son regard !

Bure et Co

 Une quinzaine de militants ont été expulsés hier du bois Lejuc, dans la commune de Mandres-en-Barrois tandis que « la maison de Résistance » a été perquisitionnée dans la ville voisine de Bure. Ces deux sites étaient les points névralgiques de la contestation contre le projet de centre d’enfouissement de déchets nucléaires, le Cigéo.

Ce projet, mené par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs doit être construit à Bure et prévoit  entre autre des cheminées d’aération sur le site du bois Lejuc…et accueillerait jusqu’à 83 000 m3 de déchets nucléaires radioactifs (c’est-à-dire les déchets les plus dangereux, responsables de 99% de la radioactivité produite en France).

 Le gouvernement parle de concertation, mais en réalité il montre ses muscles et expulse, dénonce Jean-Marc Fleury, président de l’Association des élus opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs (Eodra). Cela fait plusieurs mois que cette logique est en cours, avec une série de procès contre des opposants.”

©Mathieu Cugnot

Tiens tiens, l’étendard de « l’Etat de droit » aura vite été ressorti de son placard ! Ou comment éviter le développement d’un nouveau et épineux Notre-Dame-des-Landes…

Comme d’habitude, on expulse à tour de bras, sans prendre le temps de se poser un instant la question : pourquoi tant de ZAD essaiment depuis ces dernières années ?  Pourquoi ce ras-le-bol généralisé des  grands projets de construction continue-t-il de faire des petits en France ?

Entre révoltes, utopies réelles et expérimentation, France culture prenait le temps de se pencher sur la chose en janvier dernier.

Côté politiques, on sent la Hulotte pas franchement à l’aise sur la question, surtout qu’une photo datant d’octobre 2016 circule sur les réseaux sociaux, le montrant brandissant fièrement un écriteau « Cigéo, Bure, je dis non ! ».

Triste spectacle que notre Hulotte qui tente bon gré mal gré de donner une cohérence à sa présence au sein du gouvernement. Quand ça colle pas, ça colle pas..

Palme de la crétinerie

La cathédrale de Strasbourg, notre belle demoiselle de dentelle s’est retrouvée affublée de tags « Ni Dieu ni maître » sur sa façade. Un dépôt de plainte a été déposé jeudi tandis qu’une entreprise de nettoyage spécialisée a été sollicitée par les services de la ville pour effacer les deux inscriptions.

La bêtise est infiniment plus fascinante que l’intelligence, infiniment plus profonde. L’intelligence a des limites, la bêtise n’en a pas”

(Claude Chabrol, toujours le mot qu’il faut…)

Le weekend HEB’DI

Arbeit macht frei

Amazon, vous savez cette entreprise philanthrope bien connue, a déposé un brevet pour un bracelet capable de surveiller le mouvement exact des mains des employés. Amazon affirme qu’il a été inventé pour guider l’employé dans ses tâches.

Prévu pour être porté près de la main, il émet des “vibrations”, comme il est expliqué dans les documents officiels relatifs à ce brevet. Amazon enchérit : « Placer ces équipements plutôt sur le poignet des employés leur permettrait d’avoir les mains libres et ne pas avoir les yeux rivés sur des écrans ».

Bien sûr, on va te croire ! D’ailleurs Amazon a toujours agi pour le bien-être de ses employés : cadences infernales, pauses minutées, interdiction de parler aux collègues pendant le travail, interdiction de rire, payés au lance-pierre, licenciés sans préavis pour les motifs les plus futiles, etc. Manquait plus qu’un joli bracelet (et qui vibre en plus !) pour qu’ils soient parfaitement heureux. Et puis, c’est bien connu, un manutentionnaire est con comme un cigare, au point qu’il ne sait pas où il met ses mains, un peu comme Harvey Weinstein.

Il y a quand même un truc intéressant : quand quelqu’un vous met la main aux fesses avec ce bracelet, ça doit être vachement bien!

En Marche au radar…

L’association anticorruption Anticor dénonce dans une plainte des soupçons de « favoritisme » dans le marché juteux des radars embarqués confié par l’Etat à des sociétés privées, a-t-on appris mercredi de source proche du dossier.

L’association a saisi le 18 janvier dernier le parquet national financier (PNF) pour demander une enquête sur les conditions d’attribution de ces nouveaux marchés visant à “externaliser” au privé le pilotage de voitures banalisées embarquant des radars automatiques.

