Alsace vs Grand Est : Valérie Debord … La kitsch lorraine

Valérie Debord, cette inconnue

Commençons par la protagoniste : Valérie Debord ! L’élue aujourd’hui de droite commence sa carrière au CELF, le Collectif des étudiants libéraux de France, proche de l’UDF. Elle sera présidente des Jeunes UDF.

Sa carrière toujours la mène à l’UMP en 2002. Elle est aussi membre du Siècle. Chevalier de la Légion d’Honneur (on n’a pas trouvé pourquoi), elle est vice-présidente du Grand-Est sous Philippe Richert et sous Jean Rottner.

Si certains la voient président du Grand Est lors d’une alternance entre alsaciens et lorrains, elle est surtout à ce jour président du Groupe Majoritaire. Un groupe qu’elle a tenté d’entrainer dans un communiqué contre le mouvement autonomiste Unser Land.

« La République est une et indivisible et nous dénonçons cette volonté de division et de partition marque de fabrique d’un parti politique qui s’est maintes fois écarté des valeurs humanistes que nous souhaitons incarner » mentionnait le texte évoqué dans les DNA.

A nous faire regretter Nadine Morano

« Interpellés par la tapageuse campagne d’affichage du parti autonomiste Unser Land, les élus du Groupe de la Majorité Régionale tiennent à exprimer leur indignation face à l’association visuelle de la Collectivité régionale du Grand Est à une opération promotionnelle aux visées clairement autonomiste » évoquait un autre extrait transmis à la rédaction.

Elle nous ferait presque regretter Nadine Morano qui, elle, était venue manifester contre l’ACAL, place de Bordeaux !

La kitsch lorraine

Grosso modo, on aura compris que la kitsch lorraine ne comprend rien à l’Alsace et qu’elle répondait là à une « commande » de la team Rottner. La famille Brandalise et Jean Rottner en tête ? Qui sait !

Tentée de faire signer son appel, elle se serait heurtée au refus de quelques élus alsaciens dont la liste fut naturellement transmise rapidement au cabinet.

Un ancien élu régional contacté par nos soins réagit de la sorte : « En appeler à une élu lorraine pour appeler à calmer les alsaciens, voilà qui dénote d’un haut degré de psychologie. A moins que, comme lors des affaires Kieffer et Mérabet, on ait voulu l’envoyer au massacre ».

Il faut dire que Valérie Debord rêve toujours d’être présidente ! Certes les alsaciens qui croient au Grand Est, les champenois et quelques mosellans ne le voient pas ainsi.

« Je commence à être très inquiet pour lui et sa capacité à gagner les régionales »

Certes aussi, le patron des Républicains du Bas-Rhin, le député Laurent Furst, a jeté un froid : « Je commence à être très inquiet pour lui et sa capacité à gagner les régionales. Son retournement de veste sur l’Alsace et sa position assez négative sur la collectivité alsacienne à statut particulier causeront un jour des dégâts collatéraux » pouvait-on lire dans les Chuchotements.

Une manière d’annoncer un risque de défaite !

Touche pas à mon logo

Dernière gaffe ! L’assignation d’Unser Land par la région Grand Est, dont le siège est situé à… Metz.

Un bel article signé Rue 89 Strasbourg : « Quelle drôle d’idée a piqué une poignée de chefs du Grand Est ? Alors que le rapport du préfet sur une possible évolution et fusion des deux départements alsaciens (Haut-Rhin et Bas-Rhin) est attendu pour « la fin du printemps », soit en théorie mercredi 20 juin à minuit, les esprits s’échauffent chez quelques dirigeants politiques. Ils viennent de donner une belle occasion au parti régionaliste alsacien Unser Land de se victimiser » écrivent nos confrères.

Assumer l’idée que le siège opérationnel de la région n’est plus en Alsace. Les régionalistes ne s’attendaient pas à un énième cadeau.

 

 

Les dessous de l’affaire Lilla Merabet : Heb’di s’est procuré le rapport du déontologue de la Région

C’est Le Canard Enchaîné qui a dévoilé l’affaire sous le titre de « Star-up familiale »… Selon nos confrères, Lilla Merabet, a d’abord omis de notifier à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) qu’elle détient 90 % des parts d’une holding nommée Oxymore Resolution, et, en second lieu, que SEMIA (un acteur dans la détection et l’accompagnement des projets d’entreprises innovantes en Alsace), a largement « aidé une start-up spécialisée dans les rayons X », dirigée par le compagnon de Lilla Merabet.

Problème : par le biais de la Région Grand Est, Lilla Merabet est présidente de SEMIA et la société de son compagnon a bénéficié d’un investissement de 600.000 euros financé par la région via une société de gestion régionale en capital-investissement où siège Lilla Merabet.

La ligne de défense de Lilla Merabet

Au “Canard”, elle a indiqué qu’elle « ignorait qu’il fallait mentionner », dans sa déclaration à la HATVP, les modifications en cours de mandat. Et, concernant son compagnon : « Je ne connais pas toutes les start-up que nous subventionnons ».
Hier, dans les DNA, la vice-présidente précise et donne des dates afin de « démontrer que l’enchaînement chronologique la met à l’abri du conflit d’intérêts qu’on a fait peser sur elle ».

Selon l’élue, le projet serait suivi par SEMIA depuis 2012, et « adopté » en mai 2014, alors qu’elle n’a été nommée au SEMIA que fin juin 2014. Idem pour l’investissement de 600.000 euros, des négociations auraient débuté en juillet 2014 pour être soldées en 2016.

Lilla Merabet précise qu’elle n’a été « nommée au comité d’orientation du fonds en février 2016, plus de deux mois après la signature, et a participé à sa première réunion en juillet ».  De plus, les « décisions d’investissement appartiennent au président de la société de gestion, Capital Grand Est, qui coiffe le fonds d’amorçage ». Capital Grand Est est une société privée de capital-risque : « Aucun élu ne participe aux décisions d’investissement ».

À la région, le FN, par la voie de Virginie Joron tire à vue, elle réclame à Jean Rottner: « de faire la lumière sur les manquements de votre majorité, je vous demande officiellement de bien vouloir me communiquer tous les éléments en votre possession ainsi que les recours juridiques que vous souhaitez lancer au nom de notre institution.».

