Strasbourg : Robert Herrmann s’arrête !

Strasbourg : Robert Herrmann s’arrête !

Conséquence de l’effondrement de la gauche, appel du 18 juin, Robert Herrmann, le président de l’Eurométropole de Strasbourg annonce sur sa page Facebook, son retrait de la vie politique. Un pavé dans la mare des élections municipales à venir.

La position la plus claire et la plus cohérente était de n’être présent sur aucune liste

« En janvier dernier, à l’occasion d’un échange très libre avec des journalistes, j’avais fixé trois éléments qui me paraissait nécessaires pour me présenter aux suffrages des strasbourgeois en mars 2020.
– conduire la liste. 
– Proposer une liste diverse et pas limitée au PS, fondée sur un projet partagé.
– Ne pas dissocier l’exécutif municipal et métropolitain tant les imbrications sont fortes entre les deux entités. 
Sans entrer dans le détail, j’estime aujourd’hui que ces éléments ne sont pas réunis. Ces dernières semaines ont été le fruit d’intenses réflexions personnelles sur la meilleure manière d’aborder cette échéance, dans le contexte politique que nous connaissons »

écrit-il… Avant de rajouter :

« Après 30 ans de vie politique intense, exigeante mais passionnante, j’ai considéré que la position la plus claire et la plus cohérente était de n’être présent sur aucune liste et, la fin du mandat, de me retirer de la vie politique. A 64 ans, j’ai encore la possibilité de mener d’autres projets ».

Un non-appel du 18 juin

Celles et ceux qui comptaient sur lui pour rassembler la gauche et refaire un tour vont faire les gros yeux.

En attendant, l’homme qui a su composer avec une partie de la droite des « maires » entend finaliser ses dossiers :

« Cependant, le mandat ne prend pas fin aujourd’hui. Je veux terminer donc celui-ci dans les meilleures conditions pour nos concitoyens.

Il nous reste notamment à traiter :
– le parc urbain autour de l’A35 réhabilitée est en cours. Des annonces seront faites en juillet.
– la Zone à faible émission et l’interdiction du diesel seront arrêtées en septembre.
– Le plan climat sera définitivement adopté en fin d’année.
– L’ANRU 2 est déjà sur les rails.
– Les chantiers du Stade de la Meinau et de la SIG Arena avancent.
– L’ouverture de l’Unité de Valorisation Energétique (UVE) est en cours ».

Fabienne Fontanel et Alain Keller ?

Celui qui avait inventé un nouveau tandem avec Yves Bur tirera donc sa révérence et ouvre sans doute l’appétit de bien des candidats et candidates.

Fabienne Keller, assurant Alain Fontanel de sa capacité à unir les maires sera-t-elle sur les rangs ?

Rien n’est moins sûr.

L’un ou l’autre maire de droite souhaitant arrondir sa fin de carrière négociera-t-il son ralliement une majorité plurielle pour y arriver ?

C’est possible. A eux de savoir d’abord rassembler dans leurs communes. Les noms de Vincent Debes, Jean-Louis Hoerlé circulent dans les bons étages de la métropole…

Mais pour que cela arrive, encore faut-il que LREM gagne Strasbourg.

Le départ de Robert Herrmann ouvre la voie à un renouvellement de la vie politique strasbourgeoise. Aux Strasbourgeois de trancher…

Barbara DesVilles

Parlement Européen à Strasbourg : Task Force “Strasbourg : The Seat”, l’autre Titanic…

Task Force “Strasbourg : The Seat”, l’autre Titanic…

« La défense du siège du Parlement européen à Strasbourg doit être offensive, car ce mandat est décisif pour l’avenir du statut européen de la ville !Le Conseil Départemental du Bas-Rhin réalise actuellement une étude pour le compte de la Task Force “Strasbourg : The Seat”. Objectif : connaître précisément les attentes des députés, collaborateurs et fonctionnaires européens, pour améliorer les conditions de travail, d’hébergement et de transport ». Ces mots sont ceux de Frédéric Bierry, président du Conseil Départemental du Bas-Rhin.

Les critiques sont claires, pas si sûres !

De qui se moque-t-on ? À ce sujet l’article, publié ce 12 juin, sur Euractiv précise : « Vous avez fait réaliser une étude à propos des critiques des députés et fonctionnaires qui fréquentent Strasbourg, qu’en retirez-vous ?Nous voulions savoir quelles sont les principales critiques des élus, quand ils viennent à Strasbourg pour la session parlementaire : ce qu’ils vivent concrètement.  Nous avons eu 521 réponses détaillées. Les critiques sont claires : elles concernent surtout le prix de l’hôtellerie durant les sessions parlementaires, et le problème d’accessibilité de l’aéroport. Ce ne sont pas des problèmes insurmontables, mais ce sont des sujets qui doivent être traités ». On comprend donc en début d’article que l’enquête a d’abord concerné les anciens élus, anciens collaborateurs qui ne seront plus là. De nombreux pays ont procédé soit à un saut générationnel, soit à un remplacement de leurs élus et équipes.

De facto, Strasbourg a donc une guerre de retard et les premières batailles furent des défaites. Oubliée, l’Agence Européenne du Médicament, par exemple.

Les hôteliers montrés du doigt Dans les faits, la critique des hôteliers est l’arbre qui cache la forêt. Bien sûr, certains abusent et alimentent la demande des AirBnb locaux. Mais tout cela n’est pas une nouveauté non plus. Avant, pendant les semaines de Commissions européennes strasbourgeoises, on ne trouvait plus une chambre d’hôtel d’Obernai à Haguenau. Maintenant, les groupes de visiteurs germanophones squattent Kork, Offenbourg et les députés vont parfois jusqu’à Baden-Baden, ralliant la « capitale » au petit matin.

Il se dit aussi que l’on s’ennuie ferme à Strasbourg. Mais ce n’est pas uniquement de l’offre de spectacle que l’on cause là. voir notre article :  ce qu’il faut faire pour garder les députés européens à Strasbourg Bref, tout n’est pas une question d’hôtels… C’est plutôt une question d’ambiance. Mais « Fredo » est confiant. Il veut que les députés habitent Strasbourg. Voilà qui relancera le marché immobilier et ses prix à la hausse. Sur la Task Force, il enfonce le clou : « Nous allons continuer nos efforts, en interrogeant les nouveaux eurodéputés après les sortants, comme ça nous aurons des éléments précis sur leurs besoins. Il faut qu’on les soigne mieux ». Les députés ne sont pas malades. Ils veulent juste une capitale vraiment capitale et facilitante. Il y a peu de temps, un député anti-Strasbourg laissait fuiter « Pourquoi devrions-nous garder Strasbourg comme capitale, alors que la France a choisi Metz pour tenir les réunions du nouveau territoire ». Hein Fredo, Warum ? Strasbourg coule et les musiciens joueront jusqu’au bout ! Barbara DesVilles

L’EUROMETROPOLE A LA RECHERCHE D’UN BON TUYAU POUR FAIRE PAYER LES HABITANTS

RÉNOVATION DES RÉSEAUX DE CHAUFFAGE STRASBOURGEOIS

L’EUROMÉTROPOLE A LA RECHERCHE D’UN BON TUYAU POUR FAIRE PAYER LES HABITANTS

Les réseaux de chauffage strasbourgeois qui datent des années 60, au mieux, du début des années 70 sont dans état lamentable et donc source considérable de gaspillage énergétique . Cette situation échappe totalement aux élus de la ville et surtout aux écolos bobos qui ont le nez dans leur discours stéréotypé, et refusent de voir là, une des principales sources d’un gaspillage de l’énergie.