Selon cette plainte, révélée mercredi par L’Express et dont l’AFP a eu connaissance, Anticor vise « deux marchés publics faramineux » passés entre l’Etat et la société Fareco, filiale du groupe de BTP Fayat, « en violation totale de la législation en matière de marchés publics ». Déposée contre X, elle vise indirectement le ministère de l’Intérieur et l’entreprise, comme bénéficiaire. Anticor épingle particulièrement un contrat d’un montant global de 53,8 millions d’euros passé le 1er février 2017 entre la place Beauvau et la société.

Comment faire réapparaitre l’Alsace sur la carte administrative française ?

La bonne question se pose ici et on découvre le développement de Jean Lachmann, ancien DGA de la Région Alsace. Voici ce que l’on peut lire dans la Gazette des Communes :

Je continue de revendiquer, dans l’organisation institutionnelle de nos territoires, une démarche de spécialisation des collectivités territoriales qui devrait laisser à la Région l’exercice de la compétence économique (au sens large) et qui demanderait de fusionner les (trop) nombreuses structures économiques sur le territoire, tout en maintenant aux Départements les compétences excellemment exercées comme l’action sociale, les routes et les collèges.

Nous ne pourrons probablement pas revenir à la Région Alsace d’avant la loi NOTRe de 2015, mais Il faudra tout mettre en œuvre afin que l’Alsace puisse (ré)exister pleinement. L’Alsace a été une région expérimentale et innovante, souvent en avance dans certains domaines. Restons exemplaires et en pointe en nous organisant en conséquence avec les meilleures chances de réussite dans l’intérêt général qui devrait être le seul objectif recherché d’une réorganisation territoriale.”

On comprend ici que chacun à sa recette et que l’absence de recettes communes fait le jeu de ceux qui ne veulent plus d’Alsace !

Parier sur l’Alsace ?

L’actualité s’entrechoque parfois et l’on apprend qu’un parieur a été arrêté. Voilà ce que nous apprend finalement L’Alsace :

Le service de police Courses et Jeux a procédé, mardi matin, à l’interpellation d’un jeune homme suivie d’une perquisition et de saisie de matériel informatique à Oberschaeffolsheim, a révélé, ce mercredi, le site internet francetvinfo.fr.”

Là, il a tenté de tricher. Un peu comme d’autres lorsque l’on parle de l’Alsace !

Un homme sur trois ! La haine de Haas

Pendant ce temps, la supposée féministe Caroline de Haas se lâche dans le Nouvel Obs :

Grâce au mouvement #Metoo, il y a enfin une prise de conscience de l’ampleur des violences sexuelles. Aujourd’hui, il est admis qu’une femme sur deux a été victime de viol, d’agression ou de harcèlement. En revanche, ce qui n’imprime pas, c’est la conclusion qu’il faut en tirer. A savoir qu’un homme sur deux ou sur trois est un agresseur.”

Haas… Au final, un mot qui en Alsace raisonne comme une certaine haine qui pousse à dire n’importe quoi (enfin, nous le pensons).

Bon, passons à autre chose. La vie réelle continue.

Electrique !

Ils sont encore inconnus en France, mais ils ont des convictions à revendre : Volt, le premier parti politique paneuropéen regroupant pour l’heure essentiellement des candidats-citoyens souhaite redynamiser l’Europe. Rebrancher la machine, revitaliser la vieille entité. Ce tout jeune groupement inauguré en mars 2017 se lance demain en France. Pour contrer la décision prise par le Parlement qui a voté contre la création de listes transnationales pour les élections européennes, le petit parti (qui n’en est pas un officiellement) prévoit de « présenter des candidatures dans les différents pays où il s’est implanté, via des partis nationaux comme Volt France ou Volt Italie, coordonnées par l’organisation-cadre Volt Europa. »

Ni de droite, ni de gauche, le mouvement a publié sur son site un manifeste qui détaille sa ligne politique (électrique).

Pardonnez l’enfant du siècle que je suis, mais je laisserai la parole à ce bon vieux Dumbledore, qui nous rappelle que « Même dans les moments les plus sombres, il faut se souvenir de rallumer la lumière. »  Tant qu’il ne s’agit pas que d’un petit feu de paille…

Tourisme glacé

Le gouvernement chinois a demandé à ses ressortissants  qui voyagent  en Antarctique de minimiser leur impact sur l’environnement, par le biais de nouvelles lois entrées en vigueur la semaine dernière. Les chinois ont donc l’interdiction « d’introduire des produits polluants, de rapporter des éléments naturels, de toucher ou nourrir les animaux, de laisser des déchets solides ». Ces derniers représentent la deuxième nationalité de touristes visitant le continent, derrière les Américains. De novembre 2016 à mars 2017, ils étaient 5 286 pour un total de 44 300 touristes, selon l’Association internationale des agences de voyage en Antarctique.