Le rapport du déontologue

Le rapport du déontologue  (cf. Avis Merabet) vient d’être transmis aux personnes concernées, il y a  quelques heures. Nous avons pu nous le procurer :

À la lecture, il est évident que Lilla Merabet a péché au niveau des déclarations à l’HATVP. Non seulement elle n’a pas déclaré sa participation a 90 % dans la société Oxymore Resolution , mais elle a également oublié de déclarer qu’elle « occupe, depuis le 10 novembre 2016, les fonctions, à temps partiel, de déléguée générale à la Fondation FORCE et perçoit à ce titre une rémunération de 35 000.00 euros (trente-cinq mille euros) annuels. » Il est ainsi précisé :

Par conséquent, Madame MERABET avait l’obligation de présenter une nouvelle déclaration d’intérêts auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique dans les deux mois suivant l’immatriculation de la S.A.S. OXYMORE RESOLUTION, soit au plus tard le 6 décembre 2016…”

Le référent-déontologue de la Région Grand Est recommande que :

Madame MERABET doit, sans délai, procéder à la modification de sa déclaration d’intérêts auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique.”

Avec ce qui semble être une simple tape sur les doigts en guise de punition, l’élue s’en tire à bon compte… Pour l’instant, en tout cas !

Concernant l’éventuel conflit d’intérêts, le référent-déontologue constate que les décisions d’aides à la société Fibermetrix sont antérieures aux mandats de l’élue. Il demande néanmoins :

Afin d’éviter toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés de nature à paraître influencer l’exercice indépendant et impartial de ses fonctions, recommande à Madame MERABET de quitter ses fonctions de Présidente de la SEMIA-INCUBATEUR RÉGIONAL.”

Pourquoi, si aucune erreur n’a été constatée ?

Toujours est-il que Till Sohier, porteur du projet FiberMetrix fait un excellent travail de recherche et de développement sur une nouvelle technologie pour la dosimétrie clinique en temps réel. Un travail qui mérite de faire la une des médias… sous un autre angle.

Le chercheur alsacien a obtenu des aides nationales comme le montre ce document de 2014  (cf. bpifrance), dans lequel on retrouve une certaine… Lilla Merabet.

Les murmures de la Région

Quant au président Rottner, parti en vacances à l’étranger, c’est lui qui a saisi le déontologue de la Région. Il vient de demander à sa vice-présidente de démissionner de la SEMIA… Pourquoi, puisque a priori les dates innocentent l’élue ?

Il se dit dans les couloirs de la Région Grand Est que Lilla Merabet dérange et que les informations arrivées au “Canard” viendraient d’en haut…

Affaire à suivre.

Grand Est : un problème avec les femmes ?

(depuis Colmar)

Les dessous de l’affaire Kieffer

L’affaire Kieffer, nous l’avions résumée – peut-être un peu facilement certes – par un pétage de plombs du directeur de cabinet de Jean Rottner : « Christophe Kieffer a longtemps été directeur de cabinet de Phillipe Richert à la région Alsace puis au Grand Est et est maintenant directeur de cabinet de Jean Rottner. Il a été nommé chevalier de la Légion d’honneur fin 2017. Il y a une semaine, nous avions dénoncé les paroles du directeur de cabinet envers la conseillère régionale Vanessa Wagner : « tu n’es qu’une merde, tu n’es qu’une pétasse innommable… La presse régionale parfaitement au fait de ce dérapage avait jusque-là étouffé l’affaire » écrivions-nous, déjà lanceur d’alerte…

Aujourd’hui, nous serions tentés de rajouter que, à l’instar du larron, Jean Rottner et les siens cherchaient à faire le ménage et que l’occasion a fait le lampion. Jean Rottner va chercher ses proches désormais hors-Alsace quand à Christophe Kieffer, des réseaux charitables lui donneront sans doute l’asile.

On murmure que la CCI Grand Est pourrait tenir la corde…

JR face aux défenseuses de l’Alsace

Pour autant le rapport à la gente féminine n’est pas totalement réglé. On pourrait évoquer le blues de certaines « fans de Richert » qui s’estiment mal récompensées pour le job qu’elles font à défendre Grand Est.

On préfère évoquer les « sautes d’humeur » du « Président » lorsqu’il croise une défenseuse de l’Alsace. Là, JR se lâche, en deviendrait autoritaire et, disent certaines, « méchant ». Celui qui demandait, avant, de revenir à l’Alsace en est désormais le roitelet et il ne peut apparemment pas supporter qu’on lui résiste.

En pleine stratégie pour faire illusion, il n’hésite pas, en off, à cartonner les élus qui défendent l’Alsace. Les hommes sont accusés de dérive « identitaire », donc d’extrémisme, mais les femmes ne sont pas en reste.

Il se dit que Brigitte Klinkert en aurait pris pour son grade lors de la récente rencontre avec les maires du Haut-Rhin… Au fond de la salle, malheureusement, on n’a pas bien entendu ! Allez Brigitte, partagez les mots doux du président avec l’ensemble des femmes alsaciennes qui vous soutiennent !

 

(NDLR : Il se dit que Jean Rottner a un autre problème avec les femmes… en Lorraine. A savoir, comment faire pour neutraliser Nadine Morano et empêcher Valérie Debord de penser trop vite à le remplacer. Sur ce second point, un élu sourit : « de toutes les façons, si les LR d’Alsace et notamment du Bas-Rhin ne sont pas engagés, la région passera à gauche… ou pire ».)

 

Jean Rottner contre les départements et contre l’Alsace

La lettre aux conseillers départementaux

Le voilà donc de jouer Caliméro dans un registre assez pathétique :

Monsieur le Conseiller Départemental, Madame la Conseillère Départementale,
Depuis plusieurs mois, je constate avec regrets que la question de l’avenir institutionnel de l’Alsace a pris le pas sur les relations constructives que les élus départementaux et régionaux avaient nouées au service de nos territoires et que nos interlocuteurs, qu’ils soient élus locaux, issus du monde associatif ou économique, s’en émeuvent à juste titre”

Dans les faits, JR, à la tête de son univers impitoyable, est prêt à se frotter de l’ail des ours sous les yeux pour faire semblant de pleurer. Président, il sait que c’est sa doute le sommet de sa courbe de compétences.

(archive photo France3 Alsace)

Il renforce d’abord ses positions en renforçant les siens. Mari et femme comprises. Et dire que l’on pensait que la préférence familiale ne marchait qu’au FN.

Créer la division

L’objectif de la missive – maintenant qu’il sait que le « Préfet de Région travaille à la mission qui lui a été confiée par le Premier Ministre » et que ce dernier place celle-ci dans le respect du Grand Est – est de créer le trouble chez les conseillers départementaux pendant les trois prochaines années, d’ici les élections de 2021.