En 2015, suite à un contrôle des factures DALKIA à HAUTEPIERRE, il est apparu que le prix de l’eau chaude à CUS HABITAT avait atteint des sommets.  Les autorités eurométropolitaines ont fini par réaliser qu’à Hautepierre le délégataire du service public, DALKIA, bénéficiait d’une rente de situation depuis les origines par le biais de la SERS (Société d’Aménagement et d’Équipement de la région de Strasbourg)  . En catimini, et dans la précipitation, nos édiles ont décidé de recourir à une DSP (Délégation de Service Public) en direct avec un nouveau délégataire l’ÉS (Électricité de Strasbourg) . Du coup, DALKIA a été chassé de l’ensemble des chaufferies de Strasbourg.

Mais voilà, aujourd’hui l’Eurométropole, après s’être rendu-compte que la nouvelle DSP, entrée en vigueur en juin 2016, n’aurait pas fait obligation au nouveau prestataire d’entreprendre les travaux alors que les habitants payent.

D’après les dernières informations, ils envisageraient la création d’une société mixte où la ville de Strasbourg et l’Eurométropole serait actionnaire. Cette société-écran gèrerait l’ensemble des réseaux de chauffage.  Pour mutualiser les coûts, le réseau de l’Elsau, en très mauvais état, rejoindrait celui de l’Esplanade, en meilleur état toujours, selon les  spécialistes eurométropolitains . Je rappelle ici que les services n’avaient pas anticipé les grosses pannes de l’hiver 2017/2018 sur le réseau qui alimente l’Esplanade.

La nouvelle société-écran ainsi créée, serait chargée de remettre à niveau les réseaux primaires et d’inclure dans sa facturation aux usagés le coût de cette remise à niveau des isolations de l’ensemble des circuits de distributions primaires.

Or, aujourd’hui, dans le cadre des abonnements souscris ( sous la ligne comptable R2 qui correspond aux charges fixes d’exploitation (amortissement et renouvellement des équipements, entretient) les habitants payent déjà et depuis longtemps pour la rénovation des réseaux :

Sur leur facture figurent 4 lignes

MAIS OÙ EST PASSÉ L’ARGENT PAYE PAR LES HABITANTS ?

Ce sont les postes R23 et R24 qui nous intéressent particulièrement, car :

  1. il n’y a pas eu « renouvellement des installations» dans le cadre des sommes versées par les habitants sous la ligne comptable R23.
  2. Aujourd’hui, il n’y a plus de charges de financement (R24) le tout étant remboursé depuis belle lurette et aucun nouvel emprunt n’a été réalisé pour des travaux de mise à niveau.

(Dans un excellent article paru dans le Monde du 2 novembre 2017, la CLCV dénonce les dérives et les abus du chauffage urbain, Strasbourg est en phase avec Paris dans ce domaine)

À L’ESPLANADE, LE RÉSEAU DE CHALEUR EST PAYÉ TROIS FOIS PAR LES HABITANTS :

  1. Une première fois lors de l’achat des terrains viabilisés dans les années 60.
  2. Une deuxième fois au travers de leurs charges locatives.
  3. Aujourd’hui, l’Eurométropole s’apprête à faire payer une troisième fois les ésplanadiens avec la création d’une nouvelle structure juridique qui fera table rase du passé et qui viendra nous expliquer qu’il faudra payer pour isoler dans le futur des réseaux primaires qui n’ont pas été entretenus depuis leur origine.

Les ESPLANADIENS PAYENT DÉJÀ :

L’ENTRETIEN DES ESPACES OUVERTS AU PUBLIC

ET LA TAXE D’HABITATION LA PLUS ÉLEVÉE DE STRASBOURG :

Les Esplanadiens payent déjà la taxe d’habitation la plus élevée (+28%) dans l’Eurométropole et la Ville de Strasbourg, ils payent également en charges l’entretien des espaces verts ouverts au public.

En clair, l’Esplanade est un quartier ou les habitants payent docilement toutes les factures que la municipalité leur tend. Réussiront-ils encore une fois à duper les locataires et les propriétaires résidents dans ce quartier avec ce nouveau coup du bonneteau qui consiste à installer une société mixte qui est chargée de nous faire avaler cette couleuvre financière du renouvellement des réseaux de chauffage ?

Marcel WOLFF

ARRRETE ANTI-MENDICITE : Ou comment SYAMAK AGHA BABAEI feint de s’apitoyer sur le sort des démunis…

Arrêté ANTI-MENDICITE : Ou comment SYAMAK AGHA BABAEI feint de s’apitoyer sur le sort des démunis…

La pétition qui a recueilli 124 signatures demande au Maire de Strasbourg de revenir sur sa décision d’interdire la mendicité agressive au centre-ville.

Si la signature de cette pétition par les associations et les militants des droits de l’homme qui soutiennent les sans-abris, les sans domicile fixe ainsi que tous les précaires, est de mon point de vue tout à fait respectable, il n’en est pas de même de la signature d’un certain nombre d’élus figurant parmi les 124 signataires de cette pétition.

Syamak AGHA BABAEI, signataire en tant que membre du bureau de l’Eurométropole était  au courant de cette décision de longue date.

Il a aujourd’hui une position particulièrement ambiguë pour ne pas dire hypocrite en faisant semblant de s’y opposer pour d’obscures raisons politiciennes.

Vice-Président à L’EUROMÉTROPOLE, il est en charge :

Or, dans le texte de cette pétition, on peut lire le constat suivant : « à Strasbourg une personne sur quatre, vit en dessous du seuil de pauvreté »

Dans le cadre de ses multiples responsabilités à l’Eurométropole Syamak AGHA BABAEI a également siégé au conseil d’administration de CUS HABITAT jusqu’en 2015. Durant cette période :

Voilà en six points le triste bilan de celui qui se présente comme le défenseur du quart des Strasbourgeois qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Aujourd’hui, dans la perspective des futures élections municipales il cherche surtout à faire parler de lui, faute d’avoir un bilan qui pourrait parler en sa faveur. Il veut apparaitre comme un homme de gauche à l’écoute des plus miséreux de notre agglomération. Son ambition politique étant de créer un rassemblement de la gauche de la gauche et regrouper sous sa bannière une partie des déçus du PS, le PCF en mal de leadership et des militants du NPA qui lui trouvent un certain charme.

Il leur tient le discours qu’ils veulent entendre, sur la défense du service public. Service public, dont il a une vision très élastique puisqu’il a voulu privatiser des logements HLM dans le cadre de ses fonctions de Vice-Président de l’Eurométropole en charge du logement social .

Sa détermination à défendre le service public est donc sujette à caution, elle se résume uniquement à la défense du service public Hospitalier dont il est salarié avec l’assurance d’ une certaine souplesse dans le cadre du cumul des mandats et des rémunérations.

Quand Syamak AGHA BABAEI se penche sur le sort des plus démunis, on est en droit de s’interroger sur ses motivations, car dans l’exercice de ses responsabilités il n’a pas fait preuve de beaucoup d’empathie envers les locataires HLM qui constituent très largement une partie du quart des habitants de Strasbourg  vivant sous le seuil de pauvreté.

On peut même affirmer qu’il a contribué a les appauvrir en soutenant et en mettant en œuvre une politique de ponctionnement du pouvoir d’achat des locataires HLM avec son complice Phillipe BIES. 

Marcel WOLFF

 

 

Conflit social Citroën Strasbourg : l’extension du domaine de la lutte

Conflit social Citroën Strasbourg : l’extension du domaine de la lutte

La grève entamée par l’équipe commerciale de la succursale Citroën de Strasbourg jeudi matin et pourrait dépasser le cadre limité qu’elle avait jusqu’à vendredi.

A l’origine du mouvement, le mécontentement des vendeurs de voir leur système de rémunération modifié unilatéralement par leur direction nationale qui souhaite conditionner une partie significative de leur salaire à ces paramètres qu’ils ne maitrisent pas.