Car oui, l’Antarctique est en train de devenir une destination tendance !

Un voyage de Beijing jusqu’en Antarctique coûte en moyenne entre 60 000 yuan (9 500 dollars) et 130 000 yuan. Les activités proposées par les agences de voyage varient de l’observation des manchots et des glaciers à  la visite de centres de recherches chinois.

Une pensée aux manchots qui finiront sur les selfies de riches citoyens chinois… On n’arrête pas le progrès !

Sans papier

Presstalis a décidé de prélever 25% de l’argent des ventes de tous les journaux sur leur chiffre de décembre 2017. Sans prévenir, mettant en danger au moins une centaine de titres. Explications de l’Observatoire du Journalisme :

Les petits éditeurs de presse étranglés par les ponctions de Presstalis. Si les gros journaux n’y voient pas trop de problèmes en raison du risque que fait peser une éventuelle faillite de Presstalis sur la filière, pour les petits, un quart des recettes, ça représente 20 à 25.000 €, une somme énorme. Philippe Loison, président du Syndicat de l’association des éditeurs de presse, s’émouvait par courrier recommandé de cette décision brutale, assurant qu’elle allait « provoquer la cessation de centaines de titres et la disparition immédiate de plusieurs dizaines d’entreprises de presse ». Il s’en prenait notamment à la gestion interne de Presstalis : « nous devons imaginer que tous recevront leurs primes de fin d’année, leurs treizième voire leur quatorzième mois de salaire, tandis que nos confrères seront dans l’incapacité de payer les salaires de décembre de leurs collaborateurs et d’eux-mêmes, ni de régler leurs fournisseurs. »”

Cette idée lumineuse vient, pour ne pas changer, des crânes d’œufs qui gouvernent notre beau pays de cocagne fiscale, qui ont imaginé cette nouvelle taxe supplémentaire de 2,25% afin de sauver Presstalis. Du coup les journaux se sont organisés en “Collectif des Canards Plombés“: « (…) après avoir ponctionné 25% de nos recettes, Presstalis entend nous imposer, avec le soutien du gouvernement, une nouvelle taxe de 2,25% sur les ventes de nos titres. Cette ponction sur nos recettes aboutira à la disparition de milliers de titres de presse indépendants lus par des millions de lecteurs fidèles en France ».

Dans Mediapart, le journaliste Schwartzenberg accuse :

L’affaire Presstalis tourne au scandale d’État : « la direction de Presstalis, ses administrateurs à savoir Le Monde, Le Figaro, Le Canard Enchainé qui ont conduit l’entreprise à la faillite veulent que l’État finance leur reconversion numérique. L’affaire se résume ainsi: le Figaro et, dans une moindre mesure Le Monde, sont convaincus que le papier va disparaître à échéance de trois ans car ils ne sont pas capables, à défaut de la relancer, de la faire survivre. Pour gérer cette fin, les groupes de presse qui contrôlent Presstalis ont obtenu l’accord de principe de l’État pour qu’il accorde une dotation exceptionnelle de 160 millions d’euros ».”

Pour ceux qui ne s’en sont (et Dalida) pas encore rendu compte, faire vivre un journal local n’est vraiment pas de la tarte. On croit que c’est facile, mais ça ne l’est pas. Un journal local, c’est l’incarnation de la liberté, des libertés : de penser, de dire, de crier, de montrer. Ceux que l’ont qualifie de “grands titres de presse”, en général à couverture nationale, ne sont, malheureusement, que les porte-voix d’intérêts qui n’ont pas grand’chose à voir avec l’expression libre d’une pensée libre. Ils servent la soupe à des structures dont la vocation première et principale est de faire de l’argent, de la thune, des placements juteux, la seconde étant de nous anesthésier.

Ils invoquent la liberté de la presse qu’il s’empressent de fouler au pied dès lors qu’elle libère des concurrents. Ils tirent leurs revenus et leur gloire de leur dépendance financière. N’oublions pas que tous les organes de presse, notamment la PQR** qui porte de mieux en mieux son nom, sont “possédés” par des groupes bancaires ou industriels. Cela signifie que le salaire de ceux qui portent le titre rarement justifié de “journalistes” dépend directement du degré d’allégeance au proprio du journal. Ça donne une idée de leur indépendance, condition sine qua non de leur liberté.