Philippe Richert 2.0

« En date du 26 janvier dernier, j’ai adressé à la Présidente du Conseil Départemental du Haut-Rhin et au Président du Conseil Départemental du Bas-Rhin un certain nombre de propositions de coopération et de collaboration entre la Région et les deux Départements à l’échelle spécifique de l’Alsace. Elles concernaient notamment le développement économique, le marketing territorial et le tourisme. Vous en trouverez le texte complet en annexe » écrit-il.

A la manière d’un Philippe Richert, Jean Rottner propose en fait d’expliquer aux départements ce qui est bon pour eux. Omniscient, il nous fait le coup du chien de Tex Avery pour amadouer ses lecteurs.

L’objectif est de culpabiliser les élus départementaux :

A l’heure, où les premiers signes d’une embellie économique sont là, ce qui doit retenir notre attention, c’est la manière de faire valoir nos atouts pour bénéficier au mieux de cette reprise. C’est pourquoi, je refuse de me focaliser sur les seules questions institutionnelles. Le temps presse pour que nous puissions monter dans le train de la croissance ! C’est d’abord cette attente que m’expriment nos concitoyens à chacun de mes rendez-vous ou de mes déplacements. Je suis persuadé que l’Alsace doit très rapidement faire valoir ses atouts et elle a, pour cela, besoin d’une vision à 360°. Le Grand Est peut lui apporter cela.”

Bref, on comprend qu’avant Grand-Est, l’Alsace n’existait pas, ne rayonnait pas, ne s’ouvrait pas à l’Europe. On croirait lire du Pernelle Richardot, de l’Elsa Schalck ou encore du Lila Merabet, pythie d’une pseudo-région qui coupe les familles, les entreprises, les clubs de leur territoire et de leur Histoire.

Tout cela finissant par un coup de pommade sur les “conseillers régionaux alsaciens”, histoire sans doute de freiner la constitution d’un groupe au sein de Grand-Est.

Contre l’Alsace, Rottner

Macronisant, Jean Rottner prépare donc à la fois les régionales ET les départementales. Les régionales surtout, prompt à s’appuyer sur LREM si les LR ne le suivaient plus. Les départementales, en essayant d’affaiblir les présidents. Certains disent même que des contacts ont été pris dans un canton de la vallée de la Bruche…

Son objectif est de rester « roi du Grand Est ». Pour cela, parfois, il faut savoir diviser pour régner… Quitte à tout perdre, comme permettront de l’analyser les prochains résultats des élections européennes.

De Colmar, on lit cela comme cela.

Alsace : Des Républicains se rebellent

Tout recommence avec un dernier extrait des DNA :

« Le comité départemental des Républicains du Bas-Rhin a une nouvelle fois discuté vendredi de l’avenir de l’Alsace, avec une passe d’armes entre la conseillère régionale Elsa Schalck, avocate du Grand Est, et le président Laurent Furst, qui prédit un « 15 % » à l’équipe majoritaire aux prochaines élections régionales. Un débat interne sur le sujet sera organisé et il a été demandé au président et au secrétaire départemental, Georges Schuler, de porter auprès du préfet Marx « la position des 2 576 adhérents à jour de cotisation » de la fédération, comme « Pernelle Richardot a été reçue pour défendre la position du PS »”

Elsa Schalck, avocate du Grand Est

Elsa Schalck, qualifiée avec Lila Merabet de Richert’s Girl, est désormais dans la roue de Jean Rottner. Elle sait qu’elle doit le soutenir si elle souhaite être réélue lors des prochaines élections régionales. Autant le faire de suite !

La jeune avocate a donc plaidé les bienfaits de la région Grand Est devant ses pairs. Numérique, équipement, investissement, l’ex-Alsace s’en sortirait très bien. Des arguments globalement balayés par les opposants à Grand Est. Un discours rattrapé par la réalité… En effet, il n’est ni ne sera plus possible de comparer avec “avant” car, comme le souligne l’APR, on ne disposera désormais plus de statistiques.

La fin des statistiques sur l’Alsace

« L’effacement de l’Alsace de la statistique publiée est en effet notable. En interrogeant les moteurs de recherche (« comparateur de territoire » ou « dossier complet »), on observe que l’Insee ne donne plus d’information sur l’ancienne région. Quand ils existent encore, les tableaux sont vides ! L’Alsace n’étant plus une région administrative, elle disparaît comme objet d’étude » soulignent les économistes de l’Association de Prospective Rhénane.

Après Tripadvisor, la météo, les panneaux, les cartes Google, les stands officiels… On efface l’Alsace.

Pour des élus comme Elsa Schalck, cela ne veut sans doute rien dire mais on mesure là le fossé qui éloigne certains élus LR du terrain. A Strasbourg, un tel aveuglement pèse sans doute à la marge, sauf qu’à Strasbourg, une élection se gagne avec la marge. Rendez-vous lors des Municipales.

Et le Groupe Alsace ?

On attendra donc l’avis porté par Les Républicains et le débat interne sur le sujet. Même s’il est désormais convenu de dire du mal des partis, on rappellera ici que ce furent « des » membres des Républicains qui osèrent lancer les premiers manifestions contre la réforme territoriale.

On se souviendra des manifestations dites « Touche Pas à l’Alsace » lancée à Colmar et Strasbourg sous la houlette de cadres et d’élus LR comme Stéphane Bourhis, Frédéric Huss, Geoffroy Lebold où même le 1er adjoint au Maire de Colmar. Certes, ils n’étaient pas seuls, mais ils furent les premiers à partager la parole.

« Ce qu’il n’entend pas, ce qu’il ne voit pas, Paris ne le craint pas »

Tout cela avant que les manifestations ne se taisent, remplacées par des initiatives sur Internet et les réunions de l’ICA. Un ancien conseiller régional alsacien semblait le regretter : « Ce qu’il n’entend pas, ce qu’il ne voit pas, Paris ne le craint pas ».

L’avenir au cœur de la région Grand Est passera par l’incarnation et la création d’un Groupe Alsace. Ce que craint Jean Rottner.

En même temps, il sait que si l’Alsace ne sort pas de Grand Est pour les prochaines régionales, l’affaire sera enterrée et il pourra aller se passer des derniers rebelles, avec la complicité de quelques marcheurs.