Appauvrissement sans cause

Par exemple, les primes des vendeurs dépendraient des réponses favorables données par leurs clients à des questions concernant :

Dans le nouveau système de rémunération des vendeurs (le « payplan »), un client qui serait mécontent, ou simplement pas complètement satisfait, des délais de livraison de son véhicule ou de la remise qui lui a été consentie pourrait le mentionner dans le questionnaire de satisfaction qu’on l’encourage à remplir et cela entraînerait automatiquement une réduction du salaire du vendeur, alors que ce dernier n’a aucun moyen d’action sur ces paramètres.

Un système qui peut déraper

Ce sentiment d’injustice est encore accru quand le système part en dérapage non contrôlé. Il est arrivé à plusieurs reprises qu’un client soit sollicité pour donner son avis sur la qualité de la livraison de son véhicule AVANT qu’il en ait pris possession. Comment se déclarer satisfait d’une livraison qui n’a pas encore eu lieu ? C’est bien sûr impossible mais le vendeur sera le seul à en supporter l’inconvénient financier.

Un malaise grandissant

Comme souvent, la rémunération constitue le point de départ d’une contestation sociale, mais aussi un catalyseur qui entraîne l’expression d’autres revendications et d’un malaise au sein de l’entreprise. Citroën Strasbourg ne fait pas exception à la règle et les grévistes pointent l’absence de dialogue social au sein de l’entreprise, les tensions au sein des différents services et les conflits internes que ces tensions créent.

La direction de PSA Retail tardant à prendre position dans ce conflit, il est possible, voire probable, qu’elle doive faire face à son extension, à d’autres service et à d’autres succursales.

Le risque de la tache d’huile

Les autres services de la succursale Citroën de Strasbourg commencent eux aussi à manifester leur mécontentement vis à vis de leur direction. Outre l’absence de dialogue social, les techniciens sont particulièrement remontés par l’absence d’intéressement et le très faible montant de la participation aux bénéfices pour l’exercice 2018.

Alors que leur groupe a retrouvé la santé financière, les salariés de PSA Retail sont scandalisés par la rémunération stratosphérique de leur président, Carlos Tavarès.

En parallèle, des conseillers commerciaux d’autres succursales Citroën dans d’autres régions de France prennent conscience que la nouvelle rémunération imposée par la direction ne devrait pas leur être plus favorable qu’à leurs collègues de Strasbourg. Le début de semaine, et notamment la journée de mardi, devrait être crucial et constituer un pivot dans ce conflit social : si la lutte s’étend, la direction nationale de PSA Retail n’aura pas d’autre choix que de s’intéresser au malaise de ses salariés et, peut-être, de négocier.

« To Be Continued », comme on dit dans les comités stratégiques des multinationales…

 

Plus de 1.000 ans après, un nouveau serment de Strasbourg, pour réincarner le rêve de l’Europe

Plus de 1.000 ans après, un nouveau serment de Strasbourg, pour réincarner le rêve de l’Europe

Par Cyrille Schott, préfet honoraire de région, ancien directeur de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ).
Photos : Denis Merck

Alors que j’avais quitté l’Élysée en octobre 1987, il m’arrivait encore d’adresser des notes à François Mitterrand sur tel ou tel sujet. C’est ce que je fis en avril 1989. Ma note s’intitulait « Strasbourg, capitale européenne »; elle est reproduite en annexe de mon livre « Un Alsacien préfet en Alsace ». J’y proposai au président de la République française de conclure avec celui de la République fédérale d’Allemagne un nouveau « serment de Strasbourg », en 1992, mille cent cinquante ans après celui signé en 842.

En 842, le premier accord bilingue franco-allemand

Faisons un rapide retour historique vers ces temps anciens. Les petits fils de Charlemagne, Lothaire, l’aîné, Louis le Germanique et Charles-le-Chauve se battent entre eux. En février 842, à Strasbourg, Louis et Charles, qui sont demi-frères, font alliance contre Lothaire. Ils prononcent les fameux serments de Strasbourg. Ils le font en langue dite vulgaire.

Louis prononce le sien en langue romane pour être compris des soldats de Charles et celui-ci le récite en tudesque pour être entendu des soldats de Louis. Ces serments constituent, en quelque sorte, le premier accord bilingue franco-allemand, écrit dans des parlers ancêtres e nos langues nationales.

Le partage dont vont émerger, lentement, l’Allemagne et la France

L’année d’après, en août 843, les trois frères signent le Traité de Verdun, qui laisse le titre impérial à Lothaire, mais partage, en fait, l’empire carolingien, l’empire des Francs – dont la France a gardé le nom – en trois entités. La Francie orientale échoit à Louis le Germanique, la Francie occidentale à Charles-le-Chauve, tandis que Lothaire conserve, avec le titre d’empereur, la partie centrale, qui va de la Mer du Nord à Rome. L’Alsace en fait partie. De ce partage vont émerger nos deux pays, l’Allemagne et la France, pas tout de suite, mais au terme d’un long processus, qui se poursuit jusque vers les années 1050. A ceux qui veulent en savoir plus à cet égard, je recommande la lecture du livre de Carlrichard Brühl, « Naissance de deux peuples – Français et Allemands (IXe-XIe siècle) », cet historien allemand ayant appartenu au monde universitaire de nos deux pays.

Retenons de tout ceci : que nos deux pays sont issus d’une construction commune, celle de l’empire carolingien, dont les limites correspondaient approximativement à celles de l’Europe des six, la matrice de l’Union actuelle ; que les serments de Strasbourg sont le fondement d’une première alliance entre nos nations ; qu’ils contiennent les germes de nos langues ; qu’ils sont le premier acte de la division de cet empire. Et tout cela se passa à Strasbourg, quelque part au centre de cette première construction européenne. Alors, je me suis dit : pourquoi pas un nouveau serment de Strasbourg, pour sanctifier l’amitié de nos deux nations, cette fois-ci dans le but non de diviser, mais d’unifier encore plus l’Europe ? Au serment de Strasbourg qui a divisé une Europe en germe succéderait un serment de Strasbourg qui scellerait l’amitié de la France et de l’Allemagne dans un grand et généreux dessein européen.

A Strasbourg vibre l’âme de l’Europe

Le symbole serait puissant. C’est autour de Strasbourg et de l’Alsace que nos nations se sont affrontées, que l’Europe s’est déchirée et c’est là qu’elle s’est retrouvée. C’est Strasbourg, par toute son histoire, y compris la plus douloureuse, qui est la cité où  se rencontrent les génies français et germanique, ainsi que notre si belle cathédrale, mais aussi une église comme Saint Thomas, l’illustrent.

C’est à Strasbourg que s’est réunie et que siège la première assemblée européenne, le Conseil de l’Europe, une assemblée qui veille spécialement au respect de l’Etat de droit. Comme le pape François l’a souligné en novembre 2014, « Le chemin choisi par le Conseil de l’Europe est avant tout celui de la promotion des droits humains, auxquels est lié le développement de la démocratie et de l’État de droit ». La Cour européenne des droits de l’Homme est fille du Conseil de l’Europe. Selon le pape François, toujours lui, « la Cour Européenne des Droits de l’Homme … constitue en quelque sorte la ”conscience” de l’Europe… » Strasbourg est, en Europe et au-delà dans le monde, la ville de ces droits, où ceux-ci sont inscrits au cœur même des institutions qui y siègent, la ville où bat le cœur de la démocratie.

