Strasbourg à la dérive : épisode 1 – Le stationnement

En ce doux mois d’avril, intéressons-nous au stationnement et au matraquage des automobilistes !

Sortir les voitures des villes, pourquoi pas ? L’idée est à la mode. Tout comme était à la mode, dans les années 1960, le « tout-voiture » également prôné par les élus strasbourgeois. Le tramway a été supprimé, chaque mètre carré disponible fut transformé en place de stationnement. Une façon de faire partagée par de nombreuses villes en France. La plupart des villes allemandes, autrichiennes ou suisses accueillaient les automobilistes tout en préservant leurs réseaux de tramway et en développant les transports en commun.
Résultat : Strasbourg, Lille, Lyon, Saint-Étienne… ont été obligés de reconstruire le tram à partir des années 1980. Des investissements lourds aux frais des contribuables ! Les élus retiennent rarement les leçons du passé. Strasbourg,  comme d’autres villes de l’Hexagone, a choisi de chasser les voitures de façon aussi brutale que fut chassé le tramway, 50 ans avant.
Quelles seront les conséquences de cet acharnement à long terme ? Les méthodes ne sont-elles pas trop radicales ? Il y a bien la problématique de la pollution, mais la plupart des analystes parlent d’une voiture électrique sur deux dans moins de vingt ans. Sans recul, nous ne savons pas ce que sera la ville dans 20 ou 50 ans. Et le long terme est rarement dans le programme de nos dirigeants…
Pour sortir la voiture de la ville, la méthode actuelle est unique et simple : faire payer l’automobiliste en profitant des nouvelles règlementations en matière de stationnement dans les villes. Ainsi, la ville de Strasbourg s’explique :
La loi a conféré aux villes un pouvoir nouveau en matière de stationnement payant sur voirie : fixation des tarifs, surveillance, contrôle, recouvrement. Strasbourg s’est fixé pour objectif d’optimiser le stationnement afin de favoriser la rotation des véhicules et de permettre ainsi aux automobilistes de trouver une place plus vite et de mettre en place une nouvelle organisation pour améliorer le contrôle et limiter la fraude.
Le paiement du stationnement devient une redevance d’occupation du domaine public et le PV devient un forfait de post-stationnement. Il est maintenu à 17 euros pour les usagers qui paieront dans un délai de trois jours, mais se monte à 35 euros pour ceux qui régleront après ce délai.”
Se garer en ville est désormais un privilège accordé aux plus aisés ! Étonnant, non, pour une municipalité socialiste ? À Strasbourg, on ne se gare plus sans payer mais on peut encore se faire agresser, question de rentabilité  !
La cheville ouvrière de cette chasse à l’auto est l’adjointe au parcmètre Anne-Pernelle Richardot qui semble prendre un malin plaisir à ponctionner les automobilistes. N’oublions pas que pour les élus strasbourgeois, le calcul est on ne peut plus simple : les places de parking de la ville sont majoritairement utilisées par les habitants de communes voisines. Faire payer les voisins n’est pas un gros risque électoral.

La précipitation de cette nouvelle politique de stationnement a déjà produit quelques couacs

Afin d’être efficace, le « ramassage » du pognon a été confié à une société extérieure, Streeteo. Les débuts furent peu glorieux, avec démissions des agents pour cause de trop petits salaires, primes non versées et autre désorganisation.

Mais il faut avouer que les résultats sont là. À 35 euros les trois heures, il y a des places de stationnement disponibles… Ce que nous confirment plusieurs restaurateurs et commerçants spécialisés qui ont perdu une part non négligeable de leur clientèle : « Au prix où sont les places de parking, cela fait cher le plat du jour, et tous nos clients n’ont pas un bus ou une station de tram près de leur bureau, d’ailleurs cela prendrait trop de temps », nous confie l’un d’eux ! Essayez de trimbaler un gigot et un gâteau d’anniversaire dans un tram bondé… À ce rythme, il ne restera à Strasbourg plus de grande enseigne nationale de fringues. Pour les entreprises ayant à faire à Strasbourg-centre, les démarches sont compliquées pour avoir le sésame de stationnement autorisé. Souvent des interventions se font en urgence et, pour les chantiers, difficile de connaître à l’avance les dates d’intervention…

l’horodateur du geek

Madame Richardot a également décidé de changer tous les parcmètres. Maintenant, il faut être un geek pour les utiliser ! Il faut également préciser le numéro d’immatriculation de votre véhicule pour que des engins munis de caméras puissent mieux vous débusquer. Dorénavant, les services de la ville et Streeteo vous fliquent. Ils savent où vous êtes garé et quand ! De plus, de nombreuses personnes, notamment les plus âgées, sont perdues face à ce clavier d’ordinateur.
14 362 places de stationnement seront ainsi gérées. En partant d’une moyenne basse d’un euro de l’heure, 10 heures par jour, la ville récolte plus de 44 millions d’euros par an ! Rappelons que c’est cette même société Streeteo qui est accusée à Paris d’avoir mis en place une entourloupe pour augmenter le nombre de relevés sans que des agents assermentés n’aient besoin de se déplacer !

Des PV même quand vous payez votre stationnement !

Autre couac, la ville et Streeteo proposent de payer la redevance de stationnement par une application Smartphone nommée « Whoosh ! ». De nombreux dysfonctionnements ont été constatés.

Nous avons testé, nous sommes stationnés après avoir rentré le numéro d’immatriculation du véhicule dans l’application. Les agents passant plusieurs fois pas jour au même endroit, nous avons été verbalisés.
En effet, en payant via cette application, si vous inscrivez le numéro d’immatriculation avec des espaces ou des tirets tel qu’il est présenté sur la plaque de votre véhicule, le numéro ne sera pas reconnu. Vous serez verbalisé, parce que tout simplement le système ne gère ni les espaces ni les tirets…
Il a fallu se battre pour obtenir gain de cause !
Alors, autant manifester votre désapprobation en tapant ce que vous voulez comme l’a fait cet autre automobiliste (photo).
Que dirait un tribunal si les justificatifs de paiement existent, mais sans les numéros d’immatriculation imposés ???

Est-ce légal ?

La ville de Strasbourg, par le biais de son client, pourrait dorénavant vous fliquer car en mesure de dire où et combien de temps a été garée votre voiture. Ce genre de collecte de données pourrait avoir des répercussions – disons – commerciales « façon Facebook », ou bien servir à la justice ou encore avoir des conséquences sur votre vie privée… Tout cela est-il bien légal ?

Une dernière idée, comme ça, juste histoire de…

L’équipe municipale strasbourgeoise n’exclut pas de faire payer le stationnement des motos et scooters… Si ce n’est pas pour ramasser plus de pognon et enquiquiner le monde, allez comprendre !

La lente agonie du centre anti-cancer Paul Strauss : Les malades du cancer sacrifiés pour des raisons financières ?

Paul Strauss, journaliste et homme politique français (1852-1942), fut entre autres cofondateur de la « Ligue contre la mortalité infantile », membre libre de l’Académie de médecine et ministre de l’Hygiène, de l’Assistance et de la Prévoyance sociales dans le gouvernement Raymond Poincaré. Son nom a été donné au centre régional de lutte contre le cancer d’Alsace situé à Strasbourg : le fameux Centre Paul-Strauss, une institution dans la région depuis près d’un siècle.
La qualité des soins du centre Strauss est unanimement reconnue. Combien d’Alsaciens ont connu une personne y ayant été hospitalisée, combien de personnes ont loué le dévouement du personnel ? Le centre Strauss est un établissement de santé privé d’intérêt collectif (ESPIC). L’enquête e-Satis 2017 (satisfaction des patients) le place à la première place des établissements de santé de la région Grand Est.