« Il n’y aura pas de “Brexit alsacien”, on ne reviendra pas sur la région Grand Est mais on n’écarte pas une fusion des départements alsaciens. » Quant au transfert de compétences économiques de la Région : « Des réflexions sont en cours. Le préfet doit rencontrer l’ensemble des élus », précise Benjamin Griveaux, le porte-parole du Gouvernement chez nos confrères de France Bleu Alsace.

Et pendant ce temps, Elsa Schalck s’imagine réélue, Lila Merabet aussi.

Les alsaciens, eux, achètent leurs plants de géraniums. Rouge et blanc, naturellement.

Rottner, le gland d’Est

Pour atteindre ses objectifs, l’ex-maire de Mulhouse, en compagnie de Philippe Richert, n’a pas hésité à “trahir” les Alsaciens en organisant un semblant de manifestation et une pétition contre le Grand Est tout en travaillant secrètement pour, aspirant à jouer les premiers rôles dans cette même méga structure.

Ces méthodes leur ont à valu tous les deux l’ire des Alsaciens. Philippe Richert n’a pas supporté d’être montré du doigt (ni sifflé pendant les meetings) quand il se promenait en Alsace : il a démissionné. Mais Jean Rottner est d’une autre trempe. Les Alsaciens l’embêtent clairement avec leurs histoires de département unique et de sortie du Grand Est… Une telle issue pour l’Alsace nuirait a sa carrière !

Dans les années 2000, l’ancien médecin se prosternait devant son grand ami Nicolas Sarkozy pour obtenir un poste de ministre, en vain, le président sortant ne sera pas réélu.

Hier, à Metz (car il n’a pas osé le faire à Strasbourg), Jean Rottner a avoué être sur la même ligne qu’Emmanuel Macron sur l’avenir de l’Alsace… Jamais les bottes du président de la République n’avaient été aussi brillantes !

Le président de la République est favorable à une “entité” Alsace, par fusion des deux départements, maintenue au sein de la région Grand Est. Ce qui équivaut juste à faire du Haut-Rhin et du Bas Rhin un seul département alsacien. Point de vue compétences de cette structure, rien ne changerait.

Bref, Jean Rottner semble vouloir une nouvelle fois faire la nique aux Alsaciens.

Des Alsaciens qui réagissent ?

Il y a bien une pétition « des cents » au fond d’un tiroir, une association de retraités qui organise des colloques à tout va où participent toujours les mêmes personnes, un parti régionaliste qui a rempli son compte en banque lors des élections législatives de 2017 et qui depuis se contente de faire quelques communiqués de presse… Etc.

Certes, Les Alsaciens ne sont pas des bonnets rouges, ils se désolent du spectacle qu’offrent certains élus, mais manifester dans les rue n’est pas dans leurs gènes. Reste l’espoir des quatre mousquetaires Brigitte Klinkert, Frédéric Bierry, Eric Straumann et Laurent Furst.

Le plan « Expression Citoyenne pour l’Alsace », lancé par les présidents départementaux doit démontrer que les 83 % des Alsacien qui veulent plus d’Alsace sont là pour soutenir leurs actions. Mais il en faut plus, Madame et monsieur les présidents de département et messieurs les députés, nous voulons du concret, du lourd !

Etre Alsacien, Badois, Breton ou Basque, c’est comprendre et respecter son histoire pour mieux comprendre et respecter celle des autres.

 

Mercredi : Emmanuel Macron est pour le Grand Est !

Alsace : pas de séparation au sein du Grand Est pour Macron

Voilà d’entrée de jeu ce que nous apprennent les DNA en citant le Chef de l’Etat :

Il est évident que, pour ce qui est de la région Grand Est et du sujet alsacien, ce n’est pas simplement dans ce cadre-là que la question se pose, elle est plus large, plus politique. Qu’il y ait une réflexion pour qu’existe une identité alsacienne qui s’inscrive dans la région Grand Est, oui. Qu’il y ait une séparation au sein de la région Grand Est, non.

On peut tout à fait imaginer que les deux départements concernés fusionnent pour créer un grand département d’Alsace au sein de la région Grand Est, et que ce département, ensuite, puisse passer des conventions pour obtenir au sein de cette région des compétences dont il apparaît à la région et aux départements que ce serait plus pertinent.

C’est ce chemin, me semble-t-il, qu’il faut prendre, et non celui d’une désagrégation régionale qui n’irait pas, à mes yeux, dans la bonne direction.”

Que nos politiques fusionnent déjà les départements, obtiennent des compétences sérieuses, le « temps » utilisé par le Chef de l’Etat laisse à penser que rien ne sera impossible.

A condition que les Alsaciens se manifestent et en parle à leurs élus LREM.

La vice-présidence, ce sera sans Danielle

Les propos de Danielle Dambach dans la presse sont finalement assez révélateurs :

Danielle Dambach, la future maire de Schiltigheim, a rencontré le président de l’Eurométropole Robert Herrmann. Elle lui a fait une annonce surprenante : elle ne demande pas de vice-présidence au sein de la majorité. Et ne convoite donc pas le poste laissé vacant par le maire sortant Jean-Marie Kutner.« Nous ne voulons pas de vice-présidence pour Schiltigheim mais les coudées franches et beaucoup de facilités sur les dossiers », expliquent Danielle Dambach et Patrick Maciejewski.« Il aurait fallu qu’Alain Jund démissionne ou que l’un d’entre nous entre dans la coalition d’Yves Bur ».”

L’élue n’a rien demandé parce que sans doute on ne lui a rien proposé. Sans doute aussi parce qu’elle ne voulait pas faire perdre une Vice-Présidence à son camarade EELV, Alain Jund.

On fait le pari que les élus de sa liste à l’Eurométropole vont vite retrouver leurs partis d’origine. La liste, certes citoyenne, était bien une liste de gauche plurielle composé d’encartés et d’ancien encartés.

Les premières manœuvres seront donc politiciennes.

Ball, encore

Apprenant que des matchs de Hand, Foot et Basket Ball se déroulent ce week-end à Schiltigheim, Jean-Marie Kutner entend dénoncer sur Facebook, la mainmise de son ex-adjoint sur le sport. (Ndlr : on déconne.)

Disparition

« Eric Bellargent a fait une chute mortelle hier matin en changeant une ampoule dans le musée qu’il dirigeait. Il portait le plus petit musée de Mulhouse à bout de bras depuis 2003 » nous apprend L’Alsace.

