Lundi : Dans le sens de la marche

Justice league

Le Canard nous informe d’une évolution dont à peu près personne n’a entendu parler : une mainmise accrue des procureurs, en particulier l’extension des intrusions dans la vie privée. En effet, un projet de réforme de la justice prévoit d’autoriser les écoutes téléphoniques, même pour les infractions punies de 3 ans, c’est-à-dire toutes. Et ça vise non seulement l’éventuel délinquant, mais aussi sa famille, ses proches, ses amis seront écoutés et localisés.

C’était juste pour vous rappeler que nous vivons dans un monde libre…

Rapsoda in blues…

Encore une petite info pour vous faire comprendre à quel point notre société est évoluée, une société où le bon sens fait loi.

“C’est une maladie liée à la « malbouffe » qui touche surtout les personnes diabétiques ou obèses “, dit le professeur Patrick Marcellin, professeur d’hépato-gastroentérologie à l’hôpital Beaujon, à Clichy.

Au départ, elles développent une stéatose – elles ont un foie devenu gras. « La plupart du temps, ça reste bénin. Mais chez 10 à 20 % des patients, cela peut évoluer vers une inflammation. Et dans 10 autres pour cent des cas, vers une forme plus sévère, avec un risque de cirrhose ou de cancer », souligne le Dr Serfaty.

Je vous fais grâce du reste et n’ajouterai que ceci : Burp !

Oh, la barbe !

Sous la pression d’un ancien petit ami maître-chanteur, Conchita Wurst, la chanteuse travestie barbue et inoubliable gagnante du Concours Eurovision 2014, a révélé sa séropositivité sur son compte Instagram la nuit dernière. L’autrichienne dit vouloir ainsi lutter contre la stigmatisation des personnes porteuses du VIH.

Parce qu’aujourd’hui comme hier, il y a des maladies “honteuses”. Au moins une chose qui ne change pas, me direz-vous.

 

Vendredi, la phase Thatcher

Sermon à la fac

Ce lundi 9 avril, les étudiants de l’université de Strasbourg ont eu l’agréable surprise de recevoir dans leurs boîtes mail universitaires un message du directeur de l’université appelant à la cessation du blocus des bâtiments par des étudiants mobilisés contre la réforme de l’université et de Parcours Sup. Dans ce message, M. Deneken (par ailleurs théologien et  prêtre catholique, on ne se lassera jamais de vous le répéter) ne cache aucunement sa sympathie pour la réforme instituée par le gouvernement, ni son mépris pour les étudiants mobilisés « sous prétexte de protestation ».

Quant au principe de neutralité et d’équité, il a dû l’égarer à la dernière messe de Pâques. Car cette liste de diffusion numérique qui peut toucher 50 000 adresses mail d’étudiants, seule la communication institutionnelle y a accès.

Alors autant vous en faire profiter aussi, car plus on est de fous plus on rit ! En voici un des meilleurs passages :

 « Pour la troisième fois en quelques semaines, l’université est victime d’un blocage mis en place par quelques dizaines d’étudiants. À l’heure où je vous écris, le Patio et le Nouveau Patio sont rendus inaccessibles sous prétexte de protestation, entre autres, contre la loi « Orientation et Réussite des Étudiants? Sur le fond, il faut rappeler que cette loi n’amènera pas de sélection dans les licences générales, mais une priorisation des candidatures en fonction de la réussite des étudiants. Tous les bacheliers continueront de pouvoir accéder à l’enseignement supérieur, et nous avons augmenté nos capacités d’accueil en ce sens. »

 “[…] Pas de sélection mais une priorisation des candidatures en fonction de la réussite des étudiants”.

Dans l’administration universitaire aussi, on a des experts en paraphrase et autre pirouette langagière.

La messe est dite

Et pendant ce temps-là, notre président de la République a brillé par son discours-brosse-à-reluire prononcé le lundi 9 avril au Collège des Bernardins. Il a entre autre affirmé la nécessité de réparer « le lien entre Eglise et Etat » qui aurait été abîmé.

Heureusement pour nous, à Strasbourg, nous avons un prêtre à la tête de l’université qui n’hésite pas à faire appel aux services de répression de l’Etat contre ses propres étudiants.

Dieu soit loué.