Le bâtiment de la Porte de l’Hôpital à Strasbourg va définitivement fermer ses portes

Depuis de nombreuses années, les instances de santé et le gouvernement cherchaient à rapprocher le centre anti-cancer Paul Strauss et le service d’oncologie des Hôpitaux Universitaire de Strasbourg (HUS) afin d’éviter les doublons et faire des économies.

Le fonctionnement des deux structures est différent : les hôpitaux universitaires de Strasbourg perdent de l’argent, selon un rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) daté de 2014, la structure serait trop endettée, la « capacité d’extinction » de cette dette étant évaluée à presque 12 ans ; les finances de Paul-Strauss sont quasiment à l’équilibre, mais le modèle public sera choisi pour assembler les deux structures en une seule qui sera nommée Institut régional du cancer (IRC). Cette nouvelle structure a l’avantage de permettre une économie d’échelle : un seul bâtiment, une seule administration, une cuisine commune…

À ce sujet, les résultats d’une enquête de satisfaction sur la qualité des repas entre le Centre Paul-Strauss et les HUS sont édifiants. Le plus surprenant reste le nombre de lits qu’aura l’Institut régional du cancer. La logique aurait été d’additionner le nombre de lits du centre Paul Strauss et du service d’oncologie. Chaque structure comporte environ 120 lits pour la chimio, soit 240 lits au total. Eh bien, le nouveau bâtiment à Hautepierre recevra… 144 lits !
Dans quelques mois, à Strasbourg, il y aura près de 120 lits de moins consacrés à la chimio. La plupart des salariés de Strauss seront recasés dans divers services des HUS.

Le Centre anti-cancer Paul Strauss est en soin palliatif, dans l’indifférence générale !

La catastrophe découlerait d’une décision de l’ARS et des différents ministres de la Santé prise sur un dossier présenté par de lointains énarques parisiens. Et Madame Fontanel a fait carrière à l’ARS Alsace à partir de 2009 avant de rejoindre la présidence de la République en tant que Conseillère aux solidarités. C’est enfin l’ARS et le gouvernement qui ont décidé de nommer le Professeur Xavier (et accepté ses prétentions salariales !) pour diriger les derniers jours du centre Strauss.
Études faites à Nice, ancien chef du Pôle Cancérologie au CHU de Besançon, le Professeur Xavier Pivot n’a forcément pas la même vision de l’établissement que celle que peuvent en avoir les familles alsaciennes. Il est là pour une mission bien précise et une fois elle-ci  appliquée, Xavier Pivot continuera sa carrière ailleurs. Le site de l’établissement précise :
Le professeur Xavier Pivot est nommé directeur général du Centre Paul Strauss à compter du 20 novembre 2017, par arrêté de Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé, Madame Agnès Buzyn, pour une durée de cinq ans. À ce titre, il est également nommé administrateur du Groupement de Coopération Sanitaire (GCS) Institut régional du cancer, alliance du Centre Paul-Strauss et des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg.”
Nous avons cherché à la joindre mais son secrétariat nous a indiqué qu’il refusait de répondre à nos questions et qu’un communiqué de presse serait envoyé aux médias prochainement… Le genre de document que nous n’exploitons pas.
Le prédécesseur de Pivot aurait sans doute été contre ce déménagement, raison pour laquelle il aurait « démissionné ». À son arrivée, le nouveau directeur a dû annoncer la couleur, façon cowboy, genre « Salut les ploucs ! La ministre m’a cherché, je vais vous montrer ! ». Un comportement qui n’a pas dû plaire à tout le monde et qui fait que, par vengeance peut-être, certaines personnes auraient fait fuiter la fiche de paye du patron au Canard Enchaîné.

Les investissements

La décision définitive de rapprochement Strauss/HUS a été prise par l’ARS Alsace en 2012 afin de profiter d’une aubaine financière accordée par le gouvernement. Le coût du nouveau bâtiment et de ses installations avoisine les 90 millions d’euros, le terrain appartenant au domaine public. Il sera financé à parts égales par les deux structures, déduction faite du prix du terrain pour les HUS.
Mais… Pour des raisons de dépassement de budget, le nouveau bâtiment est déjà amputé d’un étage et des locaux seront loués aux HUS. Le centre Strauss, de ce fait réduit à un rôle d’argentier, finance sa part par un prêt garanti par l’Eurométropole et la Région. En cas de souci financier, c’est le public qui récupérera le tout. Le centre est propriétaire du bâtiment du centre-ville, mais le terrain appartient à l’Éducation Nationale (bail emphytéotique). Pas facile à vendre, même si de nombreux  promoteurs rôdent déjà dans le secteur !
Il faut rappeler qu’en 2010 un projet de restructuration et de modernisation de centre Paul Strauss était prévu avec un budget de quelques 30 millions d’euros – soit un tiers de la somme dépensée actuellement – où tout était prévu.

Quid des médecins et des patients ?

Dès l’annonce du regroupement avec les HUS, de nombreux médecins de centre Strauss ont préféré rejoindre le groupe Saint-Vincent qui se spécialise de plus en plus dans l’oncologie, comme l’atteste le nouveau service de chirurgie au sein de l’hôpital Sainte-Anne de la Robertsau. D’autres suivront à Hautepierre.
Le patient sera « robotisé », fini les soins à la carte ! Un membre de l’équipe médicale qui souhaite rester anonyme nous explique en exemple :
Au centre Strauss, les doses de chimio sont adaptées à chaque patient, selon sa morphologie et sa maladie. À l’IRC, ce sera une dose commune pour tout le monde, plus facile à traiter et surtout économique. Ce sera sans nul doute la fin d’un modèle où le patient était au centre des préoccupations d’un établissement.”

La pharmacie…

L’actuelle pharmacie du centre Strauss devait disparaître au profit de celle de Hautepierre. Mais les textes n’autorisent pas ce genre de rapprochement car cette situation permet au moins de connaître la consommation de « chimio » de chaque établissement. Il faut savoir que plusieurs services à Hautepierre pratiquent également la chimiothérapie. Si une “fusion” des deux pharmacies devait avoir lieu, il y aurait une belle usine à gaz en perspective…

Des économies sur tout, sauf sur le prix des médicaments imposé par les laboratoires

Les laboratoires pharmaceutiques n’aiment pas que l’on parle des prix et des bénéfices engendrés sur leurs produits. Nous avions à ce titre dénoncé les méthodes des laboratoires Lilly, lors de la course « La Strasbourgeoise » au profit de l’Institut Régional du Cancer (voir https://www.hebdi.com/la-strasbourgeoise-le-scandale/ et https://www.hebdi.com/strasbourgeoise-2017-perte-de-vitesse/).

Il n’est un secret pour personne que les lobbies des laboratoires sont puissants et que les prix des médicaments sont imposés. C’est donc sur les autres services que les hôpitaux publics font des économies : l’accueil, le personnel, le bien-être, les cuisines, etc.

L’ombre du conflit d’intérêts

Les laboratoires pharmaceutiques insistent fortement auprès des responsables du centre – et directement auprès des médecins – pour que soient appliqués leurs “programmes de recherche clinique” : certains patients servent alors de cobayes sur lesquels de nouvelles méthodes ou de nouvelles molécules sont testées. Le centre ainsi que les médecins sont rémunérés pour cela, de la même façon que certains pontes du centre Strauss qui publient régulièrement des études dans de sérieuses revues scientifiques. N’y a-t-il pas là comme l’ombre d’un doute qui planerait sur la probité de l’établissement de santé ?

