Le Grand Est, un repli sur soi

Au risque de choquer, nous affirmons régulièrement la volonté centralisatrice de l’Etat français. D’une certaine façon, le « nationaliste intégral », c’est Emmanuel Macron : Fusion des régions, centralisation fiscale, renforcement des préfets. Tout concoure à y penser.

Le Grand Est incarne un repli sur soi, n’en déplaise à Anne Pernelle-Richardot. Il incarne une fermeture française, un repli sur soi hexagonal.

D’abord, il oublie les ponts européens mosellans et alsaciens, les volontés d’aller vers des eurorégions aussi.

Ensuite, sémantiquement, il fait du Rhin, vu d’Alsace, la fin d’un monde, l’ultime frontière. Il n’y aurait pas d’Est, encore moins de Grand Est, hors de France.

Pour Paris, le Grand Est s’arrête à Kehl

Mépris pour nos voisins allemands et européens, oubli de nos frères des pays de l’Est. Le Grand Est s’arrête à Kehl… comme le fit en sens inverse le nuage de Tchernobyl.

Arrogance « nationaliste » ou incapacité à ce projet dans une Europe ouverte.

S’il faut fermer les frontières, il faut aussi fermer les « bouches », limiter la parole.

Sur les réseaux circule une lettre assassine contre l’enseignement immersif pratiqué par l’ABCM.

« La lettre menaçante et méprisante que Mme Sophie Béjean, Rectrice immature de l’Académie de Strasbourg, vient d’envoyer à l’école ABCM en dit long sur l’image et la crédibilité de nos élus auprès des institutions parisiennes. Celle qui reçoit chaque année 3 millions d’euros des collectivités alsaciennes pour financer le bilinguisme – qui est déjà payé par nos impôts sur le revenu – se permet de menacer qu’elle coupera les vivres d’ABCM si l’école alsacienne ne met pas fin à l’immersion précoce en alsacien » écrit Thierry Kranzer.

Elle parle d’elle-même, cette lettre :

Une mesure cruelle qui s’ajoute au manque de recrutements de professeurs d’Allemand en Alsace. Symbole ultime d’un mépris de l’ouverture linguistique nécessaire pour « fonder » l’Europe du quotidien mais aussi trouver des emplois stables dans un bassin rhénan fertile économiquement mais également frappé par un vieillissement de la population.

Même si l’immersion était ici dans la langue du voisin, comment ne pas voir cela comme une mesure de plus contre l’Alsace ?

Le référendum faussé de 2013

Les défenseurs, collaborateurs et promoteurs du Grand Est expliquent que les Alsaciens n’avaient qu’à bien voter en 2013…

Parlons-en ! D’abord les Alsaciens ont bien dit oui à 57.65 % … Mais leurs élus avaient accepté des clauses tellement rudes que d’une victoire électorale, Paris fit une défaite institutionnelle.

La faute à Paris, mais pas que. Localement, les élus alsaciens se sont chamaillés. Colmar voulait être le centre d’un nouveau monde jouant sur les peurs et Strasbourg se voyait déjà capitale.

Les egos et les réseaux ont alors joué contre l’Alsace.

Paris profita de cela pour sortir sa réforme territoriale et sa proposition initiée de Grand Est.

Alors, même à l’intérieur de la droite et du centre, on mit alors à prix les têtes des petits qui osaient encore dire « Oui à l’Alsace ».

Paris pouvait alors refusait à l’Alsace ce qu’elle allait accorder aux Corses : une collectivité territoriale unique.

Certains élus alsaciens, cumulant mandats et points retraites, n’en demandaient pas tant pour servir le « roi », prêt à se vendre pour un plat de lentilles, la promesse d’un mandat ou celle des ors de la République.

Les rois passent, les mêmes inspirateurs restent à des postes de cabinet ou d’influenceurs. Savez-vous combien ils gagnent ?

Alors, complot contre l’Alsace ou pas ? On peut y croire mais… N’effaçons pas notre propres fautes.

Le silence des agneaux et élus d’Alsace

D’abord le silence de nos élus ou pire leur complicité. Ensuite notre silence : combien sommes-nous à prendre part à des manifestations « pour l’Alsace » hors du bistrot et de la soirée tartes flambées ?

Enfin, même celui des partis dits régionalistes qui n’en finissent pas de caricaturer la cause, de se refermer sur eux alors que bien des « non-alsacophones » sont prêts à défendre l’Alsace.

Y-a-t-il une rancœur « parisienne » contre l’Alsace ?

Au final, 3 réponses subsistent :

Paris a du mal avec l’Alsace, sa triculture rhénane, européenne,

Les personnalités politiques alsaciennes oublient leur région, une fois franchi le col de Saverne

Les deux cumulées.

Mais une troisième subsiste, l’incapacité des Alsaciens à s’unir et faire front commun. Façon Hans im Schnockeloch !

 

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