Un directeur qui change lui-même une ampoule ! Cela se passe en Alsace ! C’est surtout tout l’esprit d’un homme humble qui se battait au quotidien pour « son » musée et son attractivité.

Le destin est parfois cruel.

 

 

Un groupe « Alsace » à la région Grand Est ?

Un groupe « Alsace » ! Entendez-bien, un groupe d’élus LR et centristes au Conseil Régional Grand Est envisagerait de créer un groupe dissident au sein de la majorité régionale. Son nom « Alsace », symboliserait la révolte de ces élus contre le sort réservé à l’Alsace au sein du « machin »…

Les élus alsaciens se révolteront-ils ?

Machin ! Le mot gaullien prend ici tout son sens puisque c’est une belle façon de définir l’ensemble administratif dans lequel l’Alsace a été « fusionnée » de force. L’initiative du groupe n’est pas nouvelle.

Logiquement même, le groupe aurait pu sortir du bois plus tôt si l’affaire Vanessa Wagner n’avait explosé sur fond de création d’un autre groupe interne à la majorité.

Il aura fallu attendre un post de Jacques Schleef sur son mur Facebook :

« Lors de la conférence de presse de Frédéric Bierry et de Brigitte Klinkert l’annonce par Lotz Calderoli Martine de la constitution imminente d’un groupe “ALSACE” au Conseil Régional Grand Est est un événement important pour les semaines et mois à venir ! Sans être parlementaire, elle a exprimé la position de certains conseillers régionaux ( Georges SchulerAndré ReichardtJustin Vogel et Huguette Zeller) prêts à constituer un « groupe autonome » au sein du Conseil régional du Grand est. Si elle se concrétisait, une telle initiative (que Jean Rottner ne manquerait pas de qualifier de « « rébellion »…), aurait plusieurs avantages : – elle montrerait un nouvel aspect de la crise alsacienne, avec un risque de « scission » de la majorité LR/UDI selon des clivages territoriaux – elle pourrait incarner une volonté « régionaliste » à forte capacité médiatique, si le groupe prenait le nom « Alsace » – elle donnerait à ses membres des moyens administratifs importants, ce qui faciliterait leur action de communication vers l’opinion (y compris outre-Vosges, pour expliquer la démarche alsacienne) – elle accorderait aux « frondeurs » une légitimité et une crédibilité incontestables, dans le contexte de la future « vivisection » du Grand Est que pourrait annoncer le préfet Marx (si effectivement l’Etat transfère à une « Alsace reconstituée » des compétences réelles et non symboliques).

La cigogne apporte les bébés – mais elle doit aussi se servir de son bec !

P.S. (‘cela veut dire post scriptum !) : Il va de soi que la présidence doit aller à une femme ! »

Les premiers lecteurs découvraient une Martine Caldéroli engagée pour l’Alsace.

A la lecture du nom d’Huguette Zeller, certains se réjouissaient. « Adrien Zeller aurait été dans ce groupe » soulignait un élu. Soulignant qu’il manquait des noms.

La pression Rottner

La circulation de l’information irrita la présidence et celui ou celle qui se voit déjà président-e. La danse alsacienne du « un pas en avant, deux pas en arrière » commença. On attendait la réaction des « Richert’s Girls »,  mais ce furent d’autres élus qui se firent entendre dans les couloirs.

D’abord ceux qui ne seraient rien sans le Grand Est et leur choix par l’équipe Richert.

Valérie déborde

Ensuite, de l’autre côté des Vosges : il faut dire que l’on somma Valérie Debord de « cheffer » en temps que patronne des Républicains. L’éventuelle présidente d’après promet de gérer la situation…

Y voit-elle un complot alsacien ? Maçonnique, comme on l’a entendu, par d’autres et sur un autre conflit récent ? Heb’di ne sait pas.

Les téléphones ont vibré dans la journée d’hier, pour faire pression sur les uns ou tenter d’impressionner les autres. Si l’outing du groupe n’est pas apparu comme habile, il n’en reste pas moins qu’on attend désormais les élus alsaciens sur le sujet « Alsace ».

L’ombre d’Adrien Zeller plane chez quelques élus. Lui qui voulait, dès 1978, faire de la « politique autrement » avait su, pour défendre ses idées et l’Alsace, créer un groupe avec peu d’élus et oser.

Barbara DesVilles

(Maison de la Région, site Strasbourg Wacken, photo @ www.grandest.fr)

Grand Est/Alsace : le départ annoncé de Christophe Kieffer

Des insultes sexistes

Au départ, plusieurs informateurs qui contactent Heb’di et votre magazine est ainsi le 1er à se poser en « lanceur d’alerte ». Kiki la fouine (le doux surnom donné par le personnel de la région) alias Christophe Kieffer, l’éminence grise de Philippe Richert, a dérapé, insultant l’élue Vanessa Wagner.

« Ma réaction était d’autant plus forte qu’au moment de la constitution de la liste, c’est moi qui ai personnellement présenté sa candidature à Philippe Richert. Il ne fait pas de doute que j’aurais dû mieux maîtriser cette colère. Je regrette d’autant plus ces propos que cela pouvait donner le sentiment à deux autres élues présentes, dont je respecte le travail au sein de l’équipe majoritaire, que je les englobais dans mes appréciations, alors même qu’elles soulevaient un questionnement de fond sur le sens de l’action régionale » tentait-il d’expliquer.

Hier, son nouveau président le lâchait : “« Dans un environnement qui a profondément changé, la gouvernance politique et administrative doit être amenée à évoluer », a indiqué Jean Rottner en ouverture de séance. Après avoir salué l’action de François Bouchard, directeur général des services de la Région, qui quittera ses fonctions dans quelques mois, il a indiqué que « la direction et la chefferie de cabinet évolueront pour une dynamique nouvelle ». Cette remarque intervient après l’incident qui a opposé, il y a une quinzaine de jours, son directeur de cabinet, Christophe Kieffer, à l’élue Vanessa Wagner. « Tout manque de respect est inacceptable », a-t-il indiqué hier en l’absence de son directeur de cabinet, laissant entendre que Christophe Kieffer sera amené à quitter prochainement ses fonctions.” C’est extrait des DNA.

Certains ont cherché d’où était sortie l’attaque… Des sourires mulhousiens en disaient long.

« Tu n’es qu’une merde, tu n’es qu’une pétasse innommable… » avait lâché le directeur de cabinet ! Pétage de plombs, autoritarisme… Ce fut réseau contre réseau. Ceux de l’élue d’abord, ceux du « Dir’Cab » aussi.