Tout pour le soin à domicile

La volonté de l’ARS et du gouvernement est de soigner les cancers en hospitalisant au minimum les patients et dispenser un maximum de soins en médecine ambulatoire. La nouvelle donne en matière de cancer va obliger les familles des malades à trouver des solutions alternatives à l’hospitalisation, par des structures de type “senior” ou des aménagements à domicile.
À quelques semaines du déménagement, personne ne sait qui fera quoi dans les nouveaux locaux… Affaire à suivre.

Mercredi : Emmanuel Macron est pour le Grand Est !

Alsace : pas de séparation au sein du Grand Est pour Macron

Voilà d’entrée de jeu ce que nous apprennent les DNA en citant le Chef de l’Etat :

Il est évident que, pour ce qui est de la région Grand Est et du sujet alsacien, ce n’est pas simplement dans ce cadre-là que la question se pose, elle est plus large, plus politique. Qu’il y ait une réflexion pour qu’existe une identité alsacienne qui s’inscrive dans la région Grand Est, oui. Qu’il y ait une séparation au sein de la région Grand Est, non.

On peut tout à fait imaginer que les deux départements concernés fusionnent pour créer un grand département d’Alsace au sein de la région Grand Est, et que ce département, ensuite, puisse passer des conventions pour obtenir au sein de cette région des compétences dont il apparaît à la région et aux départements que ce serait plus pertinent.

C’est ce chemin, me semble-t-il, qu’il faut prendre, et non celui d’une désagrégation régionale qui n’irait pas, à mes yeux, dans la bonne direction.”

Que nos politiques fusionnent déjà les départements, obtiennent des compétences sérieuses, le « temps » utilisé par le Chef de l’Etat laisse à penser que rien ne sera impossible.

A condition que les Alsaciens se manifestent et en parle à leurs élus LREM.

La vice-présidence, ce sera sans Danielle

Les propos de Danielle Dambach dans la presse sont finalement assez révélateurs :

Danielle Dambach, la future maire de Schiltigheim, a rencontré le président de l’Eurométropole Robert Herrmann. Elle lui a fait une annonce surprenante : elle ne demande pas de vice-présidence au sein de la majorité. Et ne convoite donc pas le poste laissé vacant par le maire sortant Jean-Marie Kutner.« Nous ne voulons pas de vice-présidence pour Schiltigheim mais les coudées franches et beaucoup de facilités sur les dossiers », expliquent Danielle Dambach et Patrick Maciejewski.« Il aurait fallu qu’Alain Jund démissionne ou que l’un d’entre nous entre dans la coalition d’Yves Bur ».”

L’élue n’a rien demandé parce que sans doute on ne lui a rien proposé. Sans doute aussi parce qu’elle ne voulait pas faire perdre une Vice-Présidence à son camarade EELV, Alain Jund.

On fait le pari que les élus de sa liste à l’Eurométropole vont vite retrouver leurs partis d’origine. La liste, certes citoyenne, était bien une liste de gauche plurielle composé d’encartés et d’ancien encartés.

Les premières manœuvres seront donc politiciennes.

Ball, encore

Apprenant que des matchs de Hand, Foot et Basket Ball se déroulent ce week-end à Schiltigheim, Jean-Marie Kutner entend dénoncer sur Facebook, la mainmise de son ex-adjoint sur le sport. (Ndlr : on déconne.)

Disparition

« Eric Bellargent a fait une chute mortelle hier matin en changeant une ampoule dans le musée qu’il dirigeait. Il portait le plus petit musée de Mulhouse à bout de bras depuis 2003 » nous apprend L’Alsace.

Un directeur qui change lui-même une ampoule ! Cela se passe en Alsace ! C’est surtout tout l’esprit d’un homme humble qui se battait au quotidien pour « son » musée et son attractivité.

Le destin est parfois cruel.

 

 

Virginie Calmels : Des racines et des ailes pour la droite ?

Parce qu’elle le vaut bien…

Après avoir été directrice financière de l’international et du développement du groupe Canal+, puis directrice financière de Canal+SA, Virginie Calmels est nommée directrice générale adjointe puis co-directrice générale déléguée de la chaîne en 2002. Avant de rejoindre en 2003 le groupe de production télévisuelle Endemol France en tant que directrice générale, elle ne manquera pas de mener deux plans sociaux, au nom de « l’efficacité et la compétitivité de l’entreprise ». Devenue présidente du groupe en 2007, l’entreprise affiche dès 2012 un taux de rentabilité record (le plus élevé des 31 pays que compte le groupe Endemol), un résultat qui la propulse à la tête d’Endemol Monde (sans pour autant lui faire perdre ses fonctions de présidente d’Endemol France).

Cumularde, elle est à la fois administratrice de la société Iliad (Free) depuis 2009, administratrice d’Assystem et censeur de Technicolor depuis 2016, après en avoir été administratrice de 2014 à 2016. Finalement, en janvier 2013, elle annonce sa décision de démissionner de ses fonctions de D.G. d’Endemol Monde et de présidente d’Endemol France pour créer sa propre entreprise, Shower Company.

Logiquement faite Chevalier de l’ordre national du Mérite en 2008, elle est alors l’une des plus jeunes femmes décorées de cette médaille. Elle est également lauréate du Prix de la Femme d’Influence en 2014 (catégorie Politique Espoir), logique là encore.

Au travers de son parcours, c’est un peu l’entreprise et les valeurs qu’elle porte qui sont saluées.

Et que la République aime ça !

Virginie Calmels est actuellement première adjointe au maire de Bordeaux, Alain Juppé, vice-présidente de Bordeaux Métropole et présidente du groupe d’opposition à la région Nouvelle-Aquitaine. Elle est également présidente de l’Établissement public d’aménagement (EPA) Bordeaux-Euratlantique. Elle est première vice-présidente et vice-présidente déléguée des LR (depuis décembre 2017).

Elle est investie par Les Républicains pour les élections législatives de 2017 en Gironde mais a finalement fait savoir qu’elle ne serait pas candidate afin de se consacrer à la mairie de Bordeaux. En décembre 2016, elle créé son mouvement politique, DroiteLib, « un mouvement pro-Fillon et anti-Macron », qu’elle lance officiellement le 25 janvier 2017, en présence de François Fillon et Alain Juppé.

Plus tard, dans le cadre de l’affaire Fillon, elle appelle le candidat LR François Fillon à se retirer au profit d’Alain Juppé, sans toutefois démissionner de la campagne. Elle appelle à une rencontre entre Sarkozy, Juppé et Fillon afin de sortir de la crise, estimant que François Fillon (après le départ de Bruno Le Maire, de l’UDI et des juppéistes) n’est plus en mesure de rassembler son camp. Après le refus par Alain Juppé d’être le plan B et avec le retour de l’UDI dans la campagne, elle demeure finalement aux côtés de François Fillon. Quelques semaines plus tard, elle participera ainsi à un meeting du candidat à Biarritz… Bon, pour le flair, on peut faire mieux !