 

La pelle, le seau et le rateau

Alors que le site de Notre-Dames-des-Landes a été évacué en début de semaine, l’heure est à la défense intellectuelle des Zones A Défendre, ces laboratoires de notre monde moderne où germent des idées vertes, des alternatives politiques et philosophiques à la culture dominante.

Ainsi lit-on sur Libé les jolis mots du sociologue Marc Hatzfeld :

« Merci aux zadistes de Notre-Dame-des-Landes et d’ailleurs pour la leçon infligée avec clarté mais sans haine aux blancs-becs qui nous gouvernent armés de certitudes si naïves dans les vertus de la concurrence et de croyances si sommaires dans les miracles de technologies à venir.

Merci aux zadistes d’avoir gagné pour nous, et toujours en riant, une bataille contre l’exiguïté politique des pète-sec de sous-préfecture comme des chevaliers aux tristes figures de la raison d’Etat. Merci pour les oiseaux qui sont nos proches cousins et pour les bosquets de frênes qui sont nos vigiles. Merci pour les abeilles, pour la ferme des Cent noms, pour l’auberge du Liminbout. Merci d’avoir tracé pour nous une histoire des batailles paysannes contre la maladroite cupidité des gens des villes. Merci de nous avoir rendu vive et tentante une idée des communs qui invite la joie dans la politique. »

Visibilité réduite

Depuis le début de l’intervention des forces policières à Notre-Dame-des-Landes, plusieurs journalistes soulignent le problème de l’accès aux lieux où se déroulent les affrontements. La gendarmerie propose des images « libres de droit » aux rédactions qui le souhaitent.

« En clair, les médias sont interdits de filmer les affrontements, et doivent se contenter des images officielles fournies par les forces de l’ordre. Ils sont également escortés en dehors de la zone où ont lieu les heurts. Le journaliste de France Bleu Antoine Denéchère a indiqué que “la gendarmerie envo[yait] par mail les vidéos et photos de l’opération en cours”. Il sera donc vraisemblablement difficile de se faire une idée pour l’observateur neutre : tandis que le porte-parole du ministère de l’Intérieur a évoqué des “affrontements peu intenses” entre les 2.500 gendarmes mobiles et 30 à 50 zadistes, les occupants de Notre-Dame-des-Landes ont tenu un point presse dans lequel ils déclarent ressentir une “vive émotion après cette opération brutale qui met à mal le dialogue qui commençait avec la préfecture. »

Alors sur la twittosphère, on rit jaune :

Des CM1 sur Mars

Les professeurs des écoles fourmillent encore d’idées, comme le montre le projet pédagogique d’Erwan Vappreau, enseignant en primaire en Ille-et-Vilaine. Biologiste de formation, il a travaillé dans des associations de diffusion de la culture scientifique avant de devenir prof. Cette année, l’idée est aussi ambitieuse que poétique :  construire avec sa classe de CM1-CM2 une station spatiale pour vivre sur Mars ! Travail de recherches, interview d’astronautes, d’ingénieurs et d’astrophysiciens, réalisation de dessins et de plans détaillés, il ne s’agit pas d’une blague, et tout cela demande beaucoup de travail ! Pour réunir les fonds suffisants pour investir dans une imprimante 3D, Erwan Vappreau a lancé un crowdfunding. A découvrir avec des étoiles plein les yeux  par ici.

Cosmiquement vôtre,

Rosalie

Nous traversons une zone de turbulences

Le plastic c’est fantastique

Pour le Parti Communiste français, les poupées de taille presque humaine sont des “prostituées en silicone” et la “salle de jeu” est, en fait, une “maison close de nouvelle génération”: les élus communistes vont donc demander la fermeture de l’entreprise Xdolls, dans le XIVe arrondissement, “première du genre sur le territoire français”, car elle “détourne la loi en proposant aux clients dans un lieu clos des prostituées en silicone”.

Selon Nicolas Bonnet-Oulaldj, l’établissement qui a été ouvert sous statut de “salle de jeux”, propose des poupées louées à l’heure, qui “renvoient une image dégradée des femmes, avec des ambiances sonores qui peuvent évoquer le viol”.

L’année où les libertaires de tous poils (enfin, ceux qui en ont encore) vont célébrer mai 68, c’est pour le moins cocasse ! Et d’ici que le PC demande aux clients de l’établissement trois Avé et 4 Pater, y’a plus très loin…

Ben dis dong !