C’est à Strasbourg que se lèvent les voix qui incarnent l’Europe

C’est à Strasbourg que les consciences du Monde, ces hommes ou ces femmes comme Nelson Mandela, Denis Mukwege et Nadia Murad reçoivent, avec le prix Sakharov, le « Nobel de la paix européen », attribué par le Parlement européen pour leur action en faveur des droits humains. Si notre Europe est si attrayante pour ces hommes et ces femmes venues du monde entier, c’est parce qu’il y souffle un vent de liberté et de respect de l’être humain, sur lequel il est veillé spécialement depuis cette ville rhénane qu’est Strasbourg.

C’est à Strasbourg que se lèvent les voix qui incarnent l’Europe. Le président Macron y prononce en avril dernier l’un de ses beaux discours.

Les chefs d’Etat et de gouvernement viennent y présenter leur vision de l’Europe et peuvent s’y faire rappeler, comme récemment le président hongrois, les valeurs qui fondent notre Union. Le pape Jean-Paul II s’y exprime en 1988, puis le pape François, déjà cité. L’hommage à un artisan majeur de l’amitié franco-allemande, de l’unité allemande et de l’Europe, l’hommage à Helmut Kohl y est rendu solennellement. Le discours sur l’état de l’Union y est prononcé par le président de la Commission européenne.

Incarner le rêve de l’Europe, à l’ère des boutiquiers

Bien sûr, le rôle de Strasbourg ne peut se limiter à cela, car c’est dans cette ville que réside le pouvoir législatif de l’Union, que le Parlement vote les textes permettant à l’Europe d’avancer. Il faut que cela continue, que ce rôle législatif soit affirmé et renforcé.

Si Bruxelles devenait seule capitale européenne, la perte serait immense pour l’Europe. Il n’y aurait plus de ville incarnant le rêve d’Europe, il n’y aurait plus qu’une ville de technocrates et de politiciens à la recherche de compromis. Si Bruxelles est la ville des techniciens, certes indispensables, de l’Europe, Strasbourg est la ville où vibre l’âme de l’Europe. Strasbourg est la capitale spirituelle de l’Europe, là où souffle l’esprit. Qui aime l’Europe, aime Strasbourg. Ce sont les « pragmatiques », pour ne pas dire les boutiquiers, qui n’ont qu’une vision technocratique, matérialiste, marchande de l’Europe, qui luttent contre la place de Strasbourg en son cœur vibrant.

Après cette déclaration d’amour, fondée cependant sur des arguments précis, je veux livrer les propositions contenues dans ma note à Mitterrand.

Pour l’amitié entre la France et l’Allemagne, pour l’Europe

Je proposai la signature du nouveau serment de Strasbourg par les Présidents de la République française et de la République fédérale d’Allemagne, les lointains successeurs des petits fils de Charlemagne. Cette signature aurait lieu sur le Rhin, qui autrefois divisa et désormais unit.

Le serment mettrait à la disposition de l’Europe une terre située des deux côtés du Rhin, en France et en Allemagne, qui recevrait un statut à imaginer, celui d’un territoire européen.

Je n’imaginais pas possible un district européen, comparable au district fédéral des Etats-Unis, dans lequel se situe la capitale fédérale, Washington et qui possède un statut le rapprochant d’un Etat fédéré, car alors France et Allemagne eussent dû renoncer à leur souveraineté sur les villes de Strasbourg et Kehl. L’Euro district a depuis été constitué, et c’est une heureuse chose, mais celui- ci n’a rien à voir avec un territoire fédéral, comme celui que je viens d’évoquer.

Dans un second traité, les États européens enregistreraient le don de cette terre et décideraient d’y bâtir un « palais de l’Europe », un véritable palais qui susciterait le rêve des peuples et permettrait au symbole de se déployer. Ce palais comprendrait plusieurs bâtiments, qui seraient érigés des deux côtés du Rhin. Les plus grands artistes du continent, architectes, sculpteurs, peintres, décorateurs, seraient sollicités pour leur construction. Ce palais permettrait l’émergence d’un cérémonial de l’Europe nouvelle. A l’époque, j’envisageais un tel cérémonial pour la prise de fonctions, tous les six mois, du nouveau président de la Communauté ou les présentations de lettres de créance par les chefs de mission diplomatique auprès de la Communauté. Les institutions européennes ont évolué. Un président permanent préside désormais le Conseil européen, qui réunit les chefs d’Etat et de gouvernement. Le président de la Commission est choisi après l’élection du Parlement et tient compte des résultats de celle-ci. Bref, un cérémonial pourrait sans peine être imaginé dans le cadre des institutions actuelles.

Ce palais comprendrait aussi un vaste musée, non seulement de la construction européenne, mais plus généralement de la civilisation de notre continent, reflétant tant son unité que sa diversité. D’autres idées me paraissaient possibles : une université européenne, un théâtre multinational, un opéra…

« Ce projet est un rêve et je le sais. »

Bâtir un tel palais de l’Europe, dont les composantes pourraient être reliées par un pont sur le Rhin, ancrerait des portions de territoires français et germanique dans une même entité, européenne. Elle conduirait à intéresser charnellement l’Allemagne à promouvoir le rôle de Strasbourg comme capitale européenne. Elle renouerait avec la vocation de Strasbourg, dont l’évêché s’étendit pendant de nombreux siècles des deux côtés du Rhin.

Je terminais ma note ainsi :

« Ce projet est un rêve et je le sais. Je suis convaincu de ce que la construction européenne ne peut pas être uniquement une affaire de techniciens, aussi compétents fussent-ils. Il y faut des symboles. Et Strasbourg ne doit pas délaisser  ce champ symbolique, car là réside sa force par rapport à Bruxelles. L’omettre serait s’inscrire dans une logique strictement utilitariste ; et l’Europe et Strasbourg y perdraient ! »

Mitterrand qui fut si européen, lut ma note, mais ne mit pas en œuvre ses suggestions. Peut-être parce que l’action quotidienne de bâtisseur de l’Europe, qu’il était, ne lui permit pas de s’engager dans la voie proposée, qui pouvait paraître hors

des urgences du temps. Car, face à ces urgences, s’engager dans la voie que je proposais était susceptible de prêter à critique. Cela n’a, au demeurant, absolument pas changé.

Avec l’obstination du Dickschadel

Comme je suis un Alsacien obstiné, un Dickschadel, je rédigeai, le 24 mai 2007, une brève note pour le président Sarkozy, pour lui transmettre ma note de 1989. Claude Guéant, mon collègue préfet, alors secrétaire général de l’Élysée, par l’intermédiaire duquel j’avais fait passer mes documents, me fit une réponse courtoise, m’assurant que le chef de l’État l’avait lue avec intérêt… Je n’en restai pas là.

Le 14 novembre 2012, après que les DNA eussent consacré une pleine page au 1.170e anniversaire du « serment de Strasbourg », je saisis directement François Hollande, qui avait appartenu comme moi à la Maison de Mitterrand, par une nouvelle note, à laquelle j’annexai la première. Je l’intitulai « Un nouveau serment de Strasbourg, pour l’Europe », y suggérant de conclure un « serment de Strasbourg » en guise de renouvellement du Traité de l’Élysée, dont le cinquantième anniversaire, le 22 janvier 2013, approchait.

Cette fois-ci, j’eus droit à une réponse chaleureuse du président de la République. Il y rappelait les réalisations concrètes, selon lui, déjà mises en œuvre : le « palais » du parlement européen et, je le cite, le « groupement européen de coopération transfrontalière associant Strasbourg et la ville allemande voisine de Kehl ». Il y soulignait le rôle de Strasbourg :

« (…) la capitale de l’Alsace occupe une place à part dans l’histoire, mais aussi la mémoire collective des deux nations. Longtemps motif de discorde, elle témoigne aujourd’hui de la paix, de la réconciliation et de l’amitié qui règnent sur les rives du Rhin. »

Ma note est reproduite en annexe de mon livre, ainsi que la réponse de François Hollande. Le cinquantième anniversaire du traité de l’Elysée fut célébré, comme tout le monde le sait, sans serment de Strasbourg.