On ne mord pas la main qui vous donne à manger, mais on se mord volontiers la queue.

 

*NMPP pour Nouvelles messageries de la presse parisienne : société commerciale de messagerie de presse chargée de distribuer des imprimés à travers un réseau de points de vente et de participer à la diffusion de la presse écrite. Elle est devenue Presstalis en décembre 2009.

**PQR pour Presse quotidienne régionale

(crédit photo cbnews)

Mercredi : Solidaire des salariés de la PQR, victimes collatérales du Grand-Est

EBRA : les ressources humaines morflent

« Une centaine de salariés en colère, essentiellement des personnels techniques du Républicain Lorrain et de l’Alsace et certains de leurs collègues du groupe Ebra, propriété du Crédit Mutuel, ont manifesté mardi 23 janvier 2018 devant le siège de la banque à Strasbourg.

Ils dénoncent les 59 licenciements mosellans qui vont accompagner le transfert “historique” de l’imprimerie du Républicain Lorrain, de Woippy (Moselle) à Nancy (Meurthe-et-Moselle). 70 licenciements sont également programmés au journal L’Alsace, à Mulhouse, selon les syndicats » nous rappelle France 3.

L’objectif est de faire des économies. Une question s’impose : à ce rythme ira-t-on un jour vers la fusion des titres ?

En attendant, vous pouvez soutenir un média libre comme l’air (https://www.hebdi.com/formules/).

Schiltigheim : Dark Vador contre les rebelles

Si nous avons un peu traité le sujet hier (https://www.hebdi.com/schiltigheim-pire-contre-attaque/), on n’en lit pas moins les Dernières Nouvelles du jour :

Il (Jean-Marie Kutner) reproche aux frondeurs de vouloir abréger le mandat en ne tenant pas compte du contrat passé avec les Schilickois. Et il laisse ses détracteurs assumer les conséquences d’une rupture définitive qui se solderait par une élection municipale anticipée. « La France est un État démocratique où le pouvoir s’acquiert par les urnes, c’est la légitimité électorale, et celle-ci est acquise pour six ans.»

Jean-Marie Kutner appelle toutefois les Schilikois « à un large rassemblement pour Schiltigheim » par le biais des médias et d’un courrier distribué hier. Un rassemblement sous quelle forme, si aucune élection n’est organisée ? Mystère.”

Si on a bien compris, le maire n’a plus la majorité au sein du Conseil Municipal, ni au sein de sa majorité, elle-même constituée originellement de sa propre liste.

Plus sérieusement, y aura-t-il une fête de la bière ?

Grand-Est : Jean Rottner, le roi Richert II

On a encore lu les DNA d’avant (http://c.dna.fr/politique/2018/01/21/rottner-le-grand-est-ni-factice-ni-artificiel). Là, Jean Rottner, le roi Richert II, nous explique la vie :

Le Grand Est n’est ni factice, ni artificiel, c’est une alliance du cœur et de la raison. C’est une réalité tangible.”

On notera que les vœux ont eu lieu à Metz, sans doute est-ce la mirabelle qui a inspiré ces propos. Pour nous le Grand-Est est factice (au sens où il s’agit d’une création autoritairement imposé) et artificiel (au sens où il rassemble des régions et départements dont le développement naturel et historique est particulièrement différent).

La ruse signée Rottner

Bien que souvent décalée, on lire la dernière livraison de l’Ovipal :

Ce positionnement de Jean Rottner sur le terrain de l’identité alsacienne a pour effet d’affaiblir l’impact du discours des départements, qui pour l’instant reste principalement centré sur l’économie et le tourisme. Cette prudence des départements en matière d’identité alsacienne a probablement pour but d’éviter que la revendication alsacienne ne soit assimilée aux revendications corses ou catalanes. Mais d’un point de vue régionaliste, l’économie et le tourisme sont moins mobilisateurs que la langue et la culture. Et si la région est plus en pointe que les départements sur ces questions, à quoi cela sert-il de vouloir renforcer ces derniers ? La suite au prochain épisode.”

L’article de Bernard Schwengler souligne que des batailles sont menées sur le fond, alors que les mouvements régionalistes sont inaudibles.

Et cela, on ne peut que le regretter.

Bon, ce n’est pas tout ! C’est l’heure de prendre le train pour aller travailler. Pourvu qu’il n’y ait ni crue, ni retard.