Mais où va tomber Tiangong-1, la station spatiale chinoise ? Et quand cela va-t-il se produire ? Après en avoir perdu le contrôle, la Chine assure que sa rentrée atmosphérique se fera sans risques. Mouais. Parmi les zones où les risques sont les plus élevés que des débris tombent, figure l’extrémité méridionale de la France et la Corse…

(photo issue de http://bandwidthblog.com)

Actuellement, Tiangong-1 (le « Palais céleste 1 » en chinois) navigue en orbite de plus en plus basse, aujourd’hui à quelque 250 kilomètres au-dessus du sol. Chaque semaine, elle s’enfonce de six mètres dans la haute atmosphère, se rapprochant de plus en plus du point où elle entamera sa rentrée atmosphérique, se transformant en boule de feu. Des spécialistes ont calculé que cela devrait se produire au cours des prochaines semaines, autour du 3 avril (plus ou moins une semaine), vraisemblablement entre le 30 mars et le 6 avril, selon les dernières prévisions du Bureau des débris spatiaux de l’ESA. Mais où ?

Sous une ligne imaginaire passant par Toulon, Perpignan et Lourdes, on entre dans la zone à risque. La station spatiale survole les régions les plus peuplées du monde, ce qui n’est pas sans interpeller. Bref, le risque existe mais il reste faible. Il est de l’ordre d’un sur 10.000 de toucher quelqu’un. À cela s’ajoute le fait que le module orbital va se disloquer au cours de sa chute et ainsi s’éparpiller en petits morceaux moins menaçants.

Bon ben , y’a plus qu’à attendre… Moi, je vais prévenir mon ami Paco Rabanne pour que, pour une fois, il se trouve au bon endroit quand un vaisseau spatial se casse la gueule.

Orwell, p’tit joueur.

Chinoiseries encore…

La Chine travaille depuis 2014 sur un système d’évaluation de ses propres citoyens programmé pour être mis en place en 2020 et qui vise à récompenser les bons comportements et à punir les mauvais via un système de points. La mise en place a déjà commencé : dès le 1er mai 2018, les Chinois ayant une mauvaise « note sociale » se verront interdire l’achat de billets de train ou d’avion pour une période pouvant aller jusqu’à un an, a fait savoir Pékin vendredi dernier.

Lors du Chaos Communication Congress (CCC), l’une des plus importantes conférences de hackers qui se tenait en décembre 2017 à Leipzig, la chercheuse Katika Kühnreich avait présenté les résultats de ses recherches sur le sujet.

D’après elle, un tel système fonctionnera en exploitant les mécanismes du jeu, tels que les scores et la comparaison entre amis, pour devenir un insidieux mais très puissant instrument de contrôle social. Il combinera les données de plusieurs outils existants, dont ceux déployés par les géants du Web Alibaba, Tencent et Baidu.

Elle estime qu’un tel projet de surveillance pourrait être étendu à d’autres pays :

« Il y a une forte tendance actuelle à vouloir résoudre les problèmes de société avec des solutions technologiques, ou du moins, de tenter de le faire, explique-t-elle. Cela se produit actuellement en Chine, mais nous sommes loin d’en être exemptés en Occident »

On cite en permanence “1984” d’Orwell pour décrire la société actuelle. Pauvres de nous, car “1984” est dépassé depuis longtemps… et à l’insu de notre plein gré comme disait l’autre, à moins que ce ne soit de notre plein gré ? Personnellement, je pense que oui. Notre abrutissement général, notre couardise, notre goût immodéré pour le moindre effort, notre complaisance dans le confort douillet et facile, notre lâcheté grandissante, notre flemme, bref, tout ce qui fait le charme de l’Homme Moderne Progressiste a contribué à bâtir cette société qui nous enferme de plus en plus dans un espace étriqué où la liberté n’est qu’une illusion entretenue par les faux-semblants de la Comm’ et de l’importance que les réseaux sociaux font mine de nous donner.

L’hôpital qui demande la charité

« Ras-le-bol », « découragement », « perte de sens » : les mots du malaise de l’AP-HP (Hôpitaux de Paris) sont relayés dans tous les médias.