Sanctifier les liens entre la France et l’Allemagne

Errare humanum est, perseverare diabolicum, « faire erreur est humain, persévérer est diabolique ». Sans doute, suis-je diabolique. Le 30 septembre 2017, je rédigeai une note à l’attention du président Macron, intitulée cette-fois-ci : « Un nouveau serment de Strasbourg pour renouveler le traité de l’Elysée ? » J’y joignis, bien sûr, ma proposition de 1989. Son chef de cabinet me fit le 11 octobre une réponse agréable, comportant notamment le passage suivant :

« (…) la France doit être aux avant-postes d’une Europe refondée et réconciliée avec ses citoyens. Dans ce combat pour une Union européenne ambitieuse, Strasbourg occupe une place éminente et constitue un atout indéniable pour notre pays. »

Surtout, le chef de l’Etat, avec qui je pus converser quelques instants lors de la réception du corps préfectoral à l’Élysée, le 4 décembre 2017, me dit : « J’ai une note de vous sur mon bureau… ».

Finalement, la proposition d’un nouveau serment de Strasbourg vint sur la place publique. En février 2018, je présentai à Paris à l’assemblée générale de l’Association française des décorés du mérite allemand (AFDMA) un exposé sur la relation franco-allemande, que je conclus sur cette idée. En mars 2018, la fondation Robert Schumann publia ce texte dans sa lettre, qui a une diffusion  européenne.  Les Dernières nouvelles d’Alsaces’en firent l’écho dans leur page

« Chuchotements » du lundi 12 mars 2018. J’ai eu le bonheur de la présenter le 18 octobre lors d’une conférence à Strasbourg, au FEC, où j’ai passé trois heureuses années dans la proximité de Médard, ce génial Frère qui sut y inspirer, avec la puissance de conviction d’un paysan d’Hipse, d’Hipsheim, un foyer intellectuel tourné vers l’Europe, en digne héritier de l’humanisme rhénan.

Finalement, le traité d’Aix-la-Chapelle signé le 22 janvier 2019 a renouvelé le traité de l’Elysée. Il est vrai que cette ville, qui abrite la sépulture de Charlemagne, possède une forte valeur symbolique européenne. Par ailleurs, il était assez naturel de signer le second traité d’amitié, alors que le premier l’a été dans la capitale française, dans une ville allemande. Il reste que l’idée d’un nouveau serment de Strasbourg garde toute sa valeur.

Comme toutes les idées, elle va avoir sa vie propre. Ce qui compte désormais, c’est qu’elle vienne dans le débat public, qu’elle puisse susciter des adhésions du cœur, avec cette demande très simple : que soit signé un nouveau serment de Strasbourg, pour l’amitié de la France et de l’Allemagne, pour l’unité de l’Europe !

A lire


Chroniques préfectorales, de 1994 à 1998, d’’un préfet Alsacien nommé dans le Haut-Rhin.

Au gré des nominations, un préfet est souvent amené à s’éloigner de sa région natale.
Aussi, quand Cyrille Schott se voit proposer, en 1994, un poste à Colmar, l’Alsacien en lui se réjouit.
L’ancien préfet témoigne de ces quatre années en terre natale. Anecdotes et actualités internationales viennent ponctuer ses chroniques et éclairent les missions de la charge préfectorale.

Un Alsacien, préfet en Alsace, Cyrille SCHOTT
Éditions du Signe • 20 €

AFFAIRE NAOMI : RÉVÉLATIONS SUR LES «FAKE NEWS» CONCERNANT L’INTOXICATION AU PARACÉTAMOL

AFFAIRE NAOMI : RÉVÉLATIONS SUR LES « FAKE NEWS » CONCERNANT L’INTOXICATION AU PARACÉTAMOL

La première affaire Naomi

Une prise en charge calamiteuse ayant précédé le décès.

le 29 décembre. 2017 à 15h30, Naomi MUSENGA, 22 ans, mère d’une petite fille de 18 mois, était admise en coma profond au Nouvel Hôpital Civil (NHC) des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS).

Après plusieurs arrêts cardiaques, son décès était officiellement constaté à 17h30.
Après deux mois d’atermoiement, les parents de Naomi n’avaient toujours pas obtenu d’éclaircissement sur les circonstances de son décès.

En conséquence, début mars 2018, ils ont demandé son dossier médical à la Direction générale des HUS. Dans ce cadre, le 4 avril 2018, le médecin en charge de l’unité fonctionnelle SAMU/ SMUR a adressé à la famille l’enregistrement audio du premier appel de Naomi au SAMU. Cet appel avait eu lieu le 29 décembre 2017 à 11h30, soit quatre heures avant l’admission de Naomi au NHC. Naomi s’exprimait d’une voix faible et suppliante: « Madame, j’ai très mal…Aidez-moi… Je vais mourir ». La standardiste lui répondait d’un ton agacé et ironique.
« Oui, vous allez mourir un jour, certainement, comme tout le monde », puis elle lui conseillait d’appeler SOS Médecin, avant de raccrocher. Le 24 avril 2018, Hebdi mettait l’enregistrement en ligne. Cet appel, vous l’avez forcément entendu : en quelques jours plus d’un million de personnes l’ont écouté.

Début mai 2018, la teneur et la tonalité de l’échange entre Naomi et la standardiste du SAMU avaient provoqué une onde de choc dans l’opinion publique, et avaient été à l’origine d’un scandale médiatique.

 

La deuxième affaire Naomi

Une mise en cause inacceptable de Naomi et de sa famille par un expert des HUS.

Lorsque l’affaire Naomi a été révélée par la presse, le procureur de la République de Strasbourg a donné instruction à la police judiciaire de « mener une enquête préliminaire dans l’affaire Musenga, pour non-assistance à personne en danger ; mise en danger de la vie d’autrui ; et recherche des causes de la mort ».

Le 12 juin 2018, au terme de cette enquête judiciaire préliminaire, le responsable de l’Institut de Médecine légale des HUS, a été chargé d’émettre un Avis médico-légal sur le cas de Naomi. Dans les 6 pages de cet avis, qui a été remis le 21 juin 2018, l’expert dédouanait les HUS de toute responsabilité : Naomi serait décédée d’une intoxication volontaire au paracétamol ayant entraîné une hépatite toxique massive, qui était d’emblée au-delà de toute possibilité thérapeutique.
Parallèlement à l’enquête judiciaire, le Ministère de la Santé a confié une mission d’enquête à l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS). Deux membres de l’IGAS, et un médecin de l’Agence Régionale de Santé (ARS) Grand Est, ont séjourné quatre semaines aux HUS. Au cours de leurs investigations, ils ont auditionné plus de 40 personnes impliquées à des degrés divers dans la prise en charge préhospitalière et hospitalière de Naomi. Par ailleurs, ils ont reconstitué et analysé le dossier médical de Naomi.

Mi-juin 2018, les conclusions de l’IGAS ont fait l’objet de deux rapports comportant 164 pages au total.

Ces deux rapports contiennent un ensemble de documents qui démontrent l’incohérence du diagnostic d’hépatite mortelle par intoxication au paracétamol, et qui mettent en évidence la gravité des erreurs de prise en charge de Naomi par les HUS.
L’avis médico-légal et les rapports de l’IGAS étaient donc en opposition sur de nombreux points. Face à ces opinions contradictoires, la Justice n’a pas pris en compte les 164 pages de rapports rédigés après un mois d’enquête par trois spécialistes indépendants de l’IGAS et de l’ARS, mais s’est fiée uniquement à l’avis de 6 pages, composé en moins de 10 jours, par un médecin salarié des HUS, et ayant travaillé seul. Ainsi, dans un communiqué de presse du 11 juillet 2018, le procureur de la République de Strasbourg a déclaré que la mort de Naomi était : « la conséquence d’une intoxication au paracétamol absorbé par automédication sur plusieurs jours ».