 

Le weekend HEB’DI

Lundi, vu par le Pr.Schmeer

Romantisme

Dans le dernier numéro du Chasseur Français il est dit que, cette année, la bécasse est à chasser avec modération.

Bon, ça va être compliqué, mais on va essayer…

Dans la même veine, on a aussi Voile Magazine (hors-série) qui propose les plus beaux mouillages vus du ciel…

Miam !

Romantisme encore

Un homme de 91 ans a tué à coups de canne une de ses voisines de chambre d’un Ehpad de Celles-sur-Belle (Deux-Sèvres), près de Niort, et blessé une autre octogénaire dans la nuit de mardi à mercredi.

Il se serait écrié : ” Yes I canne !”

Et vlan !

Selon l’Insee, les prélèvements obligatoires sur les ménages augmenteront de 4,5 milliards d’euros en 2018. Ce qui ôterait 0,3 % à l’évolution du pouvoir d’achat.

Voilà, c’était juste au cas où ça vous aurait échappé, vu que les journaux “zofficiels” et les télés d’infos ne se sont pas attardés sur le sujet…

Mardi, vu par AD

La pause café

Un établissement où l’on paie à l’heure et pas à la consommation a ouvert mi-décembre 2017 à Strasbourg. Une heure coûte cinq euros, une journée 25 euros. Vous n’y trouverez ni alcool, ni sodas mais du thé et du café à volonté et des salades, des fruits… « Les clients ont le droit de consommer des denrées apportées de l’extérieur et de se réchauffer des en-cas au micro-ondes mis à leur disposition ».

Une franchise venue de Paris et qui encourage le co-working, l’espace de travail partagé, avec wifi et imprimante à disposition. Une façon de mettre à profit le temps qui passe.

L’interminable crise

« Actuellement, le litre de lait on nous l’achète 32 centimes alors qu’il nous en coûte 34 centimes d’euros » déplore  Jean-Marc Breme, président de la Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles de Moselle (FDSEA). C’est pourquoi il fallait agir !

Cinquante éleveurs d’Alsace et de Lorraine ont décidé de créer leur propre marque de yaourt “A Güeter!”. Objectif : se rassembler face à la crise du lait qui n’en finit pas.”

Aujourd’hui, une centaine d’adresses distribuent A Güeter ! (Super U, Cora, Leclerc,…), dont le prix en rayon est 20 à 30% plus cher que les yaourts concurrents.« Mais, le lait est acheté 50 centimes le litre aux éleveurs participants tandis que l’industrie ne mise pas plus de 30 centimes ».

En 2018, le groupe prévoit de produire plus de 100 tonnes de yaourts (à Château-Salins, en Moselle), et souhaite s’exporter peut-être jusqu’en Allemagne. Le rebond qui permettrait de fédérer d’autres paysans lorrains et alsaciens afin de « redonner espoir » à tout un secteur en souffrance ?

Mercredi, vu par Id’Fuchs

Sur les routes secondaires

4800 morts sur les routes. Aux grands maux, les grands PV, les nouveaux radars et la nouvelle limitation de vitesse.

« Le gouvernement affiche sa fermeté : la série de dix-huit mesures dévoilée hier vise à réorienter à la baisse le nombre de morts et de blessés sur la route qui augmente depuis quelques années. Outre l’abaissement de la vitesse autorisée à 80 km/h sur les 386 000 kilomètres de routes secondaires bidirectionnelles sans séparateur » lit-on dans les DNA.”

Une telle mesure sauverait 400 vies par an ! 60.000 personnes meurent chaque année d’addictions et de drogue, 30.000 du diabète. On n’a pas entendu de mesures aussi fortes dans ces domaines. Bizarre !

Courage

« Cyril Jeanniard, pharmacien à Lapoutroie et Orbey, a été gravement blessé au dos, hier lors de la troisième étape, entre Pisco et San Juan de Marcona, au Pérou. L’Alsacien participait à son premier Dakar » écrivent encore les DNA.”

On lui souhaite un bon rétablissement ! Avec un peu d’humour noir, on se dit que s’il avait choisi de rouler à 80 km/h, il n’aurait peut-être pas eu d’accident !

PS : Dakar est bien en Afrique et non au Pérou !