Coup de théâtre en septembre 2017 : elle annonce finalement son ralliement à Laurent Wauquiez pour l’élection à la présidence du parti et forme avec lui un ticket pour la présidence des LR. Cette décision est une surprise, dans la mesure où elle incarne un courant libéral plus modéré. Elle assume ces différences de sensibilité et se justifie :

« Nous sommes complémentaires (…) Je le rejoins en restant ce que je suis. Je suis juppéiste. Je suis libérale. Et je l’assume. Mon tempérament et mon parcours prouvent que je ne suis pas dénaturable. Nos sensibilités diffèrent mais notre socle économique, régalien et éducatif est semblable. Avec lui, nous allons rassembler autour des axes forts : l’humanité, la liberté et la sécurité. »

Il faut bien se retrouver sur quelque chose…

Après l’élection d’Emmanuel Macron, elle affirmera son positionnement à droite, arguant que, non, ceux qui ont rejoint En marche n’ont pas apporté avec eux des projets de la droite ! Par exemple :

« La hausse de la CSG n’était pas dans le programme d’Alain Juppé. La retraite à 65 ans, la fin des 35 heures, la suppression de l’ISF, la baisse de 100 milliards de la dépense publique et de 40 milliards des charges sociales, les quotas d’immigration, le rétablissement des peines plancher, la hausse des moyens pour l’armée, la police et la justice, etc. Tout cela était dans le programme d’Alain Juppé mais n’est pas dans celui d’Emmanuel Macron. »

Son “programme” à elle (ouh le gros mot !) consiste en la réduction massive des dépenses publiques et du nombre de fonctionnaires en réinstaurant du management dans la fonction publique : « Je fais plus confiance à des millions d’individus libres et responsables qu’à une poignée de dirigeants publics ». Elle s’assume ainsi comme une libérale mais pour qui il faut « combattre les rentes et le capitalisme de connivence tout comme l’évasion fiscale, tant d’actions publiques qui faussent le marché et nuisent à une juste concurrence » et pour qui le rôle de l’État « consiste à faire reculer la place de l’Etat pour qu’il se recentre sur la protection des libertés individuelles, la protection de la propriété, le droit à la sécurité » (in L’Opinion,‎ 22 mai 2017).

Ce qu’elle a à dire ici et maintenant

La n°2 du parti Les Républicains était donc présente jeudi dernier à Strasbourg. Une présence dans l’Eurométropole que l’on qualifiera de “symbolique” (d’abord parce que Madame Calmels n’a pas répondu lorsqu’on lui a demandé les raisons de sa visite) parce que sans doute due à l’attachement naturel de sa famille politique pour l’Union Européenne. Les Républicains est, elle le répète, un parti pro-européen. A un détail près, c’est qu’il ne partage pas l’idéal macronien d’une Europe fédérale mais celui d’un « pouvoir européen régalien ». C’est d’ailleurs bien dans ce sens que Virginie Calmels propose un « Buy European Act » qui réserverait certaines commandes publiques à des entreprises européennes, sur le modèle du « Buy American Act » aux Etats-Unis.

Elle évoque aussi des listes républicaines strasbourgeoises très dynamiques et parle d’un mouvement local intéressant qui expliquerait sa présence dans la capitale alsacienne. Elle est d’ailleurs entourée de jeunes LR alsaciens.

La majeure partie de l’entretien est l’occasion pour Virginie Calmels d’expliquer les différences qui l’opposent à Emmanuel Macron, elle qui avait été invitée à rejoindre les listes d’LREM au moment des élections présidentielles :

Elle se justifie aussi d’avoir rejoint Wauquiez… Elle s’est toujours elle-même considérée comme un pur produit de la méritocratie mais, comme “elle ne savait pas quoi faire” elle a suivi une école de commerce, ce qui explique son appétence pour les questions économiques et son idéologie libérale. Tout cela l’avait naturellement conduit à rejoindre Juppé. Mais par désir d’unification, Virginie Calmels a rejoint Laurent Wauquiez au moment de sa nomination. Elle se défend d’avoir « trahi son clan» comme certains l’ont affirmé. Selon elle, sa famille politique doit rester unie tout en prenant en compte des différentes sensibilités qui la composent.

Un véritable challenge qui, s’il réussit, pourrait donner un coup de fouet voire des ailes à une droite à la recherche d’elle-même.

 

Vendredi, la phase Thatcher

Sermon à la fac

Ce lundi 9 avril, les étudiants de l’université de Strasbourg ont eu l’agréable surprise de recevoir dans leurs boîtes mail universitaires un message du directeur de l’université appelant à la cessation du blocus des bâtiments par des étudiants mobilisés contre la réforme de l’université et de Parcours Sup. Dans ce message, M. Deneken (par ailleurs théologien et  prêtre catholique, on ne se lassera jamais de vous le répéter) ne cache aucunement sa sympathie pour la réforme instituée par le gouvernement, ni son mépris pour les étudiants mobilisés « sous prétexte de protestation ».

Quant au principe de neutralité et d’équité, il a dû l’égarer à la dernière messe de Pâques. Car cette liste de diffusion numérique qui peut toucher 50 000 adresses mail d’étudiants, seule la communication institutionnelle y a accès.

Alors autant vous en faire profiter aussi, car plus on est de fous plus on rit ! En voici un des meilleurs passages :

 « Pour la troisième fois en quelques semaines, l’université est victime d’un blocage mis en place par quelques dizaines d’étudiants. À l’heure où je vous écris, le Patio et le Nouveau Patio sont rendus inaccessibles sous prétexte de protestation, entre autres, contre la loi « Orientation et Réussite des Étudiants? Sur le fond, il faut rappeler que cette loi n’amènera pas de sélection dans les licences générales, mais une priorisation des candidatures en fonction de la réussite des étudiants. Tous les bacheliers continueront de pouvoir accéder à l’enseignement supérieur, et nous avons augmenté nos capacités d’accueil en ce sens. »

 “[…] Pas de sélection mais une priorisation des candidatures en fonction de la réussite des étudiants”.

Dans l’administration universitaire aussi, on a des experts en paraphrase et autre pirouette langagière.

La messe est dite

Et pendant ce temps-là, notre président de la République a brillé par son discours-brosse-à-reluire prononcé le lundi 9 avril au Collège des Bernardins. Il a entre autre affirmé la nécessité de réparer « le lien entre Eglise et Etat » qui aurait été abîmé.

Heureusement pour nous, à Strasbourg, nous avons un prêtre à la tête de l’université qui n’hésite pas à faire appel aux services de répression de l’Etat contre ses propres étudiants.

Dieu soit loué.

 

La pelle, le seau et le rateau

Alors que le site de Notre-Dames-des-Landes a été évacué en début de semaine, l’heure est à la défense intellectuelle des Zones A Défendre, ces laboratoires de notre monde moderne où germent des idées vertes, des alternatives politiques et philosophiques à la culture dominante.

Ainsi lit-on sur Libé les jolis mots du sociologue Marc Hatzfeld :

« Merci aux zadistes de Notre-Dame-des-Landes et d’ailleurs pour la leçon infligée avec clarté mais sans haine aux blancs-becs qui nous gouvernent armés de certitudes si naïves dans les vertus de la concurrence et de croyances si sommaires dans les miracles de technologies à venir.