Le procureur a précisé :
« La destruction évolutive des cellules de son foie a emporté une défaillance de l’ensemble de ses organes conduisant rapidement à son décès ».
L’affirmation péremptoire, émise par un expert salarié des HUS, selon laquelle le décès de Naomi aurait été la conséquence d’une intoxication au paracétamol, n’est pas neutre. Cette affirmation « protège » les HUS, mais surtout, elle conduit à imputer le décès de Naomi à des difficultés personnelles et à des relations conflictuelles avec sa famille.
De fait, les conclusions de l’expert salarié des HUS ont été à l’origine d’interprétations malveillantes pour la famille.

Un flot de rumeurs et de calomnies, haineuses et racistes, s’est déversé.

Selon ces ragots, en raison de son intolérance religieuse, et de son nationalisme outrancier, la famille Musenga, protestante et congolaise, n’aurait pas accepté que Naomi ait un enfant hors mariage avec un Togolais de religion catholique. Le harcèlement familial aurait poussé Naomi au désespoir, et sans doute au suicide. En s’attaquant aux HUS, la famille chercherait non seulement à se disculper, mais aussi à percevoir des indemnités !

Les faits incontestables rapportés par l’IGAS éliminent la possibilité d’une intoxication au paracétamol
Pour rétablir la vérité médicale, pour défendre la mémoire de Naomi un an après son décès, et pour rendre justice à la famille Musenga, nous avons revu, avec des avocats et des médecins, l’ensemble des documents fournis par l’IGAS et par la Direction générale des HUS aux proches de Naomi.
Les rapports de l’IGAS apportent une multitude de renseignements sur les dysfonctionnements des HUS. En particulier, l’IGAS s’est inquiété du fait que le cas de Naomi témoignait d’une désorganisation plus quotidienne de l’accueil des urgences aux HUS.

Cette désorganisation était non seulement dangereuse, mais aussi coûteuse.

Nous n’aborderons pas ici l’aspect général des problèmes des HUS pointés par l’IGAS (à lire dans un prochain numéro), mais uniquement les points qui éclairent le cas de Naomi. Ces points sont les suivants :
les points qui éclairent le cas de Naomi.
Les témoignages des proches qui ont entouré Naomi depuis l’après-midi du 24 décembre jusqu’à la soirée du 28 décembre certifient qu’elle allait bien physiquement et moralement, qu’elle n’a jamais signalé de douleur, et que personne ne l’a vu prendre le moindre comprimé.

Les troubles ont sans doute débuté dans la matinée du 29 décembre 2017, vers 09h00, lorsqu’elle n’a pas pu ouvrir la porte au père de sa fille. C’est sans doute à ce moment qu’elle a consommé du paracétamol à visée antalgique.

Naomi a été victime d’un retard important de prise en charge qui a constitué une perte de chance. Bien que la gravité de son état ait été évidente dès le premier appel de 11h22, aucune équipe médicale des HUS n’est intervenue avant 13h58.

Naomi était dans un état médical alarmant lorsque SOS-Médecin est intervenu à son domicile à 13h33. Elle présentait une pathologie digestive aigüe avec des douleurs s’étendant du ventre jusqu’aux jambes ; des diarrhées constituées de sang digéré et de sang frais ; des troubles de la conscience avec un coma débutant, une agitation, une confusion ; un état de choc avec tension artérielle imprenable. L’équipe de SOS Médecin a laissé des consignes écrites au SMUR, et a décrit clairement la gravité des symptômes de Naomi.

L’équipe du SMUR, qui est arrivée à 13h58 a commis une grave erreur d’appréciation du cas de Naomi en sous-estimant la gravité de sa situation médicale.

Du fait de l’absence de perception des risques évolutifs, le SMUR a téléphoné à la régulation du SAMU à 14h28 pour indiquer que Naomi serait adressée par une ambulance non médicalisée au service des urgences de l’hôpital de Hautepierre.

Le SMUR a pratiqué à domicile une injection intraveineuse de Morphine. Ce traitement était contre-indiqué en dehors d’un milieu hospitalier chez une patiente n’ayant jamais pris de morphinique, et qui présentait un syndrome abdominal, un état de choc et des troubles de la conscience.

Comme on pouvait le redouter, l’injection intraveineuse de Morphine a été suivie d’une dégradation clinique majeure avec troubles de la vigilance, ralentissement du rythme cardiaque, difficultés respiratoires et vomissements dans les bronches.

Cette complication a évolué en quelques minutes vers un arrêt cardiaque et respiratoire qui est survenu à 14h51. Même si le coeur a recommencé à battre après 5 à 10 minutes, cet arrêt cardiaque a marqué un tournant évolutif irrécupérable avec une perte définitive de chance de survie.
Une équipe du SAMU arrivée en renfort à 15h05 n’a pas eu d’autre rôle que d’induire une anesthésie générale par Hypnovel et Sufenta, puis de transporter Naomi jusqu’au scanner du NHC, où elle a été victime d’un deuxième arrêt cardiaque.

Le scanner du corps entier réalisé à 16h30 a montré un accident vasculaire étendu lésant les parois de l’intestin sur toute sa longueur. Cet infarctus mésentérique dépassé a conduit à récuser tout traitement lourd.
Le premier et seul bilan biologique réalisé à 17h00 a démontré qu’il n’y avait pas d’hépatite toxique. Les tests hépatiques étaient normaux ou peu perturbés. En particulier, les transaminases qui varient entre 1.000 et 10.000 UI/L dans les hépatites au paracétamol non mortelles ne dépassaient pas 300 UI/L. Le même bilan biologique a montré des stigmates d’hémorragie massive avec effondrement de plus de 50% des globules rouges et de l’hémoglobine. L’hémoglobine était à 4,5 g/dL pour une norme basse à 12 g/dL.

Enfin, le bilan biologique a mis en évidence des signes de septicémie (infection bactérienne généralisée) particulièrement sévère. La procalcitonine qui ne s’élève que dans les infections bactériennes était à 19 micro-g/L, pour une norme inférieure à 0,1 micro-g/L, avec un seuil annonciateur de septicémie à 2 micro-g/L.

L’autopsie réalisée 5 jours après le décès sur un corps en putréfaction ne permettait pas de poser un diagnostic positif de certitude.
Par contre, l’autopsie permettait d’éliminer le diagnostic au paracétamol. Ainsi, le 12 mai 2018, la professeur responsable du Département de Pathologie des HUS a adressé à l’IGAS un « Rapport sur la prise en charge autopsique de Mme NM », dans lequel elle précise, à propos des constatations histologiques : « Au niveau du foie on trouvait des signes de
« souffrance » hépatocytaire, avec quelques petits foyers de nécrose.
Après la mise en évidence de doses supra-thérapeutiques de paracétamol en toxicologie, nous avons réalisé des ré- inclusions du tissu hépatique restant, gardé en réserve, à la recherche de signes plus probants d’hépatite toxi-médicamenteuse. En l’absence de nécroses centrolobulaires en larges foyers, il ne nous a pas semblé légitime d’affirmer qu’il s’agissait d’une hépatite fulminante au paracétamol. » Ces trois phrases signifient que l’examen histologique du foie n’était pas compatible avec une forme mortelle d’hépatite au paracétamol pour deux raisons : (a) les signes de souffrance des cellules hépatiques étaient peu intenses et peu étendus (quelques petits foyers de nécrose), alors que la nécrose est diffuse et étendue en cas d’hépatite mortelle au paracétamol ; (b) il n’existait pas de « nécroses centrolobulaires en larges foyers » alors que l’existence de larges foyers de nécrose situés au centre de tous les lobules hépatiques est la caractéristique histologique d’une hépatite mortelle au paracétamol.
Un patient ne peut pas avoir succombé à une hépatite au paracétamol si l’autopsie ne retrouve pas une nécrose massive du foie avec des nécroses centrolobulaires en larges foyers, de même qu’un patient ne peut avoir succombé à un cancer de la prostate si l’autopsie ne met pas en évidence de cellules prostatiques cancéreuses.