Jeudi, vu par AF

Militant-isme

La vidéo d’une chanson (appelée « clip » du temps du Top50) du groupe Zweierpasch, intitulée «Stop Fessenheim» fait fureur depuis sa mise en ligne mardi soir : les deux jumeaux rappeurs du groupe, qui chantent en français et en allemand se sont filmés devant la centrale alsacienne pour en demander la fermeture. Ce faisant, ils reprenent les mots de François Hollande qui prônait carrément la fermeture de Fessenheim pour la fin 2016 : « Indignez-vous en Pays de Bade et en Alsace. Fermons la centrale, à l’attaque, payons d’audace. »

Comme quoi, des paroles aux actes, il y a vraiment un monde.

Industrie-isme

Qu’on se le dise, qu’on se le crie sur les toits, cette fois-ci c’est bel et bien officiel, « L’Allemagne ne réduira pas de 40% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020, comme sa chancelière l’avait promis » ! La preuve est à lire dans la presse suisse, entre autre :

A la frontière entre la Ruhr et les Pays-Bas, Immerath a dû déplacer ses 900 habitants et son cimetière en 2013 pour laisser la place à l’agrandissement d’une gigantesque mine de lignite à ciel ouvert. L’église détruite, plus rien ne s’oppose à l’extraction de ce charbon bon marché et très polluant, malgré des années de lutte de la part des militants écologistes. Immerath est ainsi devenu le symbole du triomphe du charbon sur les objectifs climat régulièrement affichés par Angela Merkel depuis dix ans.”

D’aucun se posent de légitimes questions : S’agit-il d’un brusque changement d’avis sur la question climatique (une façon de faire les yeux doux à Donald, qui sait ?) ou bien le double-jeu est-il une spécialité merkelienne ? On pencherait plutôt pour cette dernière explication, étayée par la rôle des lobbies : « En fait, ni la CDU ni le SPD ne sont animés de la volonté nécessaire, souligne le quotidien berlinois Tagesspiegel. Au sein des deux partis, des groupes de pression travaillent contre le climat. Au sein du SPD, ce sont les cercles proches des milieux industriels et les élus des régions charbonnières de Saxe-Anhalt, du Bas-Rhin, de Saxe et du Brandebourg »… Du Bas-Rhin ??? L’article ne va pas jusqu’à nous révéler qui sont ces bas-rhinois, industriels et élus, qui mettent la pression sur la chancelière. Un dossier à suivre, donc.

Vendredi, vu par Rosalie

Des plumes pour Donald

Le président des États-Unis doit passer, ce vendredi, sa première visite médicale. La Maison Blanche a tenu à rappeler que l’examen ne comportera pas d’expertise psychiatrique. Car depuis plusieurs mois, et à chaque nouveau comportement irrationnel du président, la presse américaine et mondiale en rajoute des tartines en invitant un ballet de psychiatres qui  « se vole dans les plumes, s’attaque, se contredit, et se justifie. »

A quoi rime un tel débat ? Il y a-t-il réellement besoin de psychiatres pour constater l’attitude totalement irresponsable et irrationnelle du président ?

Le psychologue Allen Frencès expliquait déjà en février 2017 que « les motivations psychologiques de Donald Trump sont trop évidentes pour être intéressantes, et les analyser ne mettra pas un terme à sa conquête irréfléchie du pouvoir. L’antidote à un Moyen Age trumpien dystopique sera politique, pas psychologique.»

Et toc.

Du pain et des jeux

Une idée de sortie en famille pour les passionnés d’histoire : dans le cadre du festival Historia qui se déroulera pour la première fois à Strasbourg, vous pourrez assister à des combats de gladiateurs ou au procès de Bonaparte, piloter un char de 14-18, vous balader dans une rue des années 40… C’est au Palais des Congrès de Strasbourg, du 16 au 18 février 2017.

Ramenez vos mamies, Stéphane Bern sera dans le coin !

Le weekend HEB’DI

Lundi 1er janvier 2018

Société de cons…omateurs.

Pour ceux qui ne savent pas et ceux qui ont oublié ce qu’est noël, je leur ai trouvé un site pour revendre leurs cadeaux de noël, puisque cet abruti de Père noël s’est gouré dans leurs commandes…

Il s’est peut-être aussi gouré d’époque ou de planète. Il croyait, comme moi, que Noël était la fête de la nativité, celle où on se retrouve en famille pour partager un bon repas sans se faire vomir, où on laisse prier ceux qui en ont envie sans les traiter de cons ou d’anti-laïcs, celle où on offre un présent aux autres (normalement qu’aux enfants), et où on accepte avec le plaisir de la surprise le présent que l’on reçoit sans avoir rien demandé au lieu de faire la gueule et de râler parce qu’on n’a pas eu ce qu’on voulait.