Merci aux zadistes d’avoir gagné pour nous, et toujours en riant, une bataille contre l’exiguïté politique des pète-sec de sous-préfecture comme des chevaliers aux tristes figures de la raison d’Etat. Merci pour les oiseaux qui sont nos proches cousins et pour les bosquets de frênes qui sont nos vigiles. Merci pour les abeilles, pour la ferme des Cent noms, pour l’auberge du Liminbout. Merci d’avoir tracé pour nous une histoire des batailles paysannes contre la maladroite cupidité des gens des villes. Merci de nous avoir rendu vive et tentante une idée des communs qui invite la joie dans la politique. »

Visibilité réduite

Depuis le début de l’intervention des forces policières à Notre-Dame-des-Landes, plusieurs journalistes soulignent le problème de l’accès aux lieux où se déroulent les affrontements. La gendarmerie propose des images « libres de droit » aux rédactions qui le souhaitent.

« En clair, les médias sont interdits de filmer les affrontements, et doivent se contenter des images officielles fournies par les forces de l’ordre. Ils sont également escortés en dehors de la zone où ont lieu les heurts. Le journaliste de France Bleu Antoine Denéchère a indiqué que “la gendarmerie envo[yait] par mail les vidéos et photos de l’opération en cours”. Il sera donc vraisemblablement difficile de se faire une idée pour l’observateur neutre : tandis que le porte-parole du ministère de l’Intérieur a évoqué des “affrontements peu intenses” entre les 2.500 gendarmes mobiles et 30 à 50 zadistes, les occupants de Notre-Dame-des-Landes ont tenu un point presse dans lequel ils déclarent ressentir une “vive émotion après cette opération brutale qui met à mal le dialogue qui commençait avec la préfecture. »

Alors sur la twittosphère, on rit jaune :

Des CM1 sur Mars

Les professeurs des écoles fourmillent encore d’idées, comme le montre le projet pédagogique d’Erwan Vappreau, enseignant en primaire en Ille-et-Vilaine. Biologiste de formation, il a travaillé dans des associations de diffusion de la culture scientifique avant de devenir prof. Cette année, l’idée est aussi ambitieuse que poétique :  construire avec sa classe de CM1-CM2 une station spatiale pour vivre sur Mars ! Travail de recherches, interview d’astronautes, d’ingénieurs et d’astrophysiciens, réalisation de dessins et de plans détaillés, il ne s’agit pas d’une blague, et tout cela demande beaucoup de travail ! Pour réunir les fonds suffisants pour investir dans une imprimante 3D, Erwan Vappreau a lancé un crowdfunding. A découvrir avec des étoiles plein les yeux  par ici.

Cosmiquement vôtre,

Rosalie

CUS Habitat : Les conséquences d’une mauvaise gestion avérée

Lors d’un précédent conseil d’administration du 8 décembre 2016, Marcel Wolff (administrateur) avait dénoncé les orientations budgétaires de CUS Habitat :

  • La politique de hausse des loyers qui s’est traduite par une augmentation de 12%. Le montant total des loyers encaissés est passé de 78 millions à 88 millions. Une dépense annuelle de 500 euros supplémentaires pour chaque locataire…
  • L’augmentation des frais de gestion passés de 6 101 626 euros à 12 545 003 euros entre 2011 et 2016
  • Des cessions d’actif de 42 millions sur la même période afin de rééquilibrer les comptes.

Philippe Bies, le président de CUS Habitat, avait alors ignoré ces avertissements…

L’ANCOLS (Agence Nationale de Contrôle du Logement Social) dans un rapport de 44 pages vient d’analyser la gestion de CUS Habitat qu’elle qualifie à plusieurs reprises « d’atypique ». Des faits déjà dénoncés par Heb’di.

Loyers trop élevés

Dans le cadre d’une politique d’optimisation des ressources, l’office HLM a mis à contribution les locataires avec une revalorisation générale et exceptionnelle des loyers (12%). À plusieurs reprises, les contrôleurs insistent sur cette revalorisation comme moyen principal « d’optimisation des ressources ». Ils précisent quelques lignes plus loin  que « les loyers après réhabilitation sont majoritairement supérieurs à 15% ». Pour conclure, concernant l’augmentation des loyers, il est précisé que « au regard de la bonne situation financière de l’office, elles ne s’imposaient pas dans ces proportions ».

Les contrôleurs enfoncent le clou en affirmant :

En conséquence, cette analyse confirme que la politique d’optimisation des recettes mise en œuvre par CUS Ha- bitat et supportée par les lo- cataires ne s’imposait pas à ce niveau au regard de la très bonne profitabilité de l’exploitation.”

Les ressources financières

À l’inverse, « l’équipe de contrôle estime que l’office a produit peu d’efforts pour ce redressement et ne s’est pas suffisamment interrogé sur ses coûts de gestion et de maintenance ». Plus particulièrement les coûts de maintenance, qui représentent plus du double de la médiane des OPH (Office Public de l’Habitat) de province, demeurent anormalement élevés. Ce constat s’applique également dans une moindre mesure aux coûts de gestion.

L’office a mis en service en 2013 un nouvel atelier pour la régie interne pour un coût de 8,544 millions d’euros, soit près de sept fois le prix de revient initial fixé dans le protocole CGLLS – Caisse de Garantie du Logement Locatif Social – (1,273 million d’euros). De plus, le bâtiment a été financé à hauteur de 1,544 million d’euros sur fonds propres .”

Le conseil d’administration

Il est aussi précisé que « les PV (procès-verbaux) se bornent, la plupart des cas, à indiquer l’objet de la dé- libération et le résultat des votes sans toutefois relater la teneur des débats »…

L’organisation de CUS Habitat

L’office a une organisation atypique reflétant des déséquilibres dans le périmètre d’action de chaque direction et ne favorisant pas la transversalité dans son activité. Les effectifs nombreux mobilisés au sein de la DSD (Direction des Services Décentralisés), la complexité des process et la définition des missions de personnels de proximité concourent à un niveau des coûts de maintenance et de gestion élevés. À titre d’exemple, hors réalisation des travaux, une réclamation technique mobilise à minima cinq agents dédiés au traitement de la réclamation (téléconseiller, analyste, planificateur, opérateur de planification, magasinier). En conséquence, 20% de l’activité de maintenance et d’entretien courant est couverte par des entreprises (par exemple pour les revêtements de sols).

La gestion des ressources humaines

En 2015, les effectifs en équivalent temps plein de l’office présentent un ratio de 23,2‰ logement, ce qui est très supérieur au ratio des effectifs de la branche (19,1‰). Ils représentent 1005 euros par logement (régie incluse) soit un montant nettement supérieur à la médiane des organismes d’HLM de province (760 euros).

Trop d’absentéisme

En effet, en 2015, le nombre de jours moyens d’absence par agent, évalué à partir des données du bilan social de 2015 par l’équipe de contrôle, se situe à environ 34 jours par salarié pour un ratio de branche à 22,9 jours. Plus de 20% de l’absentéisme est dû aux accidents du travail et de trajet. Le nombre de jours moyens d’absence par agent est de 6,97 jours alors que le ratio 2015 de la branche est de 3,4.

La commande publique

Des tableaux de bord non partagés et tenus par le service gestion et coordination administrative et technique de la DSD (Direction des Services Décentralisés) montrent des écarts supérieurs à 1 million d’euros en 2013, à 450 000 euros pour l’année 2014 et supérieurs à 500 000 euros pour l’année 2015 entre les montants engagés et facturés.

La DSD reste une structure complexe, coûteuse et peu lisible.

Les charges locatives

Les charges des logements collectifs sont maîtrisées. En effet, en 2015, hors production d’eau et chauffage, elles se sont élevées mensuelle- ment en moyenne à environ 40 euros le logement et 7 euros annuel le mètre carré de surface habitable. Ce constat de maîtrise des charges est moins vrai pour la très faible proportion du parc que représentent les logements individuels.