On notera naturellement l’engagement des « Richert’s Girls » (Elsa Schlack et Lila Merabet) pour Christophe Kieffer : « Nous formons une équipe, une belle équipe, dont nous pouvons être fiers du travail accompli jusqu’à présent. Notre unité est gage de réussite des projets que nous portons. Utilisons nos différentes énergies pour être davantage dans l’action, fidèle à notre Président et à nos engagements » écrivirent-elles.

Elles devront désormais encore changer de stratégie ! A l’intérieur de la majorité, il en est pour dire qu’elles en font un peu trop.

Voilà sans doute pourquoi des tensions naissent des anciennes régions. L’idée est de calmer un peu les arrogances alsaciennes et de peser sur Jean Rottner. En Moselle, certains pensent déjà à l’alternance à la présidence. « Jean n’est pas Philippe » glisse un élu.

Un groupe « Alsace » au sein de Grand Est ?

Récemment, un élu centriste avait démissionné de ses fonctions pour retrouver une liberté de ton et de voyage. D’autres expliquaient perdre leur temps dans les transports. Certains, enfin, évoquaient la création d’un groupe « Alsace » au sein de l’Assemblée. Car, oui, une partie des élus LR sait encore compter : 83 % des Alsaciens ne veulent toujours pas du « Grand Est ».

 

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Saine lecture : La noblesse alsacienne

Vient de paraître ce livre de plus de 380 pages, édité par I.D. l’Edition, qui nous ouvre les portes du quotidien, mal connu, de la noblesse alsacienne au XIXe siècle.

Marc Glotz, son auteur, spécialiste de la noblesse alsacienne, ancien directeur d’école, vice-président de la Société d’Histoire du Sundgau, a réussi avec tact et bonheur à exploiter des archives privées, soit un exceptionnel ensemble de correspondances et de photos conservées par des familles attachées à leur histoire.

Marc Glotz a utilisé ces écrits d’une grande qualité littéraire pour nous présenter une histoire de la noblesse d’Alsace entre 1800 et 1914 avec un éclairage particulier sur la guerre de 1870-1871 et l’époque du Reichsland.

C’est à partir des souvenirs de Louis de Mullenheim, mais surtout des lettres de son épouse Jeanne, née Coëhorn, adressées à sa cousine Adèle de Dalwigk, que Marc Glotz a pu reconstituer la passionnante histoire étalée sur quatre générations de deux familles aristocratiques alsaciennes, les Coëhorn et les Mullenheim tout au long du XIXe siècle.

« Au-delà de cette chronique familiale vivante et souvent édifiante, c’est une fresque des us et coutumes d’une époque, ainsi que de nombreux épisodes de l’histoire de l’Alsace et de l’Europe qui défilent à travers le regard de la noblesse de notre province. »

CP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Miroir de la Noblesse Alsacienne au XIXe siècle

Par Marc Glotz (I.D l’Édition, 2018)

Affaire Kieffer : «Tu n’es qu’une merde, tu n’es qu’une pétasse innommable…» Que fait Jean Rottner ?

Christophe Kieffer a longtemps été directeur de cabinet de Phillipe Richert à la région Alsace puis au Grand Est et est maintenant directeur de cabinet de Jean Rottner. Il a été nommé chevalier de la Légion d’honneur fin 2017.

Il y a une semaine, nous avions dénoncé les paroles du directeur de cabinet envers la conseillère régionale Vanessa Wagner : « tu n’es qu’une merde, tu n’es qu’une pétasse innommable…»

La presse régionale parfaitement au fait de ce dérapage avait jusque-là étouffé l’affaire.

Où sont les féministes ?

On s’étonne du manque de réaction des féministes et de la classe politique en générale, toujours prêtes à bondir à la moindre parole désobligeante.

Il est vrai que, comme nous l’avions écrit, nombre d’élu-e-s du conseil régional préfèrent privilégier leur carrière au combat pour la cause et il paraît de surcroît que Christophe Kieffer sait tout sur tout le monde… Est-ce là la raison du silence ?

Dans un mail (que nous reproduisons intégralement ci-dessous) Catherine Vierling, Conseillère Régionale Moselle Sud, réagit :

“ Bonjour,

J’ai fait partie des témoins directs d’une situation extrêmement choquante et inacceptable et voici ce qui s’est réellement passé.

Le contexte est celui de l’analyse d’un rapport sur la ruralité. La réunion à laquelle plusieurs d’entre nous ont été convoqués par Valérie Debord dans le bureau de Christophe Kieffer à la dernière minute faisait suite à un mail de 4 co-signataires avec Vanessa Wagner. Ce mail proposait des modifications sur le rapport en question.

Les violences verbales dont Vanessa a fait l’objet et les injures (dont entre autres… « tu n’es qu’une merde, tu n’es qu’une pétasse innommable…») qu’elle a reçues, lui ont été adressées dès son arrivée dans le bureau par Christophe Kieffer. Vanessa n’avait même pas prononcé un mot et nous étions tous et toutes extrêmement choquées. La réunion ruralité a tout de même pu commencer avec Denise Buhl, co-signataire du mail, Valérie Debord (présidente de la composante LR de la majorité), Catherine Baillot (présidente de la composante MODEM de la majorité), Franck Leroy (auteur du rapport) et André Boucher (CR de Boulay, en zone rurale), et moi-même (sur mes 230 communes de Moselle Sud, 191 ont moins de 500 habitants) présidée par Christophe Kieffer.

La réaction de Vanessa Wagner était calme ; tout en hochant la tête négativement, elle demandait à plusieurs reprises des excuses, sans succès.

Dans un deuxième temps, le Président Jean Rottner s’est joint à la réunion, dont le sujet était la ruralité et les nouveaux budgets alloués aux petites communes, et toujours en présence de ces témoins, Vanessa a été menacée par Christophe Kieffer (“Tu vas voir, je vais parler de choses que je sais, si tu continues, tu ferais bien de te méfier si tu continues”) et calomniée. Au cours de cet échange, Jean Rottner est intervenu pour proposer à Vanessa Wagner de créer un groupe “agir”, initiative à laquelle il a dit qu’il ne se serait pas opposé.

Ayant assisté à ces scènes invraisemblables, je peux vous assurer qu’il n’y avait donc aucun échange franc et musclé entre deux élus mais il s’agissait clairement et à plusieurs reprises d’agressions caractérisées et ciblées envers une Conseillère régionale.