Mais j’ai peut-être rêvé, tout cela n’a jamais existé.

Sale chômeur, va!

Le député La République en marche (LRM) Sylvain Maillard a défendu jeudi 28 décembre l’idée d’un contrôle accru des chômeurs ne cherchant pas assez activement un emploi. Tout le blabla qui suit, vous le connaissez puisque vous êtes des gens intelligents au point de lire Heb’di.

Mais la façon dont les choses sont présentées interpelle quand même, un peu, quelque part (surtout au fond à droite)…

Il est donc tout à fait normal de considérer qu’un chômeur est d’abord quelqu’un de suspect, qu’il faut contrôler pour s’en assurer. Emmanuel Macron a-t-il croisé beaucoup de chômeurs sur les pistes de ski avant “d’assumer” ses propos sur les chômeurs ?

On peut donc penser sans scrupules excessifs qu’un chômeur est probablement un parasite, une entrave à la fluidité du marché et en cela un danger bien supérieur à un dealer, un chauffard, un fraudeur du fisc (ministre ou pas) puisque ceux-ci peuvent continuer tranquillement leurs activités sans avoir à fournir le moindre justificatif ou rapport. Il est vrai qu’ils ont une activité, eux!

Pr.Schmeerwurscht

Mardi 2 janvier 2018

Arsène Lupin mandaté par l’État

Pour faire face aux dépenses de plus en plus élevées de nos gouvernants, l’État français s’est doté d’un droit que s’était approprié le gentleman-cambrioleur : s’emparer de vos valeurs sur vos comptes bancaires. Eh oui ! On connaissait l’État escroc et magouilleur, maintenant on le connaît cambrioleur impuni. La raison en est simple : face à la parasitocratie politicienne de nos gouvernants, l’appareil législatif s’est doté de nouveaux textes permettant le vol de vos biens, en cas de crise bien sûr (un peu de moralité tout de même !).

Mais, c’est la Cour des Comptes qui a tiré la sonnette d’alarme en épinglant les salaires abusifs du haut personnel de Bercy. Alors qu’il est demandé au peuple de faire des économies et de se serrer la ceinture, l’argent de nos impôts est dilapidé dans des programmes et actions souvent dispendieux et apparemment inutiles au fonctionnement de notre pays.

Tant que les dépenses des gouvernements successifs ne diminuent pas, il ne sera pas possible d’équilibrer notre économie. La parasitocratie gouvernementale ne souhaite pas inverser la tendance dans les actes, car le projet de loi 2018 va dans le même sens. L’outil législatif permettra sans contrainte les « saisies sur salaires » ou sur retraites. Les fonctionnaires de Bercy n’auront qu’à modifier le taux de prélèvement que les entreprises et caisses de retraite appliqueront immédiatement…

Surtout, pas un mot au contribuable, rien ne sert de l’affoler : en effet, les dépenses sont partiellement financées par une dette équilibrée par des taux bas maintenus depuis une quarantaine d’années ! Mais attention, la tendance des taux s’inverse à la hausse prochainement. Cet avretissement restera pourtant sans conséquence sur la position de la parasitocratie qui reste attachée à son fastidieux train de vie. Le gouvernement ne pourra donc plus emprunter et sera contraint de taxer le peuple pour entretenir les privilèges de nos politiciens bien perchés.

La France, le pays des moutons de Panurge broutant sur des pâturages vaseux des Lois de la finance aura donc légalement mis fin à la propriété privée. L’impôt non consenti sera officiellement devenu du vol.

Toutes les expériences de suppression de la propriété privée ont toujours conduit à des désastres économiques. Mais, comme le dit Simone Wapler (journaliste à Contrepoints), « même dans de telles circonstances, la parasitocratie a toujours su prospérer : ne vous inquiétez pas pour elle… ».

André Tosi

Mercredi 3 janvier 2018

Knacks, Business et Politique

Le Point titre sur le « réseau régionaliste » des Alsaciens à Paris. On lit cela :

Une fois par mois, des Alsaciens influents se réunissent dans un immeuble des Champs-Élysées. Au programme : knacks, business et politique.”

On s’en réjouit mais on aimerait aussi que ces gens-là pensent à agir de l’autre côté du col de Saverne, en soutenant celles et ceux qui se battent depuis longtemps pour défendre une Alsace unie, faire entendre un autre son de cloche et financer ceux qui ont tout donné pour faire barrage à la réforme territoriale.

Alsacienne harcelée

Que vous est-il arrivé avec Charles Dutoit ?