La gestion locative

Le 28 mai 2014, le conseil d’administration a installé la CAL (Centre d’Amélioration du Logement) composée exclusivement d’administrateurs. Sa composition ne respecte pas les dispositions de l’article R441-9 II 4 du CCH (Code de la Construction et de l’Habitation). En effet, aucun représentant d’un organisme bénéficiant de l’agrément relatif à l’ingénierie sociale, financière et technique prévue à l’article L365-3 du CCH ayant une voix consultative au sein de la CAL n’a été désigné.

La concertation

La mise en place en janvier 2015 des contrats d’entretien d’appareils individuels de chauffage n’a pas respecté les dispositions de l’article 42 de la loi 86-1290 du 23 décembre 1986 modifié par la loi 2009-323 du 25 mars 2009 relative aux procédures de concertation.

La propreté du parc

Le service rendu aux locataires est inégal au regard de la propreté des espaces communs.

L’équipe de contrôle n’a rencontré aucun agent de proximité lors des trois visites de patrimoine qui ont concerné, sur trois jours complets, au moins une trentaine d’ensembles immobiliers.

Stratégie patrimoniale

CUS Habitat n’a pas de politique patrimoniale réellement stabilisée à ce jour. L’équipe de contrôle a pu identifier, lors des visites de patrimoine, des besoins importants de requalification sur le quartier de l’Elsau, quartier non traité dans le cadre de PNRU (Programme National pour la Rénovation Urbaine).

L’offre nouvelle produite par l’organisme n’est pas très élevée au regard de la taille de son patrimoine compte tenu de son poids sur le territoire de l’Eurométropole de Strasbourg (EMS), propriétaire de 42% du parc social.

Au regard de la place qu’il occupe dans le logement social sur le territoire de l’EMS, on pourrait attendre davantage de constructions de la part de l’office.

Conclusion

Dans ce contexte d’assise financière confortable, l’office ne s’est pas suffisamment questionné sur le coût anormalement élevé de la maintenance et, à un degré moindre, sur le niveau des charges de gestion. Le bilan de la gestion de CUS Habitat par sa collectivité de rattachement l’Eurométropole semble de plus en plus se caractériser par un laxisme dans la gestion de cet OPH et ce sont les locataires qui en sont les premières victimes, comme nous avons déjà eu l’occasion de le démontrer avec les surfacturations de chauffage à Hautepierre.

CUS Habitat est présidé par Philippe Bies, l’exemple même du cumulard politique incapable d’assurer l’ensemble de ses mandats.

 

Marcel Wolff (ancien administrateur de CUS Habitat et ancien conseiller municipal)

avec TH

Le Bastion Social à Strasbourg : Aigre chansonnette

Cela DEVAIT-il arriver ? Quatre étudiants ont été agressés par des membres du Baston social. Les victimes de l’agression, qui s’est déroulée dans la nuit du 28 au 29 mars sur le campus universitaire de Strasbourg, témoignent dans la presse (Libération) et racontent le déroulement de la soirée.

Une alerte est d’abord publiée sur Facebook et signale que des membres du Baston Social sont en opération nocturne d’affichage sur le campus universitaire. Appel à la prudence, donc. Mais cela n’empêche pas la suite de tourner mal… Des étudiants venus arracher les affiches du Bastion Social sont pris à parti par ses membres encore présents sur place :

La vingtaine de jeunes déboule de nulle part et se rue sur eux. Les insultes homophobes, sexistes, racistes, pleuvent. Cinq sont cagoulés, plusieurs ont des «gants coqués», l’un d’eux a une barre en fer. «Ils nous attendaient», dit Pauline, 19 ans. Terrifiés, les étudiants parviennent à fuir. Derrière eux, on crie : «Courez bande de gauchistes sinon on vous bute.» Poursuivis les premiers mètres, ils se perdent de vue et se retrouvent séparés, à se cacher dans les renfoncements du campus.”

Le passage à tabac (dont nous vous épargnons les détails) d’une classe innée rappelle le vrai fond de commerce et les méthodes peu reluisantes de cette faction d’extrême droite (qui n’en est pas à sa première attaque dans la ville de Strasbourg). Le mouvement, qui assure sa promo grâce à un site internet hight-tech avec pactole Instagram, Twitter, YouTube tout compris est en plein essor et commence à essaimer dans de nombreuses villes françaises. Reims, Lille, Chambéry, Annecy, Marseille, toutes ont droit à leur permanence identitaire « made in Bastion Social », qui se targue d’un slogan nauséeux aux couleurs criardes du drapeau français : Autonomie, Identité, Justice Sociale sur fond bleu, blanc, rouge.

L’État, actuellement dirigé par l’ultra-libéral mégalomane Macron, a ouvertement déclaré la guerre à son propre peuple en acceptant l’immigration incontrôlée assurant le grand remplacement de celui-ci et en privilégiant systématiquement et dans tous les domaines – du logement à l’emploi en passant par l’éducation – les minorités extra-européennes au détriment de l’intérêt général national et continental.”

C’est ce que l’on peut lire dans leur manifeste. Voilà qui donne le la.

Le mouvement affiche clairement sa volonté de développer son réseau à travers tout le territoire, notamment par le biais de maraudes et de collectes organisées pour les sans-abris (soigneusement sélectionnés en fonction de leurs origines, est-il besoin de préciser ?).

Oui mais, voilà, même une communication extrêmement bien pensée ne peut camoufler la violence et la brutalité des exactions commises cette semaine. Inutile de gratter bien loin dans la couche de vernis pour voir le naturel chassé revenir au galop. Bref, voilà une bonne brochette de fascistes maquillés comme des voitures volées, qui ne dupent pas grand monde (du moins on l’espère, s’il est permis de garder foi en l’humanité) :

L’adjoint au maire Eric Schultz, qui avait déjà publié une tribune en janvier demandant la fermeture du bar l’Arcadia a rappelé combien la ville et l’Etat devaient prendre au sérieux le dossier. Une motion de censure avait déjà été adoptée en janvier par le conseil municipal de Strasbourg pour fermer le local, mais cette dernière est tout bonnement rendue impossible, le local étant loué dans les règles à un bailleur privé.”

« Il faudrait un trouble manifeste à l’ordre public pour qu’on ordonne la fermeture », remarque la correspondante de Libération. Reste à savoir quel degré doit être atteint sur l’échelle de la violence pour que des mesures judiciaires soient enfin prises.

Parce que quand même, tout cela nous rappelle des souvenirs obscurs qui ne devraient pas resurgir en 2018.

Rosalie.

 

 

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Vendredi, de rêves et d’espoir

Printemps social

Plus d’une centaine d’étudiants ont brièvement occupé le palais universitaire de Strasbourg, ce jeudi 22 mars à la suite de la manifestation dans le centre-ville. Ils ont été évacués par les forces de l’ordre vers 20h15.

On écrit depuis l’endroit d’où l’on vient. Voie de conséquence,  vous vous en doutez, ce n’est pas dans cette chronique que l’étudiante en sciences humaines que je suis viendra grincer des dents contre la mobilisation sociale d’hier en Alsace.

Et avant que les DNA ne vous parlent d’occupation illégale d’établissement scolaire, de débordements et de manifestants violents, je vous raconte l’histoire d’un palais universitaire occupé pour l’espace de quelques heures par une centaine de personnes. Qui ont des idées à revendre, des espoirs dans le baluchon et mai 68 en tête.