Parmi les 12.400 médecins et les 53 800 personnels des 39 établissements du « navire amiral » de la santé publique en France, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer un hôpital au bord du « désastre ». L’hôpital public, pour elles, c’est terminé.

Ils et elles sont des dizaines à baisser pavillon devant le désastre annoncé.

“Pour payer mes études, j’avais bossé à McDo. Toute la journée, on entendait : “On y va ! On y va !” J’ai retrouvé ça au bloc ces dernières années. On n’a plus le temps de discuter avec les patients angoissés avant une opération… », dit une infirmière.

Les personnels médicaux sont à bout, les soins de moins en moins remboursés, les patients meurent d’infections contractées à l’hôpital même, voire d’une attente prolongée aux urgences quand ce n’est pas d’une erreur de diagnostic.

Malgré l’ampleur du malaise dans le secteur de la santé (il n’y a pas que les hôpitaux) – au point que les français qui ne renoncent pas aux soins faute de moyens ont la trouille de se retrouver à l’hôpital – malgré un manque flagrant de moyens humains, technique et financiers, les pouvoirs publics font l’autruche. Pire : non seulement ils encouragent le “fonctionnaires-bashing”, mais ils aggravent délibérément la situation, puisque la ministre de la santé exige, pour 2018, un effort supplémentaire sous la forme d’une économie de 2 milliards !

On chercherait la révolution qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Hold up

Les garanties locatives qu’un locataire verse habituellement à son propriétaire au moment de la signature du bail pourraient bientôt être gérées par la Caisse des Dépôts ! C’est ce qu’on appelle une bombe.

Un rapport publié sous le précédent gouvernement propose de transférer à la Caisse des Dépôts (CDC) les milliards d’euros de garanties locatives versés par chaque locataire à son propriétaire à la signature du bail.

Le montant atteindrait les 5,7 milliards si on y ajoutait les garanties du parc social. Une manne considérable qui passerait donc du portefeuille des bailleurs et de leurs gestionnaires à celui de l’État. L’objectif de ce transfert serait de minimiser les litiges entre les propriétaires et les locataires. Il permettrait surtout de financer la transition énergétique et la politique du logement.

Cette réforme n’est pas officiellement à l’ordre du jour du gouvernement mais il s’agit bien d’une piste de réflexion.

Pas sûr que ça relance l’investissement locatif…

 

La poussière va encore finir sous le tapis

Après les politiques et les grands patrons…

La vie duraille

Le préfet Marx contre une nouvelle région Alsace !

La lecture d’un article récent de Yolande Baldeweck, paru dans les DNA est édifiante… ou pas !

Qui parle ? L’Homme, âgé de 63 ans, né à Metz en 1954, à quelques temps d’un retraite bien méritée ? Le serviteur de l’Etat espérant une ultime décoration ? Les deux à la fois ?

Dans les faits, l’homme est dans son rôle de « Consul jupitérien » dans les Marches de l’Est. Il exprime la force « parisianiste », le centralisme administratif et la pensée « marchiste ». Il rappelle aux Alsaciens que le pouvoir est parisien et que la pensée divine ne peut venir que de l’Elysée.

(manche du costume de préfet – photo©rama)

L’histoire revisitée

Il trafique un peu l’Histoire cependant. Par méconnaissance ou oubli, il ne se souvient pas des Alsaciens qui résistèrent à celles et ceux qui s’en prirent à leur « âme alsacienne ». De quelques rois de France à l’arrogante Germanie.

Il oublie au passage des élus Lorrains et autres qui expriment un refus du Grand-Est, allant jusqu’à s’opposer dans les médias à la région ou jusqu’à déposer une modification de la loi.

Il précise : « les voisins du Rhin supérieur apprécient de discuter avec les représentants d’un territoire plus large » ; oubliant que ces dernières apprécieraient surtout que les réunions avec « les Français » se fassent à compétences et budgets égaux.

Un temps, un observateur « germain » nous rappelait que lors de réunions avec « les Français », il arrivait qu’il y ait un représentant d’un land voisin, ayant face à lui, un représentant de l’Etat Français, un autre de la Région, un du ou des départements et un dernier de la grande ville française concernée.

On notera simplement que le Préfet Marx applique en fait les ordres qu’il reçoit de Paris.

Qu’en disent les élus ?

