Se prendre une veste

C’est sans doute une polémique inutile de plus sur les Trump (qui n’en valent décidemment pas la peine) qui agite la presse américaine depuis hier.

Certes, mais quand on est première potiche de la nation, chaque détail compte. On ne se rend pas à une visite aux sans-papiers à la frontière avec le Mexique vêtue d’une veste brodée « I really don’t care, do u ? » (en français : Je m’en fiche complètement, et vous ?). A moins de vouloir faire jaser…

Le royal époux de Mélanie Trump a, quant à lui, interprété ce geste de façon bien différente : l’occasion de ressortir les gros mots les vieux chevaux de bataille (têtes de turc ?).

« I really don’t care do u » fait référence aux medias, et plus précisément aux Fake news. Mélanie a compris à quel point ils pouvaient être malhonnêtes, et qu’elle se moque vraiment d’eux !”

En attendant, vu le sort réservé aux migrants à la frontière mexicaine, il eut été plus appréciable que les époux Trump en care un peu plus.

Ravaler son caquet

Matteo Salvini, Viktor Orban, et Emmanuel Macron feraient bien de se pencher sur l’étude menée par trois économistes français du centre national de la recherche scientifique (CNRS) au lieu de jouer à la bataille navale avec des bateaux chargés, s’il est utile de le rappeler, d’êtres humains. Ces travaux de recherches ont non seulement abouti à la conclusion que les flux migratoires ne sont pas une charge économique sur une période étudiée de 30 ans (1985-2015) mais qu’ils auraient au contraire un impact positif : « La crise migratoire en cours pourrait être une opportunité économique » pour les pays européens.

Les trois chercheurs estiment qu’il faut réorienter la nature des débats en cours en France et en Union européenne, notamment sur les questions politiques et diplomatiques.

Ça alors, la vieille rengaine du coût de l’immigration, brandie comme un étendard par Mme LePen et sa horde bleue marine serait donc à mettre au placard ? Ainsi déplumée d’un de ses seuls arguments de campagne, on en connait une qui va crier au complot gauchisto-journalo-universitaire…

Lire entre les lignes

Le billet illustré de la Revue Dessinée disponible sur Médiapart revient sur le sort de l’Aquarius et nous révèle toute la logistique déployée pour intercepter les migrants en mer. Il nous donne aussi à entendre d’autres voix italiennes sur le sujet, celles de celles et ceux qui travaillent à redonner un nom et une histoire aux noyés oubliés de la Méditerranée. A lire et à méditer par ici.

Pêcher en eau trouble

Un chercheur néo-zélandais s’est mis en tête de percer le mystère du Loch Ness en utilisant la technique dite de l’ADN environnemental, qui consiste à séquencer un échantillon d’eau pour confirmer ou non la présence de LA bête.

« Je suis sûr que nous trouverons certaines espèces qui n’ont probablement jamais été décrites. Ce seront plus probablement des bactéries », estime-t-il. « Si on découvre autre chose, et je dis bien si, alors on aura une bonne idée de quelle sorte de créature ou animal on a affaire ».

Allez vieux fou, nous allons suivre votre aventure scientifique avec nos yeux d’enfants brillants, même si celle-ci remet sur la table un sujet déjà bien passé la casserole (à savoir un gros bifteck nommé Nessie).

Nous, on ne s’en lasse pas !

Donner le la

En cette journée mondiale du don d’organe, la presse rappelle ce matin la nécessité de parler autour de soi d’un sujet encore trop tabou. Nous sommes tous des donneurs potentiels, mais il faut avant tout le formuler clairement à ses proches :

30% des familles refusent qu’on enlève des organes à leur proche décédé. Et souvent parce qu’ils ne connaissent pas sa volonté.”

Le don d’organe a ceci de beau qu’il permet de donner sens à la mort d’un proche :

Aurélien Louseau, infirmier, feuillette d’un œil ému les lettres de remerciement reçue par l’équipe de la coordination du centre hospitalier de Bayonne. Des patients sauvés grâce à la greffe, mais aussi des lettres de familles de donneurs : « Pour moi c’est une grande joie de savoir que des personnes puissent continuer à vivre, écrit par exemple une femme dont la meilleure amie, décédée brutalement, a donné ses organes. Je les imagine chaque matin continuer à cueillir l’instant et vivre le présent.»”

Il ne vous reste plus qu’à donner le la et à évoquer le sujet en repas de famille, quand la belle-mère commence à gonfler toute la tablée. Cela sauvera des vies (et votre repas).

Bon appétit,

Rosalie.

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Une réaction à "Vendredi : Mots croisés et repêchés dans la presse"

  1. Un utilisateur a commenté:

    […] ruisseau, c’est la faute à Rousseau, et allez donc lire ma revue de presse disponible en ligne ici, bande de joyeux […]