Les comportements violents et les insultes sexistes sont à bannir de nos fonctionnements si nous voulons vraiment pouvoir nous regarder dans une glace quand nous nous disons que nous sommes « formidables ».

La cohésion d’un collectif, quel qu’il soit, commence par des modes de communication interpersonnels respectueux. Banaliser les dérapages et minimiser leurs conséquences contribuent à assurer l’impunité de ceux qui les commettent.

Les femmes en sont souvent les premières victimes et cela va au-delà d’un simple sujet «d’actualité».

La dignité et l’autorité d’une institution républicaine que nous aimons et à laquelle nous croyons, telle que celle que nous représentons tous et toutes, sont en jeu.

C’est ce que à quoi chaque élu et chaque élue devrait penser en priorité.

Ceci, surtout lorsque par ailleurs je côtoie des élus qui font un travail remarquable sur le terrain au service de nos territoires et nous ne saurions jamais assez apprécier tous ces efforts.

C’est cet élan qui nous avait amené, dans l’esprit de la liste “unissons nos énergies”, à créer, en plein accord avec le Président Rottner, un groupe composante de la majorité, apolitique, uniquement basé sur notre volonté de travailler pour nos territoires, de manière opérationnelle, utilisant la composante de la société civile, des socioprofessionnels et des non inscrits politiquement parlant, reconnus pour leur expertise de terrain, dont les ruraux, pour renforcer la majorité par leur expertise.

Cette création s’est faite suite aux entretiens des co-signataires avec Jean Rottner.

Elle ne saurait justifier aucune forme de violence et pour vous en donner toute la substance veuillez trouver ci-dessous le courrier électronique envoyé par Vanessa Wagner aux collègues femmes élues auquel je me suis associée immédiatement.

Dr Catherine VIERLING

MO, MA, MBA

Conseillère Régionale Moselle Sud ”

(…)

“Mesdames, Chères Élues, Chères Amies,

Depuis 2 jours, plusieurs d’entre vous me contactent à la suite d’un incident dont j’ai été la victime lundi 12 mars.

Je souhaite donc partager avec vous toutes les faits et vous livrer quelques réflexions. J’ajoute d’ores et déjà que Notre Président est parfaitement informé de la situation puisque présent en partie lors de l’agression verbale dont j’ai été victime de la part de Christophe Kieffer, Directeur de cabinet de la région.

Lundi 12 mars vers 15h30, à l’occasion d’une réunion impromptue sur le sujet de la ruralité, j’ai été agressée verbalement à plusieurs reprises par le Directeur de Cabinet de la Région, Monsieur Christophe Kieffer.

Étaient présents à cette réunion : Valérie Debord, Vice-Présidente, André Boucher, Conseiller régional, Franck Leroy, Conseiller régional chargé de l’aménagement du territoire, Catherine Baillot Vice-Présidente, Denise Buhl, Conseillère Régionale, Catherine Vierling, Conseillère régionale.

A peine entrée dans le bureau de Monsieur KIEFFER devant tous les élus présents, porte grande ouverte avec de nombreuses personnes dans les couloirs sans avoir même eu le temps de dire bonjour, Monsieur Christophe Kieffer m’a agressée et injuriée dans les termes suivants :

“Toi je ne veux pas te parler.”

“Tu n’es qu’une pétasse innommable “

“Une fouteuse de merde”

“Tu n’es rien”

Il a poursuivi par des menaces à mon encontre :

“Tu vas voir, je vais parler de choses que je sais, si tu continues, tu ferais bien de te méfier si tu continues, il y a des choses qui vont sortir.”

Je suis restée très calme, lui ai fait remarquer que son comportement était intolérable et lui ai demandé des excuses. Ce qu’il n’a pas fait.

La réunion s’est poursuivie en ma présence sur des sujets politiques, jusqu’à ce que Jean Rottner la rejoigne vers (17 heure) J’ai alors pris la parole et lui ai expliqué ce qui s’était passé en début de réunion et indiquant que je ne comptais pas en rester là et que je demandais des excuses.

Monsieur Kieffer m’a alors interrompue :

“J’aurais dû commencer par te dire combien je te méprise.”

” Tu ne comprends rien, tu as foutu la merde en te présentant aux législatives, tu as extorqué l’UDI et Richert pour te payer ta campagne.”

J’ai répondu (toujours calmement) que ma campagne avait été payée par mes deniers personnels et que ni l’UDI, ni Philippe Richert ne m’avaient donné un euro. J’ai ajouté que ces propos étaient donc calomnieux.

Après la réunion (18h15), j’ai voulu parler à J. Rottner en privé afin de comprendre quelles suites il comptait donner au comportement inadmissible de Monsieur Christophe Kieffer. Valérie debord est allée chercher le président et est revenue en m’indiquant que Jean souhaitait le voir avant de s’entretenir avec moi.

Hier matin, mardi 13 mars,(10h30) je me suis entretenue avec Jean Rottner qui souhaite “calmer le jeu”. Je lui ai répondu qu’il ne s’agissait pas de calmer le jeu mais de faire en sorte que Monsieur Kieffer non seulement me présente des excuses officielles, mais également ne réitère plus ces comportements, ni envers moi ni envers aucune des élues ou personnel administratif de la Région.

En tant que Président de la Réunion Grand Est, il est de son devoir et de sa responsabilité juridique de protéger élus et personnel administratif contre les agressions et tentatives d’intimidation venant de Monsieur Kieffer. Je lui ai rappelé que les injures sexistes, les menaces et les propos diffamatoires sont réprimés par la loi.

Pour ma part, je compte déposer une main courante rapidement. Monsieur Kieffer a visiblement décidé de me nuire et je dois me protéger de tentatives d’agressions futures, verbales ou autres.

En parallèle, j’ai demandé par écrit à Jean Rottner de prendre les mesures nécessaires, en conformité avec la loi et en accord les valeurs républicaines et humanistes que nous partageons.

J’ajoute que le fait que Monsieur Kieffer se sente libre d’agir de la sorte, notamment en sa présence et celles d’autres élus, notamment des Vice-Président de la Région, révèle à quel point son autorité et celle de l’institution ne sont plus respectées.

Je remercie les élues présentes lors de cet événement douloureux qui m’ont témoigné leur soutien et leur empathie, en toute solidarité et humanité. Cela m’a fait beaucoup de bien.