« Cela remonte à mars 1995. Il m’avait engagée sur audition en tant que directeur musical de l’orchestre national de France pour interpréter Mélisande (dans Pelléas et Mélisande de Debussy, NDLR), au théâtre des Champs-Élysées. Dès les premières répétitions à la Maison de la radio à Paris, il a commencé à être très lourd. Des allusions appuyées, des propositions d’aller voir ses estampes japonaises, des messages insistants sur mon répondeur. Au bout d’un moment, il a été exaspéré de voir que je faisais mine de ne pas comprendre. À partir de là, il a commencé à m’humilier devant l’orchestre, remettant en cause mes capacités artistiques. Il essayait de me déstabiliser. Jusqu’au jour où on s’est croisés dans un couloir. Là il m’a plaqué contre le mur, il m’a pelotée et m’a embrassée de force. Je me suis débattue et j’ai réussi à me sauver »”, déclare la Soprano strasbourgeoise Anne-Sophie Schmidt dans l’Alsace.

Merci à elle de briser l’omerta.

Id’Fuchs

Jeudi 4 janvier 2018

La France, pour de vrai

Ça devait arriver un jour ou l’autre, cette fois ça y est : la diversité de la population française est de plus en plus visible sur nos écrans, selon le baromètre annuel du CSA, publié aujourd’hui ! On peut objectivement dire, comme le journaliste de Ouest France, qu’il y a « du mieux en matière de représentation de la France dans toute sa diversité à la télé.»

Pour en arriver à cette conclusion, 17 chaînes de la TNT gratuite ainsi que (Canal +) ont été passées au crible :

Plus de 50 600 personnes s’exprimant à l’écran (…) ont été analysées par le CSA, en fonction de leur sexe, origine, âge, catégorie socio-professionnelle. La situation de précarité a aussi été prise en compte… Jour polaire (Canal +). Ou Une famille formidable (TF1). « Une série qui montre des personnes d’âges différents, qui visiblement ont des racines ailleurs, d’autres qui sont en situation de handicap. Un modèle du genre. »”

Détails des chiffres à découvrir au fil de l’article, pour comprendre comment la télé se veut le miroir de notre degré d’acceptation de ce que nous sommes.

Nom de nom de non

Alors que le changement de nom du FN « semblait acté il y a encore quelques mois, après l’échec de la présidentielle et la débâcle des législatives », il se dit aujourd’hui que l’on préfère garder le nom historique. C’est en tout cas la tendance qui se dégage des 28.000 questionnaires sur la refonte du FN renvoyés au siège du parti par les adhérents…

Quand vous êtes déçu de votre équipe après une défaite, votre réaction première est-elle de changer la couleur des maillots ?

AF

Vendredi 5 janvier 2018

Avis d’hiver

Après l’annonce grandiloquente d’Emmanuel Macron qui déclare vouloir punir par la loi la diffusion de fausses informations en période électorale, une fois n’est pas coutume, Marine se pose en Marianne pour défendre la liberté d’expression.  Elle qui ne rechigne pas à utiliser les fake news, ça nous aurait étonné…

 «La France est-elle toujours une démocratie si elle muselle ses citoyens ? Très inquiétant !», tweete la présidente du Front National. Dommage, ça sonne creux : elle ne Trump plus grand monde…

En attendant, le projet d’une loi punissant les fake news, lui, ne plait pas aux journalistes, comme le rappelle l’éditorial du Monde d’hier :

« Une chose est, comme l’a fait sentencieusement Emmanuel Macron mercredi soir, de donner une leçon de journalisme sur « les propos d’antichambre » – que lui-même et son équipe ne dédaignent pas de dispenser par ailleurs –, qui ne sauraient rivaliser avec « l’expression publique ». Une autre est de fixer un cadre juridique contraignant pour « imposer des obligations de transparence » aux plates-formes du Net, « afin de rendre publique l’identité des annonceurs et de ceux qui les contrôlent ». Ce type d’ambition législative, dans un domaine aussi mouvant et complexe que les technologies numériques et sur un sujet aussi crucial que la liberté de la presse, est par nature périlleux. »

A méditer…

Faits d’hiver

Ce serait drôle si c’était pas aussi triste : des requins du Massachussets ont été retrouvés morts, échoués sur la plage et gelés par le froid extrême qui touche les Etats-Unis. On suppose que le clown a la tête du pays y verra là la preuve vivante (ou morte plutôt) que le réchauffement climatique est un complot fomenté de toutes pièces…

Rosalie