Enfin, il n’y a pas eu d’examen de toxicologie sur des prélèvements sanguins parce que le corps était tellement altéré le jour de l’autopsie qu’aucune trace de sang n’a été retrouvée dans le coeur ou les vaisseaux.
Les seuls examens toxicologiques ont été réalisés du liquide pleural contaminé par les vomissements de liquide gastrique dans les bronches.

TH

Article paru dans le magazine de février 2019

Strasbourg à droite : Vetter, l’autre Jean-Philippe !

Strasbourg à droite

Vetter, l’autre Jean-Philippe !

Dans la famille des candidats à l’investiture LR, Jean-Philippe Vetter est rentré dans l’arène l’autre soir à Strasbourg. Dans la salle Salle Léon XIII du FEC, le néo-candidat s’est lancé dans la bataille de Strasbourg. Face déjà, à Jean-Philippe Maurer.

Présente-t-on Jean-Philippe Vetter ?  On ne sait que retenir ?

D’abord assistant de l’opposition municipal en 2008, il est l’assistant de Fabienne Keller à partir de 2011.

Celui qui cumule Maîtrise de Staps et de Sciences politiques reste pour beaucoup l’assistant de Fabienne Keller.

Comment peut-on tenir autant auprès de Fabienne Keller ?

Et comment peut-on passer aussi sincèrement d’assistant de Fabienne Keller, centriste en chef à assistant de Geoffroy Didier, droite forte, ancienne plume de Brice Hortefeux et proche de Guillaume Peltier, ex-jeune du FN,

À Jean-Philippe Vetter d’expliquer que ce grand écart sportif est autre chose qu’un grand plan marketing. Certains sourires d’autosatisfaction mal cachés l’autre soir au FEC ont pu semer le doute.

Groupies et Kelleriens

Jean-Philippe Vetter devra convaincre. D’abord qu’il est prêt à « quitter la mère ». L’Œdipe en politique impose parfois des sacrifices. Si on ne les fait pas, le doute s’installe.

Doute lorsqu’il continue à siéger avec la « reine maire Keller » au conseil municipal de Strasbourg.

Doute lorsque l’on voit l’ensemble ou presque de la jeune garde de Fabienne Keller le soutenir.

Si le jeune homme a ses fans, il devra montrer que son programme dépasse la « jeunesse » et la « bogossitude ». Lui que 20 Minutes  a mentionné dans un article consacré au Sex-Appeal.

Une belle entrée en matière

Reconnaissons que son entrée en matière a eu le mérite de dépoussiérer le genre, l’autre soir. Si les médias mainstream mentionnent une salle comble, rappelons que la salle contient 145 places lorsqu’elle est remplie de chaises en mode-conférence.

L’objectif est de préparer « l’après-Ries ». Une présentation léchée, un stand-up à l’américaine font effet.

Le jeune homme a bien mixé les shows à la Macron et l’esprit Sarkozy. Côté programme, le candidat va consulter, mais il veut plus d’emplois, renforcer la visibilité de Strasbourg, plus d’accessibilité et rebooster le centre-ville. Bref, notre bien… Des promesses qui ont fait plaisir aux représentants des Vitrines de Strasbourg, venus en masse, mais en curieux.

Dis-moi qui te soutient ?

On suivra donc la campagne des élections municipales ou à droite Jean-Philippe Vetter challenge Jean-Philippe Maurer.

À lui de prouver qu’il s’est émancipé de Fabienne Keller.

À lui aussi de dire aux Strasbourgeois ce qu’il pense de Grand Est. Parmi les likes à sa candidature l’ancien Président de la CUS, Robert Grossmann, le chef de cabinet de Jean Rottner, Thierry Van Ost, lui aussi membre du cabinet Richert puis Rottner et la suppléante du député LREM Bruno Studer, Axelle Benamram.

Encore un peu plus flou tout cela. Et où il y a un flou…

Stanislas Metz

Le dessin de Veesse !

Strasbourg attaquée, l’Alsace en deuil

Strasbourg attaquée,

l’Alsace en deuil

L’attaque terroriste dont est victime Strasbourg impose la solidarité et le respect. Un tel acte rappelle que la France, l’Alsace et leurs villes symboliques sont les cibles potentielles d’un terrorisme fou qui frappe des honnêtes citoyens dans leur quotidien.

Strasbourg menacée

Strasbourg a été souvent ciblée, menacée. Il semble même que plusieurs attentats aient ainsi été évités, notamment il y a 18 ans. Hier, à ce moment de l’enquête, un homme est rentré armé dans l’îlot de Strasbourg.

Ver 19 h 50, dans la rue des Orfèvres, des coups de feu éclatent. La foule panique, crie, des corps sont au sol. Plusieurs personnes sont blessées. D’autres coups de feu claquent non loin de la Place Kléber.

Entré par le pont du Corbeau, il ouvre le feu “en trois points” d’après le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. Un tir en rafale, laissant à pensant à une arme automatique. Il blessera un militaire de l’opération Sentinelle, est blessé lui-même et s’enfuit dans un taxi.

3 morts, 13 blessés dont 8 graves

Radicalisé en prison, fiché S depuis deux ans pour son prosélythisme islamiste, l’auteur est au départ un délinquant de droit commune. L’homme a une 60aine d’antécédents judiciaires en France et en Allemagne.

Mardi matin, les gendarmes perquisitionnent son domicile, dans le cadre d’une autre enquête. Il n’est pas chez lui. Est-ce là le fait déclencheur du passage à l’acte ?

Le bilan à l’heure actuel est de 3 morts, 13 blessés dont 8 graves. L’homme est recherché activement y compris en Allemagne.

Terrorisme pulsionnelle et mémoire terroriste

Le passage à l’acte, à priori seul d’hier soir va rouvrir des débats et problématiques pour la République. Un tiers des récents terroristes islamistes sont nés en France. 450 détenus radicalisés sortiront des prisons dans les mois à venir. Une menace inédite va planer sur le pays…

Quant à l’Alsace, elle aura fourni son lot d’assassins et de terroristes … De Wissembourg à Strasbourg, des rues de Strasbourg à celles de Raqqah…

Pour le moment, l’heure est à a solidarité avec Strasbourg ! Au soutien aux forces anti-terroristes aussi. D’autres questions se poseront rapidement.

Barbara DesVilles

Harcèlement moral au barreau Les avocats de Strasbourg encore condamné !

Harcèlement moral au barreau
Les avocats de Strasbourg encore condamné !

Pour la deuxième fois en un an, l’ordre des avocats de Strasbourg est condamné à payer plusieurs dizaines de milliers d’euros pour  harcèlement moral avec leurs employés

Octobre 2017, la Cour d’appel de Colmar condamne l’ordre à payer plus près de 200 000€  à une ancienne secrétaire générale licenciée sans cause réelle et sérieuse. et victime de harcèlement moral

La même cour d’appel vient de condamner le bâtonnat pour exactement les mêmes raisons, envers une autre employée.