En tant qu’élues, nous avons une responsabilité : celle de ne pas nous laisser faire. Quand on est la victime de tels comportements, aussi violents, il est parfois plus simple de les ignorer. Mais ce faisant, nous tolérons l’intolérable. Les initiatives récentes de femmes sur les réseaux sociaux doivent nous inspirer pour agir là où nous sommes victimes au quotidien. L’impunité est un poison qui nous tue lentement et atteint notre dignité car rien ne justifie rien un tel comportement.

Il est grand temps d’en finir avec les comportements sexistes et la violence psychologique au sein de notre institution.

Je vous invite à me contacter pour échanger à ce sujet.

Vanessa Wagner

Conseillère Régionale Grand Est ”

On attend naturellement la nouvelle réaction de Valérie Debord, d’Elsa Schalck et de Lilla Merabet … Solidaires de Kieffer ou solidaires de Wagner ?

Réforme Territoriale : “Ne faites pas semblant de refaire l’Alsace !”

HEB’DI : Stéphane vous vous avez fondé « Touche Pas à l’Alsace ». En 2014, vous étiez lanceur d’alerte sur les menaces pesant sur l’Alsace. Vous étiez présent dans la foule anonyme lors du dernier rendez-vous de l’Initiative Culturelle Alsacienne. Pourquoi pas sur la tribune ?

Stéphane Bourhis : Pour ma présence à la tribune, je vous laisse poser la question aux organisateurs. Sans doute était-elle réservée aux grands élus ! Mais entre nous, je préfère être dans la foule, avec le « peuple » alsacien, celui qui n’existe pas.

Vous évoquez ma position de 2014, encore visible sur Alsace 20, elle est hélas d’une justesse intemporelle. Nous sommes en avril 2014. J’en appelle à l’union, j’évoque les risques de non alternance.

La première manifestation de juin 2015

Nous (je tiens à ce nous) lançons « Touche Pas à l’Alsace » avec des étudiants et des cadres des LR. Nous organiserons surtout la première manifestation de la Place du Château en Juin 2015. Elle donne la parole à des cadres de différents partis politiques et d’autres sont présents dans la foule. Nous lançons l’alerte. Les premiers coups viennent de cabinets officiels et de ceux qui se voit bien dans ce qui n’est pas encore le Grand-Est. Un tantinet diabolisée, elle lance la vague des manifestations.

Elle incarne ce qu’il faut encore faire aujourd’hui !

Mon regret : le chacun pour soi et la lâcheté de certains. Cela dit, j’ai en tête les visages de ceux qui étaient parmi les 500 à Colmar, à Strasbourg. Sans grade et élus unis…

HEB’DI : Depuis, du temps a passé. Emmanuel Macron a remplacé François Hollande, Jean Rottner a remplacé Philippe Richert et l’Alsace n’est pas de retour. Pourquoi ?

L’Alsacien ne sait pas ce qu’il veut et ce qu’il a, il ne le veut pas

Stéphane Bourhis : J’ai lu dans vos colonnes le mot « Hansimschnockelorisme ». Voilà le mal ! L’Alsacien ne sait pas ce qu’il veut et ce qu’il a, il ne le veut pas. Comment ne pas regretter cette incapacité à parler d’une même voix. Les régionalistes sont accusés de trahison ou d’extrémisme pas les autonomistes et ces derniers ne supportent pas que des partis parisiens puissent abriter dans leur militants d’ardents défenseurs de l’Alsace.

L’autre, c’est sans doute l’égo ! Chacun veut être le nouveau Saint Arbogast ou la nouvelle Sainte Odile qui sauvera l’Alsace. Il faut se dire, comme le fit Maurras à l’échelle de la nation que tout ce qui est alsacien est nôtre. Sans distinction et en poussant dans la même direction.

HEB’DI : Une direction, un cap ! Vous avez signé la pétition « Cap vers l’Alsace ». Quelle est votre position exacte ?

Stéphane Bourhis : A titre personnel, je suis, selon le titre du livre d’Adrien Zeller, pour « Une France forte de ses régions ». Cela veut dire que je suis pour une « Région Alsace » et non pour une « entité » ou, pour les Gaullistes, un « machin » intitulé Alsace avec des sous pouvoirs. J’imagine bien certains technocrates se dire « Donnons aux alsaciens un truc baptisé Alsace, ils seront contents ».

Là est d’ailleurs la faiblesse de l’Alsace. Il n’y a pas plus de « Mouvement Alsacien » comme il existe un mouvement breton ou corse et du côté des partis, il n’y a toujours pas de CDU Alsacienne puisque c’est Paris qui donne les investitures qui compte vraiment.

J’ai signé « Cap vers l’Alsace » au-delà de la démarche mais parce qu’il faut soutenir toutes les avancées. Ici , celles du travail de Brigitte Klinkert et Frédéric Bierry.

Mais attention, je vous dis que je suis pour une région Alsace mais je suis capable de comprendre que cela puisse mettre du temps. Mais souvenons-nous que la Corse est, elle aussi, sortie de Paca.

HEB’DI : L’Alsace n’est pas la Corse…

Stéphane Bourhis : Avec humour, je vous répondrais évidemment que non. Ils ont la mer, on a l’amer. Mais de l’amour de l’Alsace peut naître un grand mouvement, à condition aussi de ne pas laisser les conférences, les débats aux élus, aux anciens.

Si l’on ne veut pas qu’il y ait un dernier des Alsaciens comme il y eut un dernier des Mohicans

Le Macronisme, que je ne soutiens pas lorsqu’il cantonne l’Alsace, a soulevé un vrai défi. Pour changer de politique, il faut laisser la place aux générations suivantes. Pour cela, il faut leur laisser la parole, les associer immédiatement.

Si l’on ne veut pas qu’il y ait un dernier des Alsaciens comme il y eut un dernier des Mohicans, encore faut-il faire du combat pour l’Alsace un combat intergénérationnel et mettre en avant les Alsaciens de demain.

Un vrai référendum si la loi ne veut pas de l’Alsace

L’autre erreur serait de faire semblant ou de faire une réforme de la réforme au rabais. Il ne faut pas faire semblant de refaire l’Alsace, il faut bâtir « constructivement » une nouvelle Alsace. Cela passe par l’ouverture à tous et sans doute par un référendum… Un vrai, sans limite ni frein, comme celui de 2013.

Il faut aussi en finir avec l’entre-soi et associer la population au sursaut alsacien ! Sans elle, il ne se passera rien. Les lignes doivent bouger.

 

(Propos recueillis par HEB’DI)