Mais aussi des revendications claires et pragmatiques : retrait des réformes étudiantes de Parcours Sup et de l’université, et soutien affiché pour la lutte des cheminots, des fonctionnaires et des retraités. Bref, des militants portant haut et fort le désir de se rassembler quand on s’acharne là-haut à diviser.

“On fait face à une série de mesures extrêmement graves sur le statut des étudiants, l’accès à l’université et l’ensemble du système qui va avec, témoigne un militant de Solidaires étudiants, qui n’a pas souhaité donner son nom, quelques minutes avant l’évacuation par la police, aujourd’hui, on pense qu’un tel blocage est une manière de peser dans le rapport de force pour faire valoir nos revendications face à un gouvernement qui de toute façon n’est prêt à rien entendre […] Le palais universitaire, c’est symbolique, c’est un endroit qui en Mai 68 a été fondateur et on espère que le mouvement étudiant de Strasbourg pourra faire revivre une tradition de lutte autour de ce lieu”.

Cela n’a pas fait long feu, puisque les CRS sont arrivés avec la grâce et la délicatesse qui leur sied :

Mais l’affaire reste à suivre, avec la vague printanière qui arrive !

Pour des jours moins sanglants

Ils font la une du Times : les figures de proue du mouvement anti-armes, rescapés de la fusillade de Parkland le 14 mars dernier posent pour le prochain numéro d’avril. Ils s’appellent David Hogg, Alex Wind, Cameron Kasky, Jaclyn Corin et Emma González, et ont initié une mobilisation historique pour une meilleure régulation du marché des armes aux Etats-Unis.

Du haut de leur 17, 18 ans, ils tiennent tête aux hommes politiques pro-armes et à la National Rifle Association, ce puissant lobby américain. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne manquent pas d’imagination pour marquer les consciences.

Ainsi, 7 000 paires de chaussures avaient été alignées le 14 mars sur la pelouse du siège du Congrès. Elles symbolisaient chaque enfant tué dans une fusillade au sein d’un établissement scolaire, depuis la tuerie de Sandy Hook, en 2012.

Le vide pour symboliser l’absence, donc, et l’effet rendu est saisissant. Bref, aux Etats Unis aussi, la jeunesse en a encore dans le bide !

Mort dans l’œuf

Pschiiiit. Il n’aura pas fait long feu le « journal de tous les français ». Deux mois après son lancement, le magazine Ebdo dépose le bilan. Peut-être que l’enquête mal ficelée sur la plainte pour viol contre le ministre Nicolas Hulot lui a mis du plomb dans l’aile ?

En attendant, Heb’di , lui, est toujours dans les kiosques !

Malicieusement vôtre,
Rosalie

Office de tourisme de Strasbourg : voilà les rapports en intégralité !

De mauvais résultats

La Ville et l’Eurométropole ont commandé un audit de l’OT au cabinet Deloitte que nous publions intégralement. Ce qui en ressort est édifiant :

Si les agents assurent et les touristes sont très satisfaits de l’accueil, c’est au niveau de la direction que sa pêche.

L’office de tourisme strasbourgeois est dirigé par un président et un directeur

Le président de l’Office du tourisme n’est autre que Jean-Jacques Gsell, adjoint au maire de Strasbourg, dont la rémunération nette mensuelle de 2800 euros passée à 1400 euros net fin 2017, en plus des rémunérations d’adjoint et autres !

Le directeur, quant à lui, perçoit un salaire de quelques 10 000 euros brut mensuels.

Mais c’est un cabinet extérieur qui a été chargé de faire un rapport sur la situation de la structure… Nous ne connaissons pas (encore) le coût de ce rapport.

En voici l’intégralité :

rapport final

audit – comparatif grandes villes

 

 

 

 

 

 

Vendredi : cru, cuit ou à point ?

Oscar russe

La palme de l’interprétation est décernée  ̶a̶u̶ ̶p̶r̶é̶s̶i̶d̶e̶n̶t̶ à ce bon vieux Vladimir qui ne manque décidémment pas de culot. Imaginez, place Nakhimov, port de Sébastopol (Crimée) : la foule est rassemblée ce mercredi 14 mars pour écouter le chef du Kremlin, candidat à sa propre succession. L’attente est longue, mais il arrive, et son discours (qui dure moins de deux minutes) est ainsi résumé par la correspondante de Courrier International :

« Il y a quatre ans, vous avez pris une décision historique », a-t-il lancé en s’appuyant sur le référendum organisé le 16 mars 2014, non reconnu par la communauté internationale, qui a suivi la prise de contrôle du territoire par les forces spéciales russes. « Vous avez montré au monde entier ce qu’est une vraie démocratie et non une démocratie de façade », a poursuivi Vladimir Poutine, avant de lancer, le geste accompagnant la parole : « Je vous serre fort dans mes bras. » Puis il s’en est allé.”

Rideau.

Un peu plus et l’incarnation de « la vraie et seule démocratie » nous aurait sorti du veni, vidi, vici.

Marre et marées

Dans un rapport publié ce vendredi, Amnesty International demande au Nigeria d’ouvrir une enquête sur 89 déversements d’hydrocarbures qui ont lieu dans la région pétrolière du Delta, une des régions les plus polluées du monde. L’ONG affirme qu’il existe de très bonnes raisons de douter de la véracité des arguments avancés par les compagnies pétrolières Shell et ENI. Sapristi, vous le voyez venir, ce petit air de déjà-vu ?

La suite est (savoureusement) noire :

Les deux groupes dénoncent des actes de vandalisme commis par des personnes tiers, entre autre, par les communautés et groupes armés locaux qui « perceraient les oléoducs pour monter des raffineries illégales ».  Amnesty International accuse quant à elle les multinationales de cacher  la vraie cause des marées noires (une mauvaise maintenance des infrastructures et la corrosion des oléoducs),  afin de ne pas payer les dommages et intérêts aux habitants des alentours.

Bah oui hein, on ne change pas une combine qui marche.

(Rire jaune et marre noire).

Faut pas pousser

Au moins 4000 retraités ont battu le pavé des rues strasbourgeoises hier après-midi, pour protester contre l’augmentation de la CSG.  Mais l’irruption de Florian Philippot, ex-numéro 2 du Front National, fondateur du parti d’extrême droite Les Patriotes, qui a tenté de s’y insérer subrepticement, n’est pas passé inaperçue.

Il avait certainement égaré sa carte de syndiqué quelque part, ce brave Florian tout de trench vêtu et protégé par ses gardes du corps.

Adieu Printemps

Vous avez cru que le printemps était en fin là, avec ses jonquilles d’or, ses fleurs de cerisier qui pointent le bout de leur nez délicat, ses parfums doux et ses premiers et timides rayons de soleil ?

Et bien non, Météo France nous prédit une vague de froid, certes moins intense que celle de février dernier mais qui verra quand même les températures chuter entraînant avec elles notre moral. Sachez que ça descendra en dessous de 0°C dans l’Est de la France, avec des épisodes neigeux. Est-ce que ça vaut un article ? Non, mais France Info nous en pond un quand même. Alors ce sera le point météo hebdiesque de ce vendredi 16 mars.

En tout cas, si vous voulez vous réchauffer, achetez plutôt le Heb’di-Mag du mois !

Une amie qui vous veut du bien,

Rosalie.

Mardi : Comprend qui peut !