Enflammé, Eric Elkouby, l’élu PS, a cru bon faire du zèle devant le préfet. Il en oublierait presque la trempe reçue dans une circonscription travaillée depuis des années par ses camarades.

« L’Alsace n’est pas la Corse » a-t-il déclaré ! Il a raison, en Corse, on condamnerait un élu qui met le feu au maquis.

Rendons à Olivier Bitz, désormais LREM, la lucidité de mentionner le rejet du découpage et la mention d’un « oui à un statut particulier au sein du Grand Est, oui à des compétences transférées par l’État, oui à des compétences transférées par la région ».

Le préfet Marx, en bon soldat, aura prêché pour Jupiter.

Aura-t-il entendu Frédéric Bierry évoquer son combat pour une « start-up territoriale, pleinement transfrontalière et européenne » et Bernard Fischer dénoncer « cette ineptie de l’histoire »?

Les ambitions macrono-compatibles de Sylvain et Jean

On aura bien compris que l’avenir de l’Alsace se heurtera aussi aux ambitions de Sylvain et Jean … Sylvain Waserman et Jean Rottner. Le député conseiller régional s’imagine sans doute un avenir strasbourgeois tandis que le maire de Mulhouse et président du Grand Est, l’Estrosi Alsacien, doit se rêver ministre, récompensé pour sa fidélité aux oukases parisiens.

Il importe donc de faire de ces deux adjoints de Philippe Richert les responsables des atteintes à l’Alsace.

En marche avance contre l’Alsace pour le moment, les plus constructifs des LR aussi.

Reste à savoir, s’il existe, en politique, des gens sérieux pour faire avancer la cause alsacienne, en dehors de quelques retraités, de personnalités en mal d’ego et d’autres cumulant ces deux défauts.

Vaste question…

Barbara DesVilles

 

Pas de temps à perdre pour des broutilles !

Assemblée nationale : RIEN ne va changer

Par Bernard Zimmern.

Cela fait un demi-siècle que l’on nous fait croire que les lois sont décidées par nos parlementaires, alors que pratiquement tout ce qui est important est décidé par les hauts fonctionnaires énarques de Bercy, et les grands débats dont nous amusent nos médias ne sont que des mises en scène.

Par exemple, le budget donne lieu à des affrontements multiples de septembre à décembre mais le total des prélèvements votés diffère rarement de plus de 1 pour 1.000 du total des prélèvements décidés par Bercy dans le projet mis en discussion.

C’est que le Parlement est entièrement entre les mains de la haute administration qui constitue la dictature qui gouverne notre pseudo démocratie.

Ceci ne pourra qu’être renforcé par le fait qu’à la présidence figure maintenant un inspecteur des finances, l’un des grands corps de l’ENA qui charpente cette dictature.

Comme par le passé, les fonctionnaires seront largement surreprésentés et la voix des entrepreneurs restera minoritaire. Dans la précédente législature, toute réforme touchant des fonctionnaires et notamment celles sur la dépense publique, étaient très difficiles puisque l’Assemblée comptait 188 fonctionnaires – soit un tiers des effectifs – qui trouvaient très aisément des alliés chez les autres élus : les députés liés familialement ou par le métier à la fonction publique. Cela assurait une majorité de blocage et la maîtrise de commissions clés comme celle des finances. Avec 130 fonctionnaires dans la nouvelle Assemblée, le blocage sera moins facile mais 22% représente un poids encore considérable, et auquel il faudrait en réalité ajouter tous les salariés issus d’associations ou entreprises parapubliques. Au total, les réformes touchant l’Administration ne passeront pas sans de fortes résistances législatives.

En effet, la fonction publique française est la seule fonction publique d’Europe où un fonctionnaire élu qui ne retrouve pas son siège après une nouvelle élection peut être repris par son administration d’origine tout en ayant progressé en grade et en retraite. Les chefs d’entreprise qui se présentent à la députation abandonnent eux des positions importantes pour leur avenir ou le revenu immédiat sans aucune compensation. Ce déséquilibre est connu de longue date mais on attend toujours un texte qui obligerait un fonctionnaire élu à démissionner.