Cette fois-ci, c’est le secrétaire général de l’ordre (avocat auparavant) qui est en cause.
Celui qui a remplacé l’employée harcelée est cette fois le harceleur.
La victime était assistante de direction au barreau depuis plus de 20 ans.

Valérie S. a été embauchée en 1989.  En 2011, à l’arrivée de Christian Sitz, nouveau secrétaire général de l’Ordre, elle est victime de harcèlement moral et de propos insultants et humiliants.
Elle sera en arrêt de juillet 2012 de 2014, pour maladie professionnelle.

Après un seul examen médical le 22 juillet 2014, Valérie S. a été déclarée inapte à tout poste dans l’entreprise.

Elle a été licenciée un mois après pour inaptitude et impossibilité de reclassement.

La maladie professionnelle et l’inaptitude sont dues au harcèlement moral du secrétaire général. Ce que confirme le conseil de prud’hommes le 30 juin 2015. Le licenciement est nul.

L’Ordre des avocats du barreau de Strasbourg interjeté appel de ce jugement.

Le secrétaire général était un adepte de la blague de cul et qu’à certains moments, elles étaient tellement grossières et irrespectueuses qu’elles devenaient gênantes pour ses auditeurs

La cour d’appel confirme les faits « les conditions de travail dans l’entreprise auraient été ‘’saines et correctes’’ jusqu’à l’arrivée en février 2011 d’un nouveau secrétaire général et d’un nouveau bâtonnier et que la situation se serait alors dégradée en raison de ‘’leurs méthodes de management tendancieuses’’ …/…   (Le secrétaire général) était un adepte de la blague de cul et qu’à certains moments, elles étaient tellement grossières et irrespectueuses qu’elles devenaient gênantes pour ses auditeurs »

Sur la base de témoignages de collègues de travail de Valérie S., et d’extrait de son journal intime dans lequel elle a noté les comportements du secrétaire général, la cour confirme la condamnation de l’Ordre des avocats du barreau de Strasbourg. Le barreau doit à Valérie S.,  les sommes de 25 000 € à titre de dommages et intérêts pour harcèlement moral et 50 000 € à titre de dommages et intérêts pour licenciement nul. 5 des sommes revues à la baisse par rapport à la première instance)

Défendu par leur ténor maitre Bernard Alexandre, l’ordre des avocats a été condamné.

Ces deux affaires qui ont couté plusieurs centaines de milliers d’euros aux avocats strasbourgeois
Le secrétaire général condamné a quitté ses fonctions en juin 2018, il a eu droit aux remerciements du bâtonnier, et à un cadeau de départ également payé avec les cotisations de l’ordre… (PV du CO du 12/06/17).

Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés…

Lire l’arrêt de la cour d’appel de Colmar

 

Crédit Mutuel Gutenberg : des actes de cautions sautent pour ‘’raisons familiales’’

Crédit Mutuel Gutenberg : des actes de cautions sautent pour ‘’raisons familiales’’

La décision date du 20 mars 2013, mais peut intéresser bon nombre de clients actuels du Crédit Mutuel Gutenberg à Strasbourg
La Cour de cassation statuait sur un pourvoi du Crédit Mutuel contre l’Arrêt de la Cour d’appel de Colmar du 29 juillet 2011.

En 2003, la banque de Strasbourg consentait un prêt de plus de 4 millions d’euros au profit d’une SCI locale dirigée pas les époux Brun en contrepartie d’une inscription hypothécaire de premier rang et du cautionnement solidaire des époux propriétaires de la SCI.

Le notaire Damien Moessner actait l’opération entre la représentante de la SCI  et le Crédit Mutuel Gutemberg  représenté par Jean Claude Moessner son président.
C’est cet acte qui a été  l’objet du pourvoi et de l’arrêt de la Cour de cassation.

La SCI n’ayant pu honorer les échéances du prêt, le Crédit Mutuel activait logiquement les garanties : saisie-attribution sur les comptes des propriétaires de la SCI et prise d’hypothèque provisoire sur un immeuble leur appartenant

En 2010, les époux B saisissent le tribunal d’instance afin d’obtenir la mainlevée de la saisie-attribution et de l’inscription hypothécaire.
Le motif est surprenant ; l’acte notarié signé en 2003 serait un acte sous seing privé, ce qui en raison de l’article 2 du décret du 26/11/1971, impliquerait de facto la levée de la saisie-attribution et  de l’hypothèque provisoire.

Le notaire et le président du Crédit Mutuel ayant des liens familiaux…

Que nous dit cet article ?

Il interdit aux notaires de recevoir des actes « auxquels leurs parents ou alliés en ligne directe, à tous les degrés, et en ligne collatérale jusqu’au degré d’oncle ou de neveu inclusivement, sont parties ou qui contiennent quelque disposition en leur faveur, ne peut être étendue à des personnes qui ne sont pas visées par le texte que si celles-ci sont intéressées à l’acte instrumenté par le notaire’’
Dans le cas présent, le notaire Damien Moessner est le fils de l’administrateur (Président) du Crédit Mutuel Jean-Claude Moessner.

Évidemment, le Crédit Mutuel n’a pas la même lecture. Ce sera donc aux tribunaux de trancher.

La bataille juridique sera longue et les avocats du Crédit Mutuel ne sont pas infaillibles

Après avoir perdu en première instance, et en appel, c’est la Cour de Cassation qui statuera définitivement.
Le notaire et le président du Crédit Mutuel ayant des liens familiaux, l’acte notarié du 31 octobre 2003 ne pouvait être considéré que comme un acte sous seing privé.
La Cour ordonne la main levée de la saisie-attribution et de l’hypothèque provisoire par la banque au profit des époux Brun
Il est rappelé  « …pour préserver l’impartialité des notaires, l’article 2 du décret 71-941 du 26 novembre 1971 leur interdit de recevoir des actes dans lesquels leurs parents ou alliés… qui contiennent quelque disposition en leur faveur…/…   Monsieur Jean-Claude Moessner. )

Il y à peu, des actes de cautionnements de prêts du Crédit Mutuel Gutenberg à Strasbourg ont été enregistrés par le même notaire, alors que le président était toujours Jean Claude Moessner

La décision de la Cour de Cassation fera évidemment jurisprudence pour tout acte signé dans les mêmes conditions.

Jean Claude Moessner aurait été président de la caisse du Crédit Mutuel jusqu’en 2017, soit plus de vingt ans.

Le nouveau président se nommerait Jean-Marie Steinmetz.

”Aurait’’, car il est très compliqué, dans cette banque mutualiste, de connaitre les noms des présidents… Ils n’apparaissent pas sur le net et même en appelant les caisses directement il est impossible d’avoir l’information.

Pourquoi ?

Nous avons joint le directeur de la caisse Gutenberg qui nous renvoie au siège du Crédit Mutuel au Wacken.

Étonnant, non ? Dans leurs publicités et sur leur site internet, il est pourtant spécifié que «  Nos caisses sont à la fois autonomes et liées entre elles. La conséquence c’est que chaque Caisse locale peut prendre la quasi-totalité des décisions d’octroi de crédit sans avoir besoin de passer par le siège… »
Pouvoir décisionnaire… à voir…, mais la simple divulgation du nom de leur président semble relever du secret d’État.

Publicité mensongère ? Pour le service contentieux, oui, et pour le reste… Combien de clients du Crédit Mutuel ont entendu cette phrase « Nous devons voir avec le siège… »

Cette affaire est liée à une autre affaire et pas des moindres. Puisque les victimes, les époux Brun, ne sont autres que les parents d’Antoine Brun, le fameux promoteur qui travaillait régulièrement avec cette banque et ce notaire.

Pour information, Jean Claude Moessner est membre de la Compagnie des Experts de Justice près la Cour d’appel de Colmar.

TH

À lire, le scandale Brun dans Hebdi N°100

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