Le bureau des légendaires

À Strasbourg cette fois, nous apprenons qu’il existe un bureau d’accueil des tournages. Depuis 1997, son rôle « est d’attirer les productions puis de leur fournir un ensemble de ressources, comme des fichiers de décors identifiés, de techniciens et d’hôtels ». C’est un dispositif qui est proposé gratuitement, eh oui, « la ville ne fait pas, contrairement à d’autres collectivités, payer aux productions l’occupation du domaine public ». Et puis surtout parce que ça rapporte !

« il est difficile pour la collectivité de quantifier clairement les répercussions. Seule certitude : les 800 000 € investis permettent au minimum de générer 1,28 million d’euros en retour. (…) la production de Sherlock Holmes 2 (…) aurait, à elle seule, lâché 1,5 million d’euros à Strasbourg en 2011 »

Et c’est du “tout bénèf” puisque même les devantures factices du tournage de ce Sherlock Holmes ont été récupérées pour le « Village 1900 » de Xaronval… De quoi alimenter la légende.

C’est quoi, déjà, un métier ?

Voici une nouvelle des plus positives, comme on aimerait en lire plus souvent :

« Selon une enquête de la CCI d’Alsace réalisée en janvier dernier auprès d’un millier de chefs d’entreprises, 60% d’entre eux se disent satisfaits  (…) il y a eu près de 13.000 créations d’entreprises en Alsace en 2017, soit une hausse de 4,5%, et 8,3% dans le Bas-Rhin (…) De son côté, l’ADIRA (…) a vécu une année record avec un milliard d’euros d’investissement. »

Mais -il y a bien un “mais”- une ombre au tableau persiste dans notre belle entité du grand est de notre beau pays : les travailleurs ne sont pas formés ! Les chiffres parlent d’eux-mêmes : « 88% des entreprises industrielles ont du mal à recruter et 83% dans le tertiaire pour tous types de postes. Les dirigeants ne trouvent pas ce qu’ils recherchent ». La faute au système de formation “à la française” qui fabrique des jeunes non qualifiés notamment pour les métiers techniques et manuels. Sans compter le manque d’engouement de certains demandeurs d’emplois pour les postes en CDI ainsi que la pression frontalière (avec des salaires plus attrayants en Allemagne et en Suisse).

Après, on se demande ce qui freine la croissance…

La 3ème ville d’Alsace se cherche une mairie

Ce sont les DNA qui posent la question : « Schiltigheim sera-t-elle la première ville de France de plus de 10 000 habitants à être dirigée par des militants de la France insoumise ? »

Car, selon les militants eux-mêmes, les Insoumis seraient les seuls à réellement s’opposer à la «politique pour les riches du président Macron ». C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils assurent qu’ils refuseront toute alliance basée sur le principe du « tout-sauf-Kutner » ou même de faire partie d’une liste prête à intégrer la majorité en place à l’Eurométropole…

Sont donc en lice pour les prochaines municipales à Schiltigheim :

Le choix s’annonce délicat tant l’offre est “variée” !

Vendredi : de la mesure en toute chose

Pierre, le loup et Emmanuel

Pierrot Persil a eu la chance d’assister à la représentation d’Emmanuel et le Loup…

L’ambiance était aux tapis feutrés et coin du feu à l’Elysée hier soir, où le conte musical Pierre et le Loup a été joué par l’orchestre de la Garde Républicaine et récité par le chef de l’Etat en personne.

Parce que notre président est aussi le Jupiter du « soft power », et ce n’est pas son équipe qui dira le contraire :

Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, avait expliqué lors d’un point de presse à l’issue du Conseil des ministres ce mercredi qu’en faisant le récitant dans «Pierre et le Loup», Emmanuel Macron prenait  « toute sa part dans la transmission de la culture et du soft power». Car «La transformation du pays ne se résume pas à la réforme structurelle, nécessaire, indispensable d’un grand service public, comme nous sommes en train de le faire pour la SNCF. C’est aussi par ce “soft power” (puissance d’influence par la culture) que se fait la transformation du pays et que se gagnera la bataille culturelle, avait-t-il argumenté. C’est parfaitement sa place. Chacun peut s’en réjouir».

En tout cas si on nous le demande, on l’aurait quand même bien vu dans le rôle du joueur de pipeau !

 Sur les planches

Dans la famille des politiques qui en font un peu trop, on continue avec Marlène Schiappa qui montera sur les planches pour jouer Les monologues du vagin, une pièce écrite par Eve Ensler en 1996. Celle-ci sera jouée lors de deux soirées uniques en mars, dont les bénéfices seront reversés au Collectif féministe contre le viol (CFCV). Notre secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes sera donc visible sur scène le 7 mars, aux côtés de  Roselyne Bachelot et de Myriam El-Khomri.

Non pas que l’idée soit mauvaise, mais on se dit quand même qu’il y a autre chose à faire pendant un mandat ministériel sur l’égalité entre les sexes…

Echarpe et caniveau

Coup de communication un brin gênant : une trentaine d’élu en écharpe tricolore sont venus passer la nuit de mercredi soir dehors dans les rues de Paris et « montrer que la situation » des personnes à la rue n’est « pas normale ». Sur le terrain, cet étalage médiatique fait de nombreux sceptiques : « Ils sont où les ministres, les Macron et les Pécresse ? Ils sont beaux avec leurs écharpes et leurs duvets, mais faut faire bouger les choses ! ». Et entre élus qui se rengorgent et SDF traités comme des bêtes de foire, la démarche a en effet de quoi irriter :

 “Rue Buffon, dans le 5e arrondissement, un SDF est installé sur une grille au sol. Une vingtaine de journalistes s’arrêtent, l’entourent, le filment. « Zouzou » lui donne une gamelle en plastique remplie de soupe et une paire de gants neuve. Les caméras tournent, les corps se rapprochent et l’oppressent, visiblement. Le SDF s’énerve, balance soupe, sel et poivre en direction du petit groupe, avant d’envoyer valser son café chaud dans le caniveau. Il leur dit qu’il n’est pas à vendre.”

En attendant, les élus sont retournés bien au chaud dans leurs appartements parisiens, tandis que les sans-abris, eux, dorment toujours sous les ponts…

Bertrand indigeste

Hasard du calendrier ou ironie grinçante, l’ex-chanteur du groupe Noir Désir, Bertrand Cantat se produira à la Laiterie à Strasbourg le 7 mars, soit la veille de la journée internationale des droits de la femme. Plusieurs associations réunies sous le nom du collectif Acap demandent l’annulation pure et simple du concert.

Cette tournée musicale agace aussi le reste de la France :  le festival des Escales de Saint-Nazaire, chez les copains du Grand-Ouest a ainsi déjà fait le choix d’annuler la venue du chanteur, alors même qu’une importante pétition circule pour supprimer son concert au festival Papillons de Nuit dans la Manche.

Reste qu’à Strasbourg, on y va fort en terme de calendrier. Un beau loupé ? “Le droit le lui permet“, élude Alain Fontanel sur sa page Facebook avant d’expliquer que le même soir, “nous organiserons au même moment, le 7 mars à 20h à l’UGC, une projection débat autour du film Jusqu’à la garde sur la violence conjugale contre les femmes. Nos valeurs et notre engagement nous y obligent.

Schizophrénie quand tu nous tiens !

Le Sud en blanc

De belles images de nos amis du Sud de la France qui ne se laissent pas abattre par la vague de froid sibérienne, c’est poétique et étonnant !

Frileusement vôtre,

Rosalie