Le nouveau pouvoir s’acharne pour que l’indemnité qui permet de rémunérer des collaborateurs ne puisse être utilisée par les membres de la famille alors que le vrai problème français est qu’avec 9.000 euros de crédits, un parlementaire ne peut rémunérer que 2 collaborateurs dont l’un est indispensable pour le représenter dans sa circonscription et l’autre, qui est totalement insuffisant, pour lui permettre de se faire une idée des textes qu’il est amené à voter, encore moins pour assumer la rédaction de projet de réforme ou même remplir valablement les responsabilités de contrôle que lui confie pourtant la Constitution.

Celle-ci a prévu que le contrôle de la dépense publique soit réalisé simultanément par la Cour des comptes et, en parallèle, des parlementaires, membres de la commission des finances, dits rapporteurs spéciaux en charge du contrôle d’une administration. Mais il leur est interdit de se faire assister dans ces contrôles par d’autres personnels que les administrateurs de l’Assemblé. Comme un rapporteur spécial ne dispose que d’un demi administrateur, que c’est celui-ci qui est amené à faire ce rapport de contrôle et qu’il n’a pas le temps, il est amené à déléguer ce travail à Bercy, qui lui-même le délègue au ministère contrôlé.

Lorsque, avec un parlementaire de la commission des finances, nous avions cherché à permettre à un rapporteur spécial de se faire assister, nous nous étions heurtés à la résistance de toute l’organisation de l’Assemblée, qui vit du système, à commencer par les administrateurs de l’Assemblée qui avaient menacé de se mettre en grève si cette réforme était votée.

Pour compléter sa maîtrise du Parlement, Bercy s’était arrangé pour que ce soit un énarque qui soit rapporteur général du budget, c’est-à-dire l’homme qui vise tous les textes fiscaux et financiers et que cet homme soit à ses ordres ; Bercy le tient en lui fournissant l’assistance technique lui permettant de maîtriser les dizaines ou centaines d’amendements arrivant sur son bureau. La complexité des codes fiscaux et sociaux est telle qu’un parlementaire moyen est incapable de porter un jugement sur la multitude des textes qui lui sont présentés.

Il ne peut donc passer à l’Assemblée nationale ou au Sénat que des textes qui ont l’aval de Bercy.

Avec à la tête de l’État Emmanuel Macron, un éminent membre de l’oligarchie des inspecteurs des finances qui gouverne Bercy, on peut douter que le comportement de la nouvelle Assemblée, c’est-à-dire son impuissance vis-à-vis de la dépense publique et du vote des textes fiscaux soit très différente de celle des Assemblées passées.

Comme les députés sont nouveaux, ils seront entièrement dépendants des administrateurs qui leur seront affectés pour les assister et cette nouvelle Assemblée sera de ce fait beaucoup plus malléable.

Ancien élève de l’École polytechnique (promotion 1949) et de l’ENA (promotion 1955), Bernard Zimmern travaille 6 ans chez Renault, puis 10 ans à la Cegos comme directeur du département Recherche et Développement. Il fonde et préside les sociétés Omphale et Single Screw Compressor Inc. aux Etats-Unis, qui développent ses inventions de compresseurs rotatifs, pour lesquels il dépose plus de 500 brevets. Il reçoit en 1977 la médaille d’or de l’Institute of Refrigeration (Londres), qui récompense les contributions les plus remarquables à l’industrie de la réfrigération

Son expérience américaine lui fait découvrir le rôle des think-tanks dans la société civile et dans l’économie, et il fonde donc en 1985 sur ses fonds propres l’iFRAP, dédié à l’étude des politiques publiques. Il est le président d’honneur de ce think tank reconnu d’utilité publique en 2009, aujourd’hui dirigé par Agnès Verdier-Molinié. Il reçoit en 1999 le « Prix Renaissance de l’économie », attribué par le Cercle Renaissance, présidé par l’économiste Michel de Poncins, pour la fondation de l’iFRAP.

Il est également l’un des fondateurs de l’association Contribuables associés.

Il fonde en 2012 le site « Emploi 2017 », qui publie des articles de chefs d’entreprises luttant contre les obstacles à la création d’entreprises, pour permettre le développement de l’emploi. En 2012 enfin, il fonde l’IRDEME, l’Institut de recherche pour la démographie des entreprises.

Bernard Zimmern est l’auteur de plusieurs essais sur les problématiques de l’emploi.

(source Wikipédia)

Pour toujours avoir le projet d